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Toutefois, ici aussi, une transformation va s ‘opérer 4 dans les faits et dans les idées. Le statut d'Élisabeth 4
est en rapport avec une organisation sociale dont les signes distinctifs sont : la petite propriété, une classe
rurale et moyenne indépendante; l'industrie domes- … tique; les fonctions locales exercées gratuitement par.
Ja noblesse et la gentry.
Or, au XVI siècle, tout cela change: la petite pro-
priété est refoulée par le capital qui se constitue; la
classe rurale et la forme familiale et domestique de
l'industrie s’évanouissent au profit de la classe com-
merçante urbaine et de la grande industrie. Des
hommes qui n’ont jamais passé par l'apprentissage # imposé par le statut d’Élisabeth, mais qui ont des
capitaux à leur disposition, construisent de vastes
fabriques, y installent des machines coûteuses et y
appellent des légions d'ouvriers. Les autorités sont
impuissantes à appliquer les anciens règlements, à intervenir dans la fixation des salaires, et les indus-
triels, dont la prospérité grandit, ne voient plus dans
cette réglementation qu'un obstacle dont il faut se
débarrasser à à tout prix.
Le respect de la loi d’ Élisabeth : a été pendant deux siècles le bouclier de la petite industrie ; sa violation
seule rend possible au xvm' siècle l'essor de la grande industrie. Et c’est là où on l’applique le moins que le
progrès est le plus marqué. L'origine de la situation florissante de Birmingham et de Manchester se trouve
dans la circonstance que les vieux règlements y étaient
complètement tombés en désuétude (').
Et, en même temps que les industriels armés du . capital et de la science luttaient contre la législation
qui représentait pour eux la routine, la réaction, le
monopole, ils pouvaient se réclamer de la doctrine de . la liberté qu'Adam Smith apportait au monde comme le remède à tous les maux dont on souffrait.
(4) BRexrano, Das es Verhältniss CA dem heutio gen Recht.
Leipzig, 1877, p- 50.