RUE PROS
La Société des Nations a tracé à la Commission internationale un vaste programme qui s’accroît d'année en année avec le développement des sciences et du progrès : création du droit de propriété scientifique; extension des lois:et règlements protégeant les œuvres d’art et les artistes sur leurs œuvres; organisation de la bibliographie et de l’information scientifique; extension de l’échange international des publications; adoption de mesures internationales pour faciliter la circulation des livres et imprimés; adoption de mesures internationales propres à favoriser l’activité éditrice et, en particulier, les éditions de caractère scientifique et instructif; adoption par toutes les nations de mesures concordantes concernant l'échange des professeurs et des étudiants, les équivalences de diplômes et de scolarité; développement de l’enseignement des matières internationales; réglementation internationale des fouilles archéologiques et de la protection des monuments historiques; ententes internationales concernant les musées et les expositions d’art; ententes internationales concernant le régime des bibliothèques; préparation d’un régime international concernant le développement et le perfectionnement du cinématographe f.
Cet énorme travail de coordination a été confié, à une organisation de coopération intellectuelle créée par la Société des Nations et qui comprend, d’après une résolution de l’Assemblée du 24 septembre 1931 qui l’a mise sur le même plan que les autres orga-
(1) Julien LucHaiRe : discours d’inauguration de l’Institut. de Coopération Intellectuelle d2 Paris, publié dans les Travaux de l’Institut International de Coopération Intellectuelle, Paris, 1926, page 13. !
nismes techniques de la S. D. N. : économie, finance, transit, hygiène; la Commission internationale, organe consultatif de la S. D. N., à qui est confiée la direction de l’entreprise, qui est une Commission permanente à la disposition du Conseit et de l’Assemblée de la S. D. N. et, par leur intermédiaire, de tous les Gouvernements associés à son œuvre; les nombreux Comités de spécialistes qui relèvent d’elle; l'Institut international de Coopération intellectuelle, organe exécutif de la Commission et dont elle est en vertu des accords approuvés par le Conseil en décembre 1924, le Conseil d'administration; l’Institut international du cinématographe éducatif (supprimé en 1938); les Commissions nationales de coopération intellectuelle enfin.
Tous les rouages d’un organisme technique ont été prévus et organisés, mais la coopération intellectuelle possède des possibilités d'action immenses et variées grâce aux multiples collaborations des forces spirituelles du monde entier. Elle fait appel à tous ceux qui veulent bien apporter leur aide et leur savoir à son œuvre; elle s'adresse aux représentants de la pensée, aux intellectuels, aux écrivains. On connaît le succès des philosophes du xvIrH° qui ont été à l'origine des mouvements révolutionnaires de l’époque; on cite en exemple un Gabriel d’Annunzio qui, par ses écrits patriotiques, a été l’un des pionniers de l’unité italienne; pourquoi d’autres penseurs, d’autres
poètes n’arriveraient-ils pas à faire naître un
internationalisme intelligent, à créer dans un monde nouveau une certaine unité internationale?
La coopération intellectuelle ne se propose jamais
de se substituer aux institutions nationales existantes,
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