‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 19 sur 65 · RE · texte numérisé non relu

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rendre les faibles plus libres et les puissants plus

justes. Elle ne peut arriver à son but qu'à condition

d’être localisée.

Telle est la raison qui place la décentralisation au premier rang des préoccupations publiques. Alors que l’économie politique classique repousse en toute chose et que le socialisme recherche en toute chose l'inter-

vention de l’État, il est de la plus haute importance

de rechercher dans quelles limites et de quelle façon

JÉtat peut intervenir pour garantir et non pour

étouffer le développement de l’activité individuelle.

rat | CHAPITRE IT.

La décentralisation et le gouvernement local. Les causes du triomphe de la centralisation se trouvent dans le droit

romain et dans la situation économique de l’Europe à la Renaissance. La démocratie a centralisé comme la monarchie. La vie

locale fait défaut. L’absentéisme. La solution des difficultés actuelles

est dans le gouvernement local. Exemples de l'Amérique, de l’Angle- terre, de la Suisse, des anciens Pays-Bas. Utilité de la décentrali- . sation dans l’ordre politique et économique, dans l’organisation

de la justice, de l'instruction et des lettres, dans le système fiscal, dans le domaine de la bienfaisance, dans le domaine philosophique

et religieux.

- Le caractère unitaire de notre civilisation nous vient de Rome. Les Césars nous ont légué le type d’une

autorité dégagée des réalités historiques, détachée de à

la vie sociale, vivant au-dessus et en dehors de la

nation, absorbant à son profit tous les droits collectifs

ou individuels. Ils écartent les citoyens de la vie publique; ils veulent le monopole du gouvernement; ils entendent exercer, à l'exclusion de tous, une mIssion de tutelle ; ils s’arrogent le droit de tout prévoir, de tout diriger, de pénétrer partout, d'agir pour le bien général, de régler les moindres détails de l’organisation politique, au moyen d’une administration

uniforme reflétant les impulsions d’en haut et faisant " respecter d’un bout à l’autre de l'empire la volonté du maître. Ils suppléent ainsi, par un mécanisme coûteux, aux forces naturelles de la nation et aboutissent ù

au rêve grandiose d’un prince tenant, du haut du

Capitole, l'univers dans sa main.

C'est la centralisation, fleur gigantesque de la eul-. ture romaine, qui, à Rome, s'épanouit sans obstacles, Ke

mais, au seuil du moyen âge, va se trouver aux prises

avec les éléments d’un Etat fondé sur des principes

tout différents, antithèse complète de l’Imperium.

Cet État ne se rattache plus en rien aux souvenirs.

de la puissance romaine ; il plonge ses racines dans

les communautés primitives franques, germaniques

ou anglo-saxonnes; les antiques Landsgemeinde, les

tribus, les centaines, les townships fournissaient

M image depetits gouvernements politiques, judiciaires,

économiques, grâce auxquels la nation, agissant par elle-même, n'avait pas à déléguer ses pouvoirs à une autorité centrale. Chacun, dans son groupe, faisait

l'apprentissage de la vie publique; chacun participant à l'action collective, participait aussi à la décision

| collective; chacun était juge et soldat, législateur et

rit leu. gouvernant et gouverné. Du chef au dernier des hommes libres, il y avait une circulation ininterrompue d'énergie, un enchaînement continu de

droits et de devoirs. Et peu à peu, qu'il s'agisse de

l'Église ou de la féodalité, des campagnes ou des

villes, partout l’on rencontre des catégories d’indi-

vidus liés par la communauté des intérêts locaux et des passions locales, arrachés à l'isolement qui

oies ui a en en en

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4 Pbphie. au pouvoir qui opprime, et mis à même de

- se développer dans leur milieu naturel. Les libertés locales les rapprochent et leur font sentir qu'ils ont

ne besoin les uns des autres, tandis que l'exercice hono-

pi rifique des fonctions locales leur donne d maturité et. Ye à considération. | ns La souveraineté qui émane de tels groupes ne crée 4 plus artificiellement un mécanisme bureaucratique ; elle est la synthèse des forces organiques populaires: ellene plane plus aü-dessus du peuple, mais se con- fi fond avec lui. Ici comme dans le droit privé, l’idée sociale s'oppose à l’idée romaine : Rome, quia pro | + duit Tindividualisme, a aussi produit le pouvoir

‘cr

absolu et la. centralisation administrative; lidée 4 | sociale du moyen âge, mère de la corporation, a donné ; naissance au gouvernement local et aux magistratures Furee … populaires. D'un: côté, une administration toute : puissante gouverne au nom du maître; de l'autre, la nation se gouverne elle-même, en répartissant les - fonctions gouvernementales dans les différents orga- 4 nismes Sociaux. | | | D C'est la décentralisation qui, à l'encontre du césa- risme, garantit l'indépendance locale; dans chaque | groupe, elle appelle le plus grand onbe au contrôle

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