II
La collaboration avec la Chine
Sur la demande du Gouvernement chinois, les organisations techniques de la $S, D. N. collaborent à l’œuvre de reconstruction économique et intellectuelle de la Chine depuis 1931; cette collaboration inaugurée par l'Organisation d'Hygiène, s’est conti-
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nuéé par celle de Coopération intellectuelle qui depuis 1931 entretient des relations suivies avec le Gouvernement chinois. Les étapes de cette collaboration ont été),
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d'une mission d’éducateurs européens, de conseillers « chargés d’aider à perfectionner le système d’ensei- «< gnement chinois et à faciliter les échanges entre les « centres intellectuels en Chine et dans les pays étran- « gers », disait le télégramme chinois adressé au Secrétaire général de la S. D. N. Le Conseil ayant accepté, l’Institut de Coopération intellectuelle constitua une mission d’experts ainsi composée :
MM. C. H. BECKER, ancien ministre de l’Instruction publique de Prusse, professeur à l’Université de Berlin;
FaLski, professeur de philologie et chef du département de l’enseignement primaire au Ministère de l’Instruction publique de Pologne;
Paul LANGEVIN, professeur au Collège de France;
R. H. TAwNEY, professeur à la < London school of economies and political sciences » ; et trois professeurs envoyés par la S. D. N. : D' PAREJOs, professeur de géologie à l’Université de Genève; D' Vox Wissman, professeur de géographie à l’Université de Vienne; M. Davy, maître de conférences de littérature anglaise à l’Université de Nottingham.
Cette mission proposa au Gouvernement chinois : d’une part, l’envoi en Europe par le Gouvernement chinois d’une mission restreinte d’administrateurs et d’éducateurs expérimentés; d’autre part, la constitution par l’Institut d’une collection type de manuels, livres et matériel élémentaire d'enseignement qui pourrait être envoyée en Chine. La création d’une Commission nationale chinoise de coopération intellectuelle fut décidée, et c’est là un des aspects de l’œuvre de reconstruction, dont un des côtés délicats est -d’harmoniser l’ancienne culture et la civilisation de la Chine avec celles de l’Occident.
2° En 1932, le Gouvernement chinois envoya une mission d’éducateurs en Europe, guidés par l’Institut, chargée d’étudier lInstruction publique dans les divers pays d'Europe pour se familiariser avec les méthodes occidentales. L'Institut en a établi le programme, d’accord avec les éducateurs chinois, les membres de la mission d’experts éducateurs de la S. D. N. et avec l’aide des Gouvernements, des Ministères de l’Instruction publique, des Administrations intéressées, des Commissions nationalas et des Comités d'accueil dont la formation avait été provoquée dans les pays visités. C'était la première fois que l’Institut tentait une action de ce genre; c'était une des premières mesures pratiques de collaboration de la C. I. C. I. prévue par les experts de la S. D. N., et les expériences acquises au cours de ce voyage d'étude d'environ huit mois ont pleinement justifié les efforts de l'Organisation de Coopération intellectuelle, Les résultats de ces visites effectuées en Pologne, Allemagne, France (1 novembre-5 décembre), Royaume- Uni, Italie, Autriche, U. R. S. S., ont donné l’occasion
aux experts chinois de voir, en un raccourci frappant, le système d'enseignement dans les pays visités 1.
3° La collaboration entre le Gouvernement chinois et l'Organisation de Coopération intellectuelle a subi - une nouvelle impulsion par la démarche que le Ministère de l’Instruction publique de Nankin a faite en 1933 à la S. D. N. lui demandant de déléguer une personnalité compétente en matière d’enseignement, pour étudier la mise en pratique des propositions de la Commission d’experts envoyée en Chine en 1931 par l’Institut et du groupe chinois qui s’est rendu à son tour en Europe en 1932. La C. I C. I. avait désigné pour cette mission le très regretté Fernand Maurette, alors sous-directeur du B. I. T. et délégué de cette organisation auprès de la C. I. C. I. Arrivé à Nankin en mars 1934, il avait pour programme :
1° d’examiner les progrès accomplis dans la réforme de l’enseignement en Chine;
2° de présenter des suggestions pratiques sur la suite à donner à cette réforme.
Après un échange de vues entre M. Maurette et le Gouvernement chinois, il a été créé un « office national de placement intellectuel et technique » en octobre 1934. En plus de son rôle de bourse du travail pour les travailleurs intellectuels chinois travaillant en Chine, cet Office est appelé à guider les études de la jeunesse universitaire chinoise à l’étranger. Il à été créé également, sur l'initiative du Ministère de l’Instruction publique de Chine, une Commis-
(1) Recueil Pédagogique. Publié par le Secrétariat de la S. D. N. Décembre 1938, pages 217 et suivantes.
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sion nationale de coopération intellectuelle qui fonctionne très bien.
Le « Bulletin d’information du Council of International Affairs » de Nankin a dressé en 1936 le bilan de cette collaboration. Depuis 1932, des mesures ont été prises tendant à améliorer l’enseignement public du pays; l’instrüction a été rendue obligatoire; le programme des études des écoles secondaires a été fixé en plein accord avec les recommandations des experts de la S. D. N.; la démocratisation de l’instruction est avant tout un des traits caractéristiques des nouvelles réformes de l’enseignement f.
En juillet 1934, la C. I. C. I. avait chargé une Sous- Commission d’étudier l’aide éventuelle que les organisations internationales et nationales pourraient apporter aux bureaux de placement intellectuel et technique que le Gouvernement chinois avait décidé d'établir à Nankin et en Occident, bureaux ayant pour but de faciliter la formation professionnelle des étudiants chinois en Europe et aux Etats-Unis et de l'adapter aux besoins de la reconstruction économique en Chine. Le mémorandum de M. Frank Health, mémbre du Comité exécutif et président de cette Sous-Commission, envoyé au Gouvernement de Nankin, énumère les facilités d’études offertes en Belgique, France, Allemagne, Italie, Etats - Unis
() Voir à ce sujet : « La réorganisation de l’enseignement public en Chine par la mission d’experts éducateurs de la S. DNS
Publication de la S. D. N.,, n° 370-I.-61. Institut de Coopération Intellectuelle. Paris 1932. !
Voir aussi l’importante étude de M. Jean EscaRRA, professeur à la Faculté de Droit de Paris sur La science et l’enseignement du Droit en Chine »..
Sirey, 1936, en particulier pages 343-431 et 457-463.
d'Amérique, aux étudiants chinois, trace les grandes lignes des possibilités d’action offertes aux bureaux qui devraient assurer la liaison en Europe et aux Etats-Unis avec le bureau de Nankin. La collaboration du Gouvernement chinois avec l'Organisation de Coopération intellectuelle se poursuit et continuera directement jusqu’à ce que des bureaux de liaison avec le bureau de Nankin soient établis en Europe et en Occident.
Les relations de l’Organisation de Coopération intellectuelle fournissent un exemple vivant de la collaboration avec les Etats; évidemment, dans tous les pays, cette collaboration ne peut pas être aussi développée, aussi intense, mais la plupart des Etats membres ou non de la Société contribuent, selon leurs possibilités et leurs moyens, à rendre la coopération intellectuelle de plus en plus universelle et par là, plus capable d’étendre les bienfaits de son œuvre pour une meilleure entente entre les peuples.