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agricole et le commerce extérieur retrouvèrent un élan de prospérité.

Au cours du XVIIe siècle, les circonstances politiques favorisèrent cette œuvre de réparation intérieure. La Tunisie restait isolée. La Porte était incapable de rétablir sa souveraineté. La Méditerranée n’était plus le théâtre des guerres de jadis, car les puissances européennes dirigeaient leurs expéditions coloniaies vers l'Amérique ou vers les Indes. Les Beys n'étaient en lutte qu'avec les déys d'Alger, dont aucun n'était trop puissant ; ils gagnaient plus qu’ils ne perdaient à ces guerres de pillage fréquentes mais rarement prolongées. Vers la fin du XVIIT siècle, Alger, avec son territoire à peine soumis, apparaissait plutôt comme un repaire de brigands, tandis que la Régence de Tunis, délimitée dans ses frontières, plus pacifique et plus richo, représentait un gouvernement. Des relations consacrées par des traités de paix ou d'alliance s'étaient peu à peu développées avec les Européens.

Avec le XIX° siècle, une période nouvelle commence pour la Tunisie. Les guerres napoléoniennes avaient détourné de l'Afrique l'attention des puissances européennes. Celles-ci s’inquiétèrent, après les traités de 1815, des actes de brigandage des pirates barbaresques. Les flottes de la France et de l’Angleterre se montrèrent plus souvent dans les eaux de la Goulette. Les Beys furent sommés de >

renoncer à la course (1) et de rendre la liberté aux nombreux chrétiens qu’ils retenaient prisonniers.) De nombreux traités précisèrent les droits et les garanties des commerçants étrangers.

Les conséquences de ces interventions eurent leur répercussion sur les événements intérieurs. Les Européens, en effet, commencèrent à entreteunir avec la Tunisie des relations suivies ; beaucoup s'y installèrent à demeure et formèrent dans les villes maritimes, sous la protection consulaire, des colonies importantes.

En précence de celte nouvelle situation, le Gouvernement tunisien dut améliorer la législation ;

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(1) C’est le 21 Septembre que fut notifié au Bey le protocole arrêté par les grandes Puissances de l’Europe, le 18 Novembre 1818, à Aix-la-Chapelle, relativement aux Corsaires barbaresques. Le Bey fut mis dans l’obligalion de prendre par écrit l'engagement de ne plus avoir ses bâtiments en course, sous peine d’attirer inévitablement sur lui cles armes de toute l'Europe ».(Voir Narcisse Faucon : « La Tunisie avant et depuis l'occupation française » 1893. Tome I. pp. 178 et $.

(2) Les grandes Puissances réunies en Congrès, à Vienne, pour établir sur de nouvelles bases l’équilibre européen, avaient décidé de mettre un terme aux déprédalions et aux violences exercées par les corsaires barbaresques. Lord Exmouth, chargé de notifier aux Régences d’Alger, de Tunis et de Tripoli les décisions du Congrès, parut dans les eaux de Tunis le 11 Avril 1816, obtint la mise en liberté de 800 esclaves, et força le bey à s'engager par écrit, au nom de la Régence, à abolir à jamais l'esclavage des chrétiens dans ses Etats. (V. Narcisse Faucon. ouvr, cit. Tome Il. pp 176et S$.

én effet, les devoirs de l'Administration se multipliaient ; les charges financières s’accroissaient, les relations entre indigènes et Européens donnaient naissance à des conflits de plus en plus nombreux. Cette évolution intérieure était à peine commencée lorsque, le 27 juillet 1827, on reçut au Bardo la nouvelle officielle que la guerre venait d’éclater entre la France et Alger. La sensation produite par cet évènement, prélude de la future domination française en Algérie, fut immense au sein de la population tunisienne, ainsi qu'à la Cour du Bey. Mais, tandis que celui-ci voyait avec satisfaction une nation aussi puissante que la France se charger de réfréner l’insolence et d’amoindrir la puissance d’un voisin qu'il considérait comme un ennemi, le peuple de Tunis, au contraire, ne voyait là qu'une lutte de musulman à chrétien, une guerre sainte, en un mot. Hussein-bey résista avec fermeté aux clameurs de la rue et même ‘aux conseils de ses ministres. Cependant, aux premiers jours de l'année 1828, le bruit s'était généralement répandu que Hussein-bey, cédant aux pressantes sollicitations du dey d'Alger, s'était décidé à faire cause commune avec lui contre la France. Notre consul général, M. Mathieu de Lesseps, eut alors une conférence avec le bey et obtint de lui une déclaration ‘parfaitement nette, d’après laquelle le souverain témoignait toute sa confiance à la France (1).

(1) V.Narcisse Faucon, Ouvr. déjà cité.— Tome IT pp.181 ets.

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