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de telle sorte que déjà, dans sa pensée, il fait immédiatement application des leçons qui lui sont données à l'exercice de sa future profession. Mais, si nous nous plaçons au point de vue de jeunes gens qui font leur droit, comme le disait M. le doyen Lyon-Caen, il y a quelques années (1), uniquement parce qu'ils estiment que, dans un pays libre etdémocratique comme le nôtre, la connaissance de nos lois, aussi bien que l'étude des phénomènes économiques et sociaux, sont le complément rationnel d’une haute éducation, nous serons amenés à conclure qu’il ne s’agit en l'espèce que d’un établissement scientifique.

Nous pourrions multiplier presque à l'infini, les

exemples de ce genre; mais les considérations qui

précèdent suffisent pour montrer combien est difficile à établir la ligne de démarcation qui sépare les deux enseignements.

A vrai dire, nous serions presque tentés de considérer qu'il n’y a là que les deux aspects d’un même facteur social. Dans une société bien organisée, il ne saurait y avoir de place pour l’oisif, et l’homme complet doit exercer ou pouvoir exercer une profession quelconque. D’autre part, dans une démocratie, le travailleur, qui est en même temps un citoyen, a besoin, à la fois pour l’accomplissement de ses de-

(1) Allocution prononcée le 7 novembre 1907 à la distribution des prix de la Faculté.

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voirs civiques et pour le meilleur exercice de sa pro-. fession, d’un minimum de culture intellectuelle.

Aussi,danslesétablissementsscientifiques par excellence, c’est-à-dire dans les établissements d’instruction secondaire, fait-on, tous les jours une part plus grande à l’utilité, on varie les programmes d’instruction, de façon à les adapter à la carrière que sont susceptibles de suivre un jour les jeunes élèves ; — et, à l'inverse, même en prenant les écoles qui ont un caractère strictement professionnel, je ne pense pas qu'on puisse trouver un seul programme, qui ne fasse pas une part plus ou moins large à la culture générale. D'où il suit que les deux enseignements ont, sur bien des points, tendance à se confondre.

Les observations, que nous venons de faire à propos de l’enseignement professionnel pris dans un sens large, ne cesseront pas d’être vraies, si nous prenons celte expression dans le sens restreint qui, à la vérité, est le plus usité.

Le plus généralement, en effet, quand on parle d'enseignement professionnel, on entend, suivant la définition donnée par le Conseil d'Etat, et citée par M. Gréard (1) : « l'Enseignement qui a pour objet « la pratique des arts utiles et l'application des con- « naissances scientifiques et artistiques aux diverses

(1) Commission mixte de 1886-87. Rapport du Président au Ministre de l’Instruction publique.

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« branches de l’agriculture, de l’industrie et du com- « merce ».

M. Cohendy, rapporteur de l’avant-projet de loi de 1905 soumis au Conseil Supérieur de l'Enseignement technique, adopte une définition qui ne s’écarte que peu de la première : « L’Enseignement technique «industriel etcommercialaprincipalement pour objet, «sans préjudice d’un complément d'enseignement « général, l'étude théorique et pratique des sciences «et des arts ou métiers en vue de l’industrie ou du « commerce ».

A première vue, il semble qu'il y aitentre ces deux formules, une légère différence. La seconde, en effet, parle d’un complément d'éducation générale et l’on ne retrouve pas ces expressions dans la première.

Mais tout le monde est d’accord pour admettre, ainsi que nous l’avons déjà remarqué plus haut, que tout enseignement professionnel comporte nécessairement une certaine part faite à la culture générale, celle-ci étant, du reste,unanimement considérée comme une condition de productivité.

Ilest bon de remarquer dès maintenant, qu’il fut un temps, où l’enseignement professionnel semblait destiné à une élite ouvrière : « Tel que nous le con- «cevons, écrivait M. R. Leblanc, l’enseignement pro- « fessionnel s'adresse à la masse intelligente et labo- «rieuse des futurs sous-officiers de toutes les profes-

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