‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 12 sur 65 · FES · texte numérisé non relu

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elle est l'abandon des petits par leurs semblables,

des humbles ; lle assure la toute-puissance d’une

minorité d'élite, au détriment de la grande majorité

qui végète dans l’ignorance et dans la misère. Sans

l'égalité, et l'égalité n'existe pas, elle est l’exploitation

des petits par les grands; sans la fraternité, et la fra-

ternité est un idéal dont nous sommes bien éloignés,

| elle est l'isolement et la souffrance.

- Et même dans le domaine moral dont je parle Élus

| haut, et où l’influence bienfaisante de la liberté est À incontestable, il faut encore reconnaître que la liberté abstraite trahit les espérances de ses disciples lorsqu'ils s ’imaginent qu'elle va à elle seule faire éclore les

. individualités.

| Le xix°'siècle est le siècle de la liberté, et pourtant il n’est pas le siècle des individualités, Celles-ci sont

perdues dans la foule et les médiocrités les sub-

mergent. On peut invoquer à cet égard le témoignage d’un illustre penseur peu suspect, Stuart Mill luimême, qui, dans un livre consacré à célébrer la liberté, source de l'individualité, est obligé de reconnaître, comme signe caractéristique de notre temps, une tendance à l'assimilation de tous les indi- … vidus : « Jadis, écrit-il, les divers rangs, les divers ; « voisinages, les divers métiers, et professions « vivaient dans ce qu’on pouvait appeler des mondes

« différents. À présent, ils vivent tous à un très haut « degré dans le même monde, lisent les mêmes

-« choses, écoutent les mêmes choses, voient les

« mêmes choses, vont aux mêmes endroits. Leurs « craintes et leurs espérances sont dirigées vers les

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