ROSES
Au commencement de l’année 1871, Kablouti, l'un des principaux chefs de l'insurrection algérienne, désola la région de Souk-Ahras par le pillage, l'incendie et l'assassinat. Assiégé dans cette ville, il parvint à se sauver et à passer la frontière, entrainant avec lui quatre vingt spahis. Arrivé peu de temps après à Tunis, il fut reçu par le Bey qui lui promit la sûreté dans la Régence.
M. de Botmiliau se rendit auprès de Mohammedes-Sadok et se plaignit vivement de l'accueil qu’il avait cru devoir faire à l’un de nos plus irréductibles adversaires. Dans la lettre qu'il adressa à M. de Rémusat, alors ministre des affaires étrangères, M. de Botmiliau déclara avoir tenu au bey le langage suivant : «€ Cet homme est un rebelle qui, après avoir prêté serment de fidélité à la France, a pris les armes contre elle, quand elle a été malheureuse, alors que son devoir au contraire était de combattre pour elle, comme l'ont fait tant d’autres Aloériens (1). Pour nous, il n’est pas un ennemi; c’est un criminel, justiciable de nos tribunaux. Je ne vous demande pas cependant de me le livrer, car je suis sans instructions, mais je demande que les
() Kablouti, qui avait été lieutenant de spahis au titre indigène, a été l’un des principaux chefs de l’insurrection de 1871, un des plus sauvages. Il à fait brûler au milieu de la rue des femmes et des enfants attachés sur des chaises goudronnées. On a retrouvé les cadavres calcinés.
Narcisse Faucon. ouvr. cit. Tome I. pp. 243 et S,