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Relations avec les organismes hors du cadre de la S. D. N.
L'Organisation de Coopération intellectuelle cherche à entrer en rapport avec les associations s’occupant de la coopération intellectuelle, directement ou indirectement, par l’entremise de l’Institut. Il existe une foule de comités, d'associations, dont le champ d’activité s’étend sur une partie importante de la coopération intellectuelle et dont les travaux ne peuvent rester ignorés de l’Institut de Paris, sous peine de voir se créer des doubles emplois entrainant des pertes de temps et d’argent; il existe d’autre part des associations ou institutions spécialisées dans les travaux de coopération intellectuelle qui,. tout en restant des: fondations autonomes, collaborent en permanence soit avec l’Institut, soit avec la Commission. L'Organisation de Coopération intellectuelle, désirant travailler en commun avec les organisations internationales, n’a pas tant pour but d’innover en matière de Coopération intellectuelle, que d’aider autant que possible les nombreuses associations à coordonner leurs efforts, que d'échanger avec elles
des suggestions ét d’élaborer avec leurs concours un programme d’action pour le progrès du travail intellectuel et la défense des intérêts des travailleurs de l'esprit.
I. RELATIONS AVEC LES GRANDES ASSOCIATIONS DE CARACTÈRE INTERNATIONAL DONT LE CHAMP D'ACTIVITÉ S'ÉTEND SUR UNE PARTIE IMPORTANTE DE LA COOPÉRA- TION INTELLECTUELLE.
Il ne nous est pas possible d’étudier ici une à une les très nombreuses associations internationales qui collaborent à l’œuvre de Coopération intellectuelle et nous prendrons seulement deux organismes internationaux des plus importants, pour montrer le genre de liaison qui les unit à l'Organisation de Coopération intellectuelle : le Comité d’entente des grandes associations internationales; le Conseil international des Unions scientifiques.
a) Le Comité d'entente des grandes associations internationales.
Ce comité, fondé en 1925, groupe une trentaine de grandes organisations internationales, parmi lesquelles nous citerons : le Bureau international d'Education, le Bureau international des Fédérations nationales du Personnel de l'Enseignement public; la Confédération internationale des Etudiants; la Fédération universitaire internationale; l’Union des Associations pour la $S. D. N.; Pax Romana, etc... ! qui, toutes, ont
(1) Bulletin d2 la Coopération Intellectuelle, op. cit., n°° 82- 83, page 525.
à leur programme l'entente internationale par la compréhension mutuelle, l’acheminement vers la paix par l'éducation, soutiennent et propagent les principes moraux qui doivent être à la base des rapports internationaux. Pour éviter la dispersion des efforts, un organisme commun s’imposait pour renforcer les possibilités d'action de toutes ces fédérations qui, par leurs branches nationales, groupent fans tous les pays du monde des millions d’adhérents, atteignent les milieux les plus divers en raison de leur nature, de leur activité ou de leur caractère confessionnel ou professionnel. Ces trente organisations internationales se sont rencontrées sur un terrain commun : le désir d'assurer de bonnes relations internationales et d'apporter leur force de propagande aux idées que représente la S, D. N. La Commission de Coopération intellectuelle ne pouvait rester étrangère à l’action de ces puissants organismes, et, sur la proposition du directeur de l’Institut, afin de rendre plus réguliers les rapports du Comité d’entente et de l’Organisation de Coopération Intellectuelle, le C. I. C. I. a décidé ce qui suit ;
« L'Institut international de Coopération intellec- « tuelle est autorisé à proposer au Comité d’entente « des grandes associations internationales de tenir « désormais une fois par an, une session dont l’ordre « du jour serait préparé, d'accord avec son bureau, « par l’Institut. Il ne serait porté à cet ordre du jour < que des questions intéressant directement l’activité « de l'Organisation de Coopération intellectuelle, Les « grandes associations auraient ainsi la faculté de « formuler des avis et des suggestions qui seraient, « dans la suite, soumis à la Commission plénière cet,
« tout en conservant leur indépendance à l’égard de « l’Organisation de Coopération intellectuelle, de « collaborer méthodiquement avec celle-ci 1, »
-Cette résolution établit un lien plus étroit entre les grandes associations et l'Organisation de Coopération intellectuelle en les associant plus méthodiquement à son œuvre.
Dans beaucoup de domaines, le Comité d’entente a eu des collaborations concrètes avec l'Organisation de Coopération intellectuelle : éducation populaire, bibliothèques, manuels scolaires, cinématographe éducatif, radiodiffusion à l’école, échange de la jeunesse, lutte contre la crise de l’esprit d’entente internationale. Les travaux du Comité méritent d’être signalés : en matière d’éducation pour appuyer notamment les décisions du Comité consultatif pour l'Enseignement des principes et des faits de la Coopération internationale; sur l’enseignement de l’histoire; sa collaboration à l’enquête de l’Institut sur le rôle social des bibliothèques et, surtout, la grande activité qu’il déploie pour contribuer à la mise en application des recommandations votées en juin 1935 par la Conférence internationale du Travail sur le chômage des jeunes diplômés?. Au cours de ses deux assemblées tenues en 1937, l’une à Genève les 19 et 20 février, Jautre à Paris les 30 juin et 1‘ juillet, le Comité d'entente a bien indiqué le sens de ses préoccupations en traitant de « l’éducation de l'esprit international ».
(1) Recueil Pédagogique. Publié par le Secrétariat de la S. D. N.,, septembre 1932, page 84.
(2) « L’Année 1936 de la Coopération Intellectuelle ». Publication de l’Institut de Paris, 1937, page 67.
Le Comité s'intéresse également à la diffusion des publications de la S, D. N.; les bulletins et périodiques que publient beaucoup de ses membres s’attachent à rendre l'opinion publique de plus en plus sympathique à l’œuvre de Coopération intellectuelle ainsi qu'aux travaux .du B. I. T. intéressant la jeunesse. Sur l’inquiétant problème du chômage intellectuel, Île Comité d’entente a fait paraître une étude remarquable de M. Marc Dubois (Pax Romana) intitulée « Que deviendront les étudiants, 1 ». En outre, il a publié une étude du même auteur sur lPaspiration des ouvriers vers la culture et les loisirs des travailleurs 2, basée sur une enquête auprès des groupements membres.
Le Comité d’entente, dont une grande partie de l’activité de ses membres pénètre dans le domaine de l’activité de la Coopération intellectuelle, peut assurer une action profonde en faveur de la paix et, de la compréhension mutuelle,
b) Le Conseil international des Unions Scientifiques.
L'accord avec le « Conseil international des recnerches » (devenu le Conseil international des Unions scientifiques), a retenu l'attention de l'Organisation de Coopération intellectuelle depuis de nombreuses années. L'Organisation, au lieu de bâtir de toutes pièces le mécanisme de travail qui dirigerait et exécu-
(1) « Que deviendront les étudiants ». Etude sar le chômage des jeunes diplômés, par Mare Dugois. Préface du professeur Gilbert Murray. Librairie du Recueil Sirey, Paris, 1937.
(2) L’aspirition ouvrière vers la culture et les loisirs des travailleurs, Marc DuBois. Sirey, Paris 1937.
terait les activités scientifiques de l’Institut, a préféré s’appuyer sur les organismes existants qualifiés pour conseiller les organes exécutifs de la Coopération intellectuelie. Cest en 1925 que le projet de coordonner les activités dé la Coopération intellectuelle et du Conseil des Unions scientifiques fut, pour la première fois, formé par l’Union internationale des Mathématiciens sur la proposition du professeur Janet; la proposition envisageait un échange des résumés des sessions des deux organismes et l’invitation d’un membre de la C. I. C, LI. à siéger aux séances de l’Union, quand une question intéressant les mathématiques viendrait à l’ordre du jour.
Il ne fut pas possible de donner suite à cette proposition; mais elle devait être reprise lorsque l’Institut de Paris se préoccupa d'établir dans le domaine scientifique des liaisons analogues à celles qu’il aménageait pour d’autres disciplines.
Le premier pas vers l’accord fut réalisé par la réunion tenue en 1932 par une délégation du Conseil international des Unions scientifiques et la C. I. C. I.; en 1934, l’Assemblée du Conseil des Unions fut saisie d’une proposition d’un de ses membres, M. Jean Gérard, secrétaire général de l’Union internationale de Chimie, tendant à ce que le Conseil international des Unions scientifiques se mit en rapport avec la C. I. C. I. afin de devenir le « Conseil scientifique de la S. D. N. ». En 1935, une commission composée de MM. Jean Gérard, Cabrera, Establier, a étudié avec quelques représentants de la C. I. C. I. les possibilités de coordination du travail entre les deux insti-
—tutions et a élaboré un projet d’accord qui, ayant reçu l’approbation de principe du Comité exécutif
du Conseil de l’Union, fut approuvé à l’unanimité par l’Assemblée générale qui s’est tenue à Londres en avril et mai 1937.
Aux termes de cet accord t, le Conseil international des Unions scientifiques remplira désormais le rôle d’organe consultatif de l'Organisation de Coopération intellectuelle de la S. D. N.; à ce titre, il sera consulté par ladite Commission sur les problèmes d’ordre scientifique dont celle-ci se trouverait saisie. Cette dernière, de son côté, sera consultée par le Conseil de l’Union pour toutes les questions d'ordre international touchant à l’organisation du travail scientifique, Les organes exécutifs de la Coopération intellectuelle assureront le secrétariat des commissions qui pourront être nommées, pour l'étude de questions faisant l’objet d’une collaboration, par le Conseil de l'Union (art. 13 du statut), dont le président participera de droit aux réunions plénières de la C. I. C. I. consacrées aux sciences; de même, un délégué de lOrganisation de Coopération intellectuelle prendra part, de droit, aux réunions du Comité exécutif du Conseil de l’Union.
La conclusion de cet accord signale une nouvelle structure, une procédure de travail souple et pratique en matière scientifique. L’unique grand organisme international scientifique, qui groupe les représentants des grands corps scientifiques, d’un grand nombre d’académies et de corps savants, est tout spécialement qualifié pour faire connaître à l’Orga-
(1) Le texte intégral en est. publié au « Bulletin de la Coopération Intellectuelle », op. cit. n°$ 78-79, juin-juillet 1937, page 269.
a dr pee nisation de Coopération intellectuelle les besoins de la science et aider l’Institut de Paris dans ses enquêtes et ses démarches. Si ce travail nouveau peut se développer de la même manière que les autres coordinations entreprises par l'Organisation de Coopération intellectuelle, un grand pas aura été fait pour éliminer les hésitations qui se sont présentées dans le passé sur le choix des études à entreprendre dans le domaine scientifique et pour écarter les doubles emplois qui pourraient menacer l'efficacité des travaux. L Nous avons étudié deux exemples types de collaboration de l’Organisation de Coopération intellectuelle avec des organismes internationaux; il existe par ailleurs de nombreuses entreprises, congrès, conférences, dont les buts ont bien des points communs avec ceux de la Coopération intellectuelle; Organisation ne reste pas étrangère à leurs travaux et, si leur liaison avec ladite organisation n’est pas toujours aussi intime que celle des deux institutions précitées, l’Institut n’en entretient pas moins avec eux des relations de nature à faciliter l’exécution de son programme. La forme la plus courante des travaux de liaison est celle qui consiste à envoyer un fonctionnaire de l’Institut assister à leurs réunions, congrès ou conférences, dans les villes où ils se tiennent. Le secrétariat de l'Organisation s’efforçant de développer les liaisons avec les différentes organisations internationales par des contrats personnels
a été ainsi représenté aux réunions suivantes
Semaine sociale de France : 25-27 juillet 1936, Versailles.
Conférence de l’Entr’aide universitaire internationale : 28 juillet-8 août 1936, Sigtuna (Suède),
Congrès de Pax Romana, 29 juillet-6 août 1936, Salzbourg.
Réunion du Comité des organisations internationales d’étudiants : 19 novembre 1936, Paris.
Bureau international des Expositions : 26 novembre 1936 et les 4 et 5 mai 1937.
Comité exécutif de l’Union internationale de Secours : 18-19 décembre 1936, Paris, et 5 mars 1937, Genève.
Réunion du Comité d’éducation de l’Union des Associations pour la S. D. N. : 13 février 1937, Genève.
Conférence internationale des fouilles : 8-14 mars 1937; Le Caire.
Etc., etc. 1.
En 1937, grâce au généreux concours accordé par le Commissariat général de l'Exposition universelle des Arts et Techniques dans la vie moderne, tout un ensemble de manifestations, groupées sous le nom de « Mois de la Coopération intellectuelle », se sont déroulées du 28 juin au 28 juillet à Paris. A toutes ces, manifestations, l’Institut a délégué un de ses membres, soit comme observateur soit comme conseiller technique. La Conférence internationale d'enseignement supérieur, par exemple, où trente-six pays et cent dix établissements d’enseignement supérieur étaient représentés, a été organisée conjointement par l’Institut et la Société française d’enseigne-
(1) Rapport de la Commission sur les travaux de sa dixneuvième session, op. cit, page 44.
ment supérieur; au Congrès de la Confédération internationale des Etudiants (Paris, 7-20 août 1937), l’Institut s'était fait représenter par un observateur.
L'Organisation de Coopération intellectuelle s’efforce de se maintenir en contact permanent, de développer les liaisons avec les nombreuses organisations internationales, par une correspondance active quand elle n’est pas en mesure d’assurer des contacts per-
sonnels.
II. RELATIONS AVEC LES ORGANISMES INTERNATIONAUX SPÉCIALISÉS : LA CONFÉRENCE PERMANENTE DES HAUTES ETUDES INTERNATIONALES.
Les rapports s’établissent par l’intermédiare de l’Institut ou de tout autre organe subordonné à la Commission sur le programme même de la Coopération intellectuelle et d’une manière tout à fait pratique. Ces rapports prennent la forme d’une collaboration en vue de résoudre un problème particulier et autant que possible une forme telle que ‘e travail qu’il s’agira d’exécuter incombera totalement ou partiellement à l’organisation désignée.
Nous ne citerons qu’un exemple de ce genre d’institution en rapport avec l'Organisation de Coopération intellectuelle : la Conférence permanente des Hautes Etudes internationales.
Au sein de l'Organisation s’est constituée une véritable institution internationale groupant des centres nationaux de recherches en une entreprise commune qui est entièrement autonome dans le cadre général de la Coopération intellectuelle; elle n’est rattachée à la Commission et, de ce fait à la S. D. N,, que par
le seul lien de l’Institut de Paris qui assure le secrétariat de la Conférence; celle-ci, depuis 1928, s’est développée de façon ‘rapide et homogène.
La Conférence réunit les institutions internationales et nationales consacrées à l’étude ou à l’enseignement des relations internationales actuelles de la science économique, financière et de la politique étrangère, parmi lesquelles nous citerons : l’Académie de Droit international, La Haye; le Bureau d’Etudes internationales, Genève: le Centre européen de la Dotation Carnegie pour la paix internationale; l’Institut universitaire des Hautes Etudes internationales, Genève; la division des relations internationales et de l’Education, Paris; l’Institute of Pacific Relations, parmi les institutions internationales; parmi les institutions nationales : le Canadian Institute of International Affairs, Toronto; l’Australian Institute of International Affairs, Sydney; la Commission française de coordination des Hautes Etudes internationales; l’Institut Social roumain, Bucarest, etc. 1.
Dès 1928, des représentants de ces institutions, dans un certain nombre de pays européens et aux Etats-Unis, se réunissaient annuellement dans différentes capitales pour assurer entre eux une collaboration régulière, des contacts de professeurs, des échanges de bibliographie et de documentation, L'Institut de Paris assurait le secrétariat de ces réunions.
A ces conférences administratives, on ajouta des conférences d’études, provoquant ainsi entre les
(1) La liste complète de ces institutions est publiée au « Rulletin de la Coopération Intellectuelle », op. cit., n° 80- 81. Août-septembre 1937, page 455.
Cp ie
institutions nationales une liaison plus intime et une habitude plus grande de travailler en commun. Le principe en fut décidé par la réunion de Copenhague
(8-10 juin 1931) et, l’année suivante, la première
conférence d’étude tenue à Milan en mai: 1932 pour
étudier le problème suivant : « l'intervention de
PEtat dans la vie économique ! » permettait les plus heureux espoirs pour l'avenir.
Depuis, grâce à l’appui de la Fondation Rockefeller, l’entreprise s’est beaucoup développée : des institutions nationales, des groupes nationaux se sont ajoutés aux groupes internationaux : le Canadian Institue of International Affairs de Toronto, réunit actuellement treize groupes d’études; le Centre d'Etudes de Politique étrangère de Paris, en compte sept; d’autres ont été organisés par le Royal Institute de Londres, l’Institut Social roumain, le Counseil
on Foreign relations de New-York? A la dernière
conférence, tenue à Paris du 28 juin au 3 juillet 1937, vingt-quatre pays étaient représentés par cent cinquante délégués. x
L'activité de la Conférence se traduit d’une part par des études très approfondies, très objectives, menées par les plus grands techniciens de l’époque, et d’autre part par certaines publications dues en particulier aux entreprises nationales. Les années 1934-1935 ont été consacrées aux problèmes de la
() « L'intervention de l'Etat dans la vie économique ». Publication de l’Institut de Coopération Intellectuelle, Paris, 1932. ”
(2) L’Année 1936 de la Coopération Intellectuelle, op. cit. page 11.
« sécurité collective » 1; les années 1936-1937 au « Peaceful Change » (procédés de règlement pacifique des conflits internationaux), avec application à certains cas particuliers : difficultés de principe et procédés applicables en ce qui concerne la solution pratique des problèmes économiques, sociaux, territoriaux, en se référant spécialement aux questions
suivantes a) Population, migration, colonisation ; b) Marchés et distribution des matières premières.
Comment travaille l’entreprise?
Les résultats sont atteints, tant par le travail particulier de chacun des groupements membres que par leur effort commun, Les institutions qui font partie de la conférence conduisent, en dehors du sujet que choisit la conférence, tout un ensemble de recherches particulières en offrant aux savants des facilités de documentation, en s'appuyant fréquemment sur d’autres établissements spécialisés de leur propre pays et s'enrichir de leurs apports soit dans le domaine des études coloniales, soit du droit public ou des recherches économiques et financières de la sociologie, de l’histoire contemporaine. Peu à peu on a vu se développer le système des groupes d’études, grâce aux liaisons internationales où les avantages de la recherche en commun s’ajoutent à ceux du travail personnel, où se concentrent avantageusement les ressources des techniques diverses en permettant de
() La sécurité collective. Ouvrage. publié sous la direction de M. Maurice BOURQUIN, rapporteur général de la Conférence, Institut de Coopération Intellectuelle, Paris 1936.
confronter les théories et convictions différentes avec le maximum d’objectivité.
Une action plus directe s’exerce, grâce aux mêmes établissements, sur l'opinion publique; de plus en plus nombreux, en effet, ils répandent dans le monde une documentation facilement accessible, des brochures d’information, des revues périodiques, des répertoires annuels; citons comme répertoires annuels : le « United States in International Affairs » du Counseil in Foreign relations; le « Survey of International Affairs », auxquels il faut ajouter nombre de revues émanant d'institutions nationales ou internationales d'Amérique, de Hollande, de Roumanie, de France. Mentionnons également les livres, les monographies que produisent les recherches individuelles. La documentation réunie par la Conférence de 1937 au terme de ses recherches se composait de cent vingt mémoires émanant des groupes nationaux et institutions internationales collaborant à ses tra: vaux, ainsi que de plusieurs études préparées sur certains points particuliers par des experts internationaux 1.
L'action internationale de la Conférence s’exerce avant tout par son travail en commun, par la réunion
générale sur un sujet qu’elle choisit périodiquement; c’est en effet une période de deux ans qu’elle s’accorde pour mener à bien une étude d'ensemble; elle tient dans l’intervalle une réunion générale de caractère préparatoire où tous les groupes sont représentés.
(1) Le Bulletin de la Coopération Intellectuelle, n°° 80-81, (août-septembre 1937) publie la liste complète de ces mémoires. page 486.
Son comité exécutif, composé d’une dizaine d’institutions, surveille et dirige l’ensemble du travail. Pendant cette période de deux années, les différentes institutions nationales et groupes nationaux ont le temps d’envoyer leurs travaux, leurs mémoires, les résultats de leurs recherches au rapporteur général qui doit présenter à la Conférence une vue générale de la documentation recueillie. Les travaux répartis suivant les groupes et centres nationaux et conduits séparément sont couronnés par la réunion finale où chaque institution est représentée et qui constitue l’étape finale de la recherche par confrontation inter-
nationale 1.