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rendre les faibles plus libres et les puissants plus
justes. Elle ne peut arriver à son but qu'à condition
d’être localisée.
Telle est la raison qui place la décentralisation au premier rang des préoccupations publiques. Alors que l’économie politique classique repousse en toute chose et que le socialisme recherche en toute chose l'inter-
vention de l’État, il est de la plus haute importance
de rechercher dans quelles limites et de quelle façon
JÉtat peut intervenir pour garantir et non pour
étouffer le développement de l’activité individuelle.
rat | CHAPITRE IT.
La décentralisation et le gouvernement local. Les causes du triomphe de la centralisation se trouvent dans le droit
romain et dans la situation économique de l’Europe à la Renaissance. La démocratie a centralisé comme la monarchie. La vie
locale fait défaut. L’absentéisme. La solution des difficultés actuelles
est dans le gouvernement local. Exemples de l'Amérique, de l’Angle- terre, de la Suisse, des anciens Pays-Bas. Utilité de la décentrali- . sation dans l’ordre politique et économique, dans l’organisation
de la justice, de l'instruction et des lettres, dans le système fiscal, dans le domaine de la bienfaisance, dans le domaine philosophique
et religieux.
- Le caractère unitaire de notre civilisation nous vient de Rome. Les Césars nous ont légué le type d’une
autorité dégagée des réalités historiques, détachée de à
la vie sociale, vivant au-dessus et en dehors de la
nation, absorbant à son profit tous les droits collectifs
ou individuels. Ils écartent les citoyens de la vie publique; ils veulent le monopole du gouvernement; ils entendent exercer, à l'exclusion de tous, une mIssion de tutelle ; ils s’arrogent le droit de tout prévoir, de tout diriger, de pénétrer partout, d'agir pour le bien général, de régler les moindres détails de l’organisation politique, au moyen d’une administration
uniforme reflétant les impulsions d’en haut et faisant " respecter d’un bout à l’autre de l'empire la volonté du maître. Ils suppléent ainsi, par un mécanisme coûteux, aux forces naturelles de la nation et aboutissent ù
au rêve grandiose d’un prince tenant, du haut du
Capitole, l'univers dans sa main.
C'est la centralisation, fleur gigantesque de la eul-. ture romaine, qui, à Rome, s'épanouit sans obstacles, Ke
mais, au seuil du moyen âge, va se trouver aux prises
avec les éléments d’un Etat fondé sur des principes
tout différents, antithèse complète de l’Imperium.
Cet État ne se rattache plus en rien aux souvenirs.
de la puissance romaine ; il plonge ses racines dans
les communautés primitives franques, germaniques
ou anglo-saxonnes; les antiques Landsgemeinde, les
tribus, les centaines, les townships fournissaient
M image depetits gouvernements politiques, judiciaires,
économiques, grâce auxquels la nation, agissant par elle-même, n'avait pas à déléguer ses pouvoirs à une autorité centrale. Chacun, dans son groupe, faisait
l'apprentissage de la vie publique; chacun participant à l'action collective, participait aussi à la décision
| collective; chacun était juge et soldat, législateur et
rit leu. gouvernant et gouverné. Du chef au dernier des hommes libres, il y avait une circulation ininterrompue d'énergie, un enchaînement continu de
droits et de devoirs. Et peu à peu, qu'il s'agisse de
l'Église ou de la féodalité, des campagnes ou des
villes, partout l’on rencontre des catégories d’indi-
vidus liés par la communauté des intérêts locaux et des passions locales, arrachés à l'isolement qui
oies ui a en en en
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4 Pbphie. au pouvoir qui opprime, et mis à même de
- se développer dans leur milieu naturel. Les libertés locales les rapprochent et leur font sentir qu'ils ont
ne besoin les uns des autres, tandis que l'exercice hono-
pi rifique des fonctions locales leur donne d maturité et. Ye à considération. | ns La souveraineté qui émane de tels groupes ne crée 4 plus artificiellement un mécanisme bureaucratique ; elle est la synthèse des forces organiques populaires: ellene plane plus aü-dessus du peuple, mais se con- fi fond avec lui. Ici comme dans le droit privé, l’idée sociale s'oppose à l’idée romaine : Rome, quia pro | + duit Tindividualisme, a aussi produit le pouvoir
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absolu et la. centralisation administrative; lidée 4 | sociale du moyen âge, mère de la corporation, a donné ; naissance au gouvernement local et aux magistratures Furee … populaires. D'un: côté, une administration toute : puissante gouverne au nom du maître; de l'autre, la nation se gouverne elle-même, en répartissant les - fonctions gouvernementales dans les différents orga- 4 nismes Sociaux. | | | D C'est la décentralisation qui, à l'encontre du césa- risme, garantit l'indépendance locale; dans chaque | groupe, elle appelle le plus grand onbe au contrôle
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