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Es l'importance de la convention de 1883. L'expression 7 « réformes administratives » a une portée telle que AR
‘le Gouvernement français a pu procéder à l’accom-
= plissement de toutes les réformes jugées nécessai- | ere res dans le domaine de la Süreté Publique, aussi HA SAReES = bien que dans celui de toutes les autres branches |
7 = de l'administration. ER ; na
La Sécurité et les Services de Police de 1881 au 17 Avril 1897, date du Décret instituant auprès du Gouvernement Central une Direction de la Süreté Publique.
Selon les préliminaires du Traité du 12 Mai 1881, établissant le Protectorat français en Tunisie, le « Gouvernement de la République française et le Gouvernement beylical, voulant empêcher à jamais les désordres qui se sont produits récemment sur les frontières des deux Etats et sur le litloral de la Tunisie, et désireux de resserrer leurs anciennes relations d'amitié et de bon voisinage, ont résolu de conclure une convention à cette fin, dans l’intérêt des deux hautes parties contractantes...»
Ces préliminaires confirment l'état de choses : existant auparavant ; les articles qui les suivent tracent les bases de notre protectorat sur la Tunisie. Ils sont dans tous les cas la preuve que, à par-
tir de 1881, le bey ne règne plus que nominalement.
Cette situation, fortifiée par la convention de 1883, élait d’ailleurs nécessaire pour que la France püt entreprendre l’œuvre de relèvement qu’elle s'était proposée. Il fallait mettre de l’ordre dans les finances, organiser la justice et la police, en un mot. créer tous les rouages d’une bonne administration.
Mais, avant de procéder à toute organisation, il fallait s'inspirer de cette belle mexime de Guizot, à savoir «qu'il n’est aucune institution dont le véritable but ne soit et ne doive être la sécurité de tous ». Cela était d'autant plus urgent que la colonisation devait nécessairementse développer dans la Régence. Or, aucune tentative de ce genre n’est possible sile colon n’a pas la certitude que sa personne et ses biens seront respectés. «II entend que les fruits de son labeur et de son économie soient protégés contre les ennemis du dehors et les ennemis du dedans. Sans doute, dans les colonies pas plus que dans la métropole on ne peutdéfendre l’individu contre les crimes individuels : la haine, la convoitise du bien d'autrui sont d’irréductibles passions, dont il est plus facile de punir que de. prévenir les effets. Mais, dansles pays neufs on a autre chose que celà à redouter. La civilisation y survenant dérange des habitudes séculaires; toute une classe d'habitants était en possession de piller, à tout le moins de pressurer les travailleurs paisibles ;
ils sentent que l'établissement des Européens les menace dans ces odieux privilèges, etils s'efforcent, durant les premières années, de maintenir ces privilèges, même par la force. A cette lutte pour les intérêts privés, se joint parfois le souci des intérêts publics: le patriotisme offensé colore d’un beau prétexte la défense des appétits menacés. Pour toutes ces causes, on voit, au lendemain de la conquête, surgir de toutes parts des bandes d'hommes armés, que nous appelons des pirates et qui n’ont, d’ailleurs, rien de commun avec les façons de héros que l’histoire a décorés de ce nom. Leurs incursions et leurs attaques, tant qu'elles durent, apportent un obstacle invincible au succès des entreprises des colons et au progrès de la colonisation. Nul ne peut, sans folie, aller dans ces régions encore insoumises exposer sa vie et risquer sa fortune; la plus élémentaire prudence commande d'attendre le jour où la sécurité des colons sera garantie, et le devoir évident de la Métropole est de prendre sans retard les mesures qui la garantiront. »
Ainsi s’est exprimé M. J. Chailley-Bert (1) : On ne peut parler avec plus de justesse et plus de clarté des obligations qui incombent au pays annexant ou au pays protecteur.
(1) Extrait de la Conférence faite le 19 Mars 1896 sous le patronage de « l’Union Coloniale Française » et la présidence de M. Delcassé, député, ancien Ministre des Colonies et des Affaires Etrangères, par M. J. Chailley-Bert, Secrétaire de «l’Union »,
D'autre part, en vertu du pacte de protectorat, la France devenait «ipso facto» responsable vis-àvis des puissances tierces en cas d'attentats commis contre des sujets de ces puissances.
Il fallait donc que la France, qui avaitenvoyé ses soldats en Tunisie pour faire cesser l'état d’anarchie qui régnait dans ce pays, se pressât d'assurer une complète sécurité.
Au début, il eût été ridicule de songer à l’organisation d'un corps de policiers chargé de maintenir l’ordre dans l’intérieur de la Régence. Il s’en fallait de beaucoup que les esprits fussent apaisés, que les bandits fussent tous châtiés et mis hors d'état de nuire. Si, chaque jour, on voyait diminuer le nombre et la portée des actes d’hostilité contre la domination française, on n’en constatait pas moins dans le Sud quelques indices d’insoumission, dus surtout aux excitations partant de Tripoli et de Constantinople. Pour ne citer qu’un exemple, Île « Djéwaïb », journal officieux de la Porte, répandu à foison dans le Nord de l'Afrique et particulièrement en Tunisie, promettait aux Arabes qu’une guerre européenne prochaine faciliterait une lutte contre la France : « La nuit est « en grossesse », disait-il, et il serait fort possible que la France fût obligée de faire la guerre en Europe... Il faut résister durant l'hiver, en attendant l'heure du grand combat. » (1).
(1) « L’année politique » 1882. — p. 26.