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« mêmes objets, ils ont les mêmes droits, les mêmes
< libertés, les mêmes moyens de les revendiquer (sc
Et M. de Tocqueville, dans sa correspondance ps
déplore « la mobile petitesse, le désordre perpétuel « etsans grandeur du monde politique de son temps »
Il parle « de la platitude qui va toujours croissant, de
«. ce labyr inthe de misérables et vilaines passions ; ‘des
« cette fourmilière d'intérêts microscopiques qui
« s’agitent en tous sens ». Ab ne trouve plus « l'élan
« jeunes ; il Sttent un homme ou un événement,
t& NL p. 60 et 61. a 1
« quelque chose de plus grand que ce que nous voyons ». Et cet observateur impartial d’une époque libre est.
obsédé par la pensée de Ja décadence.
Assurément, la liberté est l'idéal et tous les efforts des hommes doivent ‘converger vers son épanouisse-. ; ment le plus complet. | ci Mais, au point de vue historique, le progrès (qui. est à la fois, nous Vavons vu, le passage du type infé- “4
: « libre du cœur; rien n est jeune, même les plus
rieur au type supérieur et la participation du plus grand nombre à la vie du type supérieur) est l'œuvre
et de la liberté et de l'autorité. Si l’on peut admettre
que dans le domaine intellectuel et moral le rôle de la
liberté à toujours été prédominant, il faut reconnaître 4
que, dans le domaine économique et social, la liberté et l'autorité apparaissent, non comme 4. dogmes, mais comme des étapes historiques se succédant avec
le Donne éternel du flux et du reflux de l'océan. Il
(1) SruaRT Miz, La Liberté, 1860, ui IL, in fine. () Voir Histoire de la monarchie de Juillet, ph HUREAT DANGIN,
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à s’agit bien, suivant la comparaison déjà citée de Saint-Simon, du jeu du cylindre de pompe qui descend ou monte selon qu'il est à la base ou au sommet du tube aspirateur. a |
Les faits confirment cette manière de voir :
Chez les peuples encore mineurs, l'autorité a
d'abord un rôle fécond ; elle vient au secours des.
faibles: elle. appelle à la vie les forces individuelles . endormies ; elle élève le niveau moral et social. Puis, | grâce à ce levier, les énergies s’affirment, les indi- vidus prennent conscience d'eux-mêmes et de leur F. valeur, la nation émancipée sent qu’elle peut marcher seule, et alors elle rejelte tout support, elle nie toute 1 autorité, elle n'a ‘plus d’autre déesse que la liberté,
Dinan au jour où, désillusionnée et. aigrie, elle essaye
à nouveau de trouver dans la protection du pouvoir
le bonheur qu'elle a en vain cherché en échappant à
sa tutelle.
On justifierait déjà cette thèse en ot les 4 formes accomplies au xvin° siècle par le despotisme
éclairé, en montrant que Frédéric le Grand, Catherine
de Russie, Marie-Thérèse et Joseph Il, Léopold de Toscane, Christian VII de Danemark, Charles III bd! Espagne ne font que suppléer à l'initiative populaire
À affaiblie par les longues guerres continentales.
. Mais il est surtout intéressant d'examiner à ce point
Le vue l’histoire économique de la France et de
l'Angleterre. ‘es à - En France, la ton ralle de Colbert ou le. régime mercantile, c'est l'autorité réglementant Île travail, planant au-dessus des partis et veillant aux
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intérêts ‘économiques, sans sacrifier les ouvriers aux patrons, sans qu'on puisse la taxer d’injustice ou de 4
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IypanRie Il n’y a pas à le nier, l'autorité en jouant, de 1666 à
1675, un rôle prédominant, a été réellement bienfaisante. Par un système de primes, d’avances, de mono-. poles, par la création de types et de modèles, elle a stimulé les aptitudes et suscité les efforts. La France était encore incapable de faire surgir le progrès de
l’activité spontanée des particuliers; Colbert lui
fournit le moyen de lutter avec l'Espagne et les Pays- Bas pour la draperie et la toile; avec le Brabant pour … la dentelle et Venise pour les dite avec l'Angleterre
pour la bonneterie, et l'Allemagne pour les armes.
Et personne ne songeait à se plaindre d’une ingérence gouvernementale qui ADO au pays le
bien-être.
Peu à peu, cependant, les industries créées par le pouvoir se sentent assez solides pour se passer de Jui et commencent à supporter avec impatience son poids
écrasant ; d'autre part, l’État qui est partout, prescri-
vant qui produira, comment on produira; l'État qui a pris l’habitude de décider de tout et de tout diriger, ne
reste pas à la hauteur d’une tâche chaque jour plus étendue. Non seulement, il ne parvient pas à main-
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tenir la prospérité, non seulement il ne réussit pas à
empêcher le mal, mais il devient nuisible, il protège surtout les privilèges, le monopole, les abus féodaux;
après avoir créé l'unité de la France et la richesse de la France, il devient la source de la misère du peuple
qui le charge de malédictions.
Nine. lors, on assiste à la réaction légitime de 2 É tiborté contre la réglementation.
La théorie mercantile avait voulu faire RE la - fortune du sol par des moyens artificiels et y avait d’abord réussi. Le jour où, les conditions étant changées, les moyens employés ne peuvent plus rien produire, l’on se rejette de l’autre côté, sur l’ordre naturel. Les physiocrates proclament que l’on doit s’en remettre au cours naturel des choses; Turgot réclame l’abrogation de toutes les restrictions légales, et la conscience populaire est avec lui. L'économie
‘politique ne reconnaît plus à la civilisation qu’un seul
- moteur : la liberté. Il faut laisser agir les hommes librement, et de nombreuses générations dans la France du xix° siècle acclament cette doctrine.
Mais, encore une fois, après avoir été un instrument de délivrance, elle devient un instrument d’oppression. Elle est surtout favorable à la classe moyenne qui, plus instruite et plus riche, plus active ' et plus puissante, l'utilise à son profit. Elle ne fait rien pour les misérables dont elle surexcite les appé-
tits sans les satisfaire, et, contenant en elle tout ce
qu'il faut pour éveiller les passions violentes, elle ne | possède rien pour les désarmer. Aussi voyons-nous, vers 1840, apparaître le socialisme comme l'idéal que Îles classes populaires opposent à l'idéal bourgeois de la liberté. Et les disciples de Saint-Simon ou de Fourier, de Pierre Leroux, de Cabet, de Buchez, de Proudhon, de Louis Blanc, etc., forment, jusqu’à l'heure actuelle, une armée grandissante qui s'éloigne de la = liberté et se reprend à tourner ses regards vers l’État.
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