‹ L'organisation de la liberte et le devoir socialChapitre 23 sur 65 · EE · texte numérisé non relu

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démocraties restreintes, de corps autonomes et variés,

ayant chacun un budget, une assemblée électorale, un bureau d'employés, recrutant un grand nombre

d'agents gratuits et réalisant ainsi, d’une façon remar- 5 8 ç quable, tous les avantages du gouvernement local. Dans le comté, le juge de paix, organe vivant de décentralisation, a un pouvoir autonome dont l’exercice assure comme jadis les conditions .du selt- | government C). | Sur le continent, la Suisse est actuellement la plus é M. Eee Vauthier, dans son savant ouvrage : Le gouverne: ment local de l'Angleterre (Paris, Rousseau, 169 fait un tableau complet du système anglais.

Voir aussi Oscar PYFFEROEN, Les réformes communales. Bruxelles, opus, 1895.

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ancienne confédération de groupes (oraux autonomes, gré

la plus ancienne forme sociale s’éloignant de la notion

latine de la souveraineté. Les cantons, qui sont la base

du gouvernement helvétique, ne représentent pas des

subdivisions artificielles créées par le pouvoir dans

> un-Dut administratif, mais des organismes indépen- dants associés pour former un État fédéral, et dont

chacun dans sa sphère a une autorité égale à celle du gouvernement central dans la sienne.

Les commencements de la confédération suisse ont

été aussi modestes que ceux de la confédération américaine ; ses résultats ont été aussi splendides. La

Suisse est née de l’union contractée, en 1291, entre les cantons d’Ury, de Schwytz et d'Unterwald; cette

union est devenue, en 1355, la confédération des huit cantons et, en 1513, la confédération des treize can-

tons. En 1798, elle cède un instant à l'influence uni-

taire de la France pour retourner bientôt au régime fédératif qui, actuellement, concentre en un orga-

nisme puissant les institutions locales de vingt-deux cantons et sauvegarde l’unité nationale, tout en lais-

sant aux citoyens un maximum de liberté et en tenant compte des différences de race, de langue et de carac-

tère. | | La Belgique aussi à connu les traditions locales et

il est regrettable qu’elles aient été brusquement rompues. Quand, il y a un siècle, sur la place de l'Hôtel

de Ville de Bruxelles, les représentants du gouvernement révolutionnaire interdisaient toute assemblée

de citoyens de la même profession et, quelques jours

plus tard, faisaient vendre les archives et le mobilier

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. même temps Descartes, Bayle et Spinoza.

des corporations, ils anéantissaient les derniers ves-

Lu du système politique qui a fait l'éducation de l'individu et l’a émancipé. Si les principes consacrés par le grand privilège de Marie de Bourgogne s'étaient développés d’une façon continue et régulière, nos libertés modernes seraient le prolongement logique de

| nos vieilles libertés locales; nos institutions, au lieu d’être le produit artificiel de la raison abstraite, auraient la vigueur des plantes qui ônt cru lentement sur le sol natal; notre État représentatif serait encore

la fédération des provinces, des communes, des orga-

nismes collectifs répondant à des besoins SOCIaux,

et, conscient de la diversité des intérêts locaux, il ne

la sacrifierait pas au besoin esthétique de l'nifor- :

mité. Hot |

Le passé, où les États généraux émanaient .des États provinciaux, où ceux-ci émanaient des villes et des campagnes, où les villes émanaient des corpora- üuons urbaines, où la nation participait ainsi d’une

façon constante aux affaires publiques, nous fournit

sur bien des points des lecons dont il y a lieu de

profiter (). En ce qui concerne la plénitude et l’in- tensité de la vie sociale, la pondération des mouve- . ments, l’histoire renferme peu d’enseignements analogues à celui que nous donne la glorieuse bourgeoisie hollandaise du xvn' siècle, cette bourgeoisie forte et

D éclairée et tolérante, tenant tête sur terre et sur mer aux grandes puissances et protégeant en

Q) É, pe Lavereye, Le gouvernement dans la démocratie. Deux | volumes Paris, Alban. ‘4891. Vol. IL p. 575 et suiv.

C’est donc à ces sources que les pays centralisés et atomisés doivent s'inspirer. La vitalité des corps organisés, corporations, communes, cantons, provinces,

e est à la fois une digue contre la faiblesse Le l'individu " et contre la tyrannie du pouvoir. ù .

Il Hnporte de laisser s'épanouir la variété des intérêts locaux, de distinguer dans le droit administratif comme dans le droit électoral les campagnes des villes, de ne pas donner une organisation externe identique à un hameau et à une capitale (5 il importe : d'imiter l'Angleterre autorisant les Unions de paroisses et de substituer comme unité politique et administrative aux petites communes rurales trop faibles pour ne remplir un office public quelconque, la fédération es cantonale de ces petites communes; il importe, enfin, | de favoriser la renaissance des organismes collectifs, : éxpression tangible des intérêts sociaux les plus réels,

tels que conseils régionaux agricoles, industriels, commerciaux, groupes juridiques, artistiques, scientifiques, etc. (), et de faciliter ainsi la représentation des intérêts, dont nous parlerons plus loin. ie | Dans le domaine économique, il en est de même. : Ée rapports entre les classes ouvrières et les classes oi industrielles existent et doivent être réglés. Mais, Si. … la liberté absolue de l’école économique classique est funeste à la classe ouvrière, la réglementation centralisée de l’école collectiviste met en péril l'existence :

(!) An. Dane La démocr aie et le régime parlementaire Bruxelles, L ; 4883. | À (2) De Greër, La Constituante et le régime représentatif Bruxelles, x 1892. | | “4

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