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même de la civilisation. L'autorité à incontestablement un devoir à PDU Comment doit-elle pro-
céder?
Fe
Qu'on laisse le travail ou le capital maître Ha conone économiques et chacune des parties en cause sacrifiera les intérêts de l’autre partie; que l’on oppose dans un pays la classe des industriels à celle des prolétaires et l'antagonisme intransigeant s’accuse. Que
Jon mette en présence dans une localité un groupe
professionnel d'employeurs et un groupe professionnel . d'employés, et les bonnes volontés se rapprochent. Les
résultats des Chambres d'explications fondées à Marie-
mont par M. Weiler sont décisifs à cet égard.
Ce sont des indications précieuses. À coup sûr,
Ja situation du monde économique actuel justifie une
Fa
intervention de l’État. Mais l'autorité centrale n’a pas
assez de souplesse pour s'adapter à toutes les néces-
sités de la production nationale. Pour la solution de
nimporte quelle difficulté économique (que ce soit le travail des femmes et des enfants : ou lassurance
| ouvrière, par exemple), une loi uniformément appli-
. quée à un pays entier fera autant de mal que de bien.
on faut tenir compte des habitudes, des mœurs, des
conditions du travail qui varient de localité à localité. La loi peut poser des principes, tracer un cadre géné-
‘ ral, elle doit laisser à des autorités régionales en
rapport avec des groupes régionaux le soin de faire
des règlements régionaux. Il importe donc, comme
Doit le demandait déjà, de posséder des conseils régionaux capables de se substituer au gouvernement Li de prendre les mesures utiles sur place, en connais-
sance de cause, après avoir entendu les parties intéressées encadrées dans leurs groupements profession: nels. Les Conseils de l'industrie et du travail sont un | pas dans cette voie et offrent un moyen de se rapprosn cher à la fois de l’association des individus, de la décen- | tralisation de l’autorité et de la Lee nta den locale. . En ce qui concerne la justice, l'avantage de la décentralisation est tout aussi évident. Notre justice imper- | sonnelle et centralisée est lente, formaliste et coûteuse. ME La justice répressive surtout, jugeant des prévenus … qu’elle ne connaît pas, d’après des règles étroites dont la signification échappe à la foule, est souventun pur symbole. Le juge local, même non juriste, mais doué d'expérience et de maturité, habitant au milieu des justiciables, se décidant d’après les inspirations du AE cœur et le bon sens, décharge d’abord les juridictions Du centrales d’une foule d’affaires qu ‘elles expédient trop | sommairement ; ensuite, il donne à la justice plus de | réalité et d'efficacité, quelque chose de plus simple; d enfin, il aide à la diffusion du sentiment du droit, qui. reste sans cela le monopole d’un pets nombre de spé- | cialistes. | ‘à Gambetta avait bien raison de convier la législature is au relèvement des fonctions du juge de paix (). Les 4 magistrats des grandes villes du continent voient | défiler sons leurs yeux une population qu'ils ne ee = peuvent juger bien parce qu’ils la connaissent mal, et | en arrivent à rappeler Bridoye, qui jugeait les procès aux dés. Le juge local, dans le canton où il passe ss Fr
< ) Moniteur des juges de paix de France, t. XI. — Loi sur la L réorganisation des justices de paix. JAI
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jours, est rattaché par des liens sociaux, par un contact permanent, aux hommes qu'il doit juger, et son rôle perd le caractère abstrait qu’il a trop souvent, pour devenir plus humain et plus vivant. Il suffit de songer aux dicastéries athéniennes, aux officialités, aux justices corporatives du moyen âge, aux juridictions disciplinaires ou professionnelles modernes, aux juges de paix des petits cantons ruraux, pour constater que c’est là où le magistrat répressif est en D TADpors constants avec la population locale Li la Pine est le mieux rendue.
Je rappelle aussi les juges de police de la tradition: À angle saxonne, avec leur compétence étendue. Ces 2,000 magistrats, dont beaucoup ne sont pas des ' Re et exercent encore aujourd’hui, comme jadis, ii ne fonctions purement honorifiques, n'ont-ils pas une influence considérable, un prestige légitime? Ne contribuent-ils pas à la grandeur de la justice anglaise ? : Ne sont-ils pas un exemple frappant de l'efficacité de la justice locale? | J'ajoute, au point de vue 4 la portée sociale de la justice, que les délinquants condamnés loin du lieu du délit et longtemps après la date de sa perpétration, n’excitent aucunement les sentiments de réprobation de la multitude, qui, n ayant pas souffert de l'infraction, reste indifférente ou curieuse, quand elle ne . devient pas bienveillante. Pour que l'opinion publique D dhsetre la notion du juste et de l’injuste et soit d'accord avec ceux qui jugent, le délinquant doit être condamné rapidement, au re des citoyens dont il a troublé la sécurité.
Et chose curieuse, à noter en passant. A côté de la tendance napoléonienne, qui consiste à centraliser la justice, l’on constate au contraire une tendance décentralisatrice là où elle a le moins de raison d’être, c'est-à-dire dans le domaine de la police judiciaire, qui, en Belgique, est communale, alors qu’elle devrait être entre les mains de l'État (). <
Passons au domaine de l'instruction; il est facile d'y mettre en relief les vices de la centralisation.
L'Etat n’a pas le droit de donner à tous les esprits une
empreinte identique, de couler toutes les intelligences
dans le même moule. Que le despote qui rêve d’imprimer une direction uniforme à l'éducation nationale
s'appelle’ César ou Peuple, le danger est le même.
L'Etat a à prescrire le principe de l'instruction et à en
fournir les cadres, mais l’instruction doit être adaptée
aux besoins variés de la nation, YŸ a-t-il rien de plus
funeste que limmuabilité d’un enseignement imposé aux citoyens d’un pays et appliqué sur toute l'étendue
du territoire par une armée de fonctionnaires, où le | cuistre et l’homme de talent, emprisonnés dans le même règlement, ne sont que des esclaves courbés
‘ sous le joug uniforme des programmes, des manuels
et des concours officiels? Une instruction égalitaire et centralisée est contraire aux besoins de l'humanité. Loin d'aider au rapprochement des classes, elle les a. séparées davantage. Loin de contribuer à l’apaisement des conflits sociaux, elle les a accentués. Elle n’a pas
donné à la bourgeoisie la haute culture, seule CRUE ne.
() « Rapport sur la procédure pénale à à Londres », par M. À. Pix.
Monte belge du 7 novembre 1879.
de mettre les classes dirigeantes à la hauteur des
difficultés présentes. Elle n'a pas donné au peuple un
À véritable instrument d'émancipation. En démocrati-
sant à outrance l’enseignement, en le rendant de plus
en plus accessible à la foule, en le fournissant au meilleur marché possible, on n'a pas favorisé la formation d’une élite et on a abaissé le niveau # général des esprits. L’instruction a été trop méca-
nique et utilitaire pour les hautes classes, trop
intellectuelle et théorique pour les classes populaires. L'enseignement supérieur, qui aurait dù inspirer surtout le culte élevé de la science, a été essentielle-
peuple, qui aurait dû être surtout pratique, a été
scientifique et abstrait. Si bien que l’État, en ne fournissant pas aux esprits une alimentation adéquate à leur situation, à a produit en haut des. égoïstes rebelles A J'enthousiasme, en bas des envieux aigris par le
- contraste entre leur savoir et leur pouvoir, par
. des déclassés. nn
Ho A coup sûr, il est bon que le maximum possible
. d'hommes ait le maximum. possible de véritable
… instruction; c’est un champ immense offert aux efforts + spontanés individuels ou collectifs. Mais, de nos
… jours, la demi-instruction devient un fléau. Pour ceux qui ont le temps, la fortune ou des aptitudes spéciales,
l'instruction supérieure doit être surtout de la haute > culture; pour ceux qui ont à gagner leur vie, l’instruc- | tion élémentaire doit être surtout professionnelle Net l'apprentissage professionnel varie suivant qu'il s'adresse aux régions industrielles ou rurales.
ment professionnel; l’enseignement primaire du-