Celles des Universités allemandes notamment
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est à cet égard un indice des plus trompeurs. Imprimés, ils deviennent à la longue un instrument d’identification bibliographique ; mais le maniement quotidien en est fort ingrat. J’ouvre constamment, à l’usage du public, un des mieux faits, en somme, celui de Sainte-Geneviève ; les lecteurs s’y embrouillent sans cesse, et je ne m’en étonne pas : il faut, d’années en années, ajouter des suppléments ; d'un supplément à l’autre, il y a confusion permanente : quelqu’un trouve à la table du deuxième supplément un renvoi à une page ; il la cherche par mégarde au premier et s’exaspère du défaut de concordance. A cela, pas de remède. Le catalogue méthodique imprimé d’une très riche bibliothèque ne reste utile qu’aux fouilles de pure érudition, pour la fixation des détails minuscules; tel l'ancien catalogue de la Nationale, pour l'Histoire de France, et cet intérêt se limite à peu près au domaine de l’histoire.
Mais vaut-il la peine d’imprimer un catalogue alphabétique? M. Morel répondrait : En aucun cas; c’est déjà beaucoup d’en faire un sur fiches. Je me montrerais moins intransigeant. Pour les identifications dont je parlais à l’instant, rien de précieux comme l’immense catalogue du British Muséum et son supplément, modèles du genre : un nom, un titre vous sont indiqués de façon peu explicite ou peu lisible ; vous consultez ce répertoire, incomparable dans ce cas parce qu’immense. Je comprends aussi que notre Nationale ait entrepris un catalogue du même genre1; je m'associe du reste aux critiques de M. Morel sur un gaspillage de temps et d’encre, déjà réduit dans les derniers volumes parus, suides répétitions de noms d’auteurs et de titres complets, absolument superflues. Il est très vrai que le cinquantième exemplaire d’un roman coûte plus cher à cataloguer ainsi que le prix courant du volume. Mieux vaudrait inscrire: nombreux exemplaires ; le lecteur en demanderait un quelconque, et pour une fois on chercherait une cote dans les fiches non détruites, car non transcrites.
En ce qui concerne les autres bibliothèques, je me prononcerais en principe négativement. Certes, un catalogue tiré à 500,
1. Il parait que la Bibliothèque royale de Bruxelles va encore suivre cet exemple (Cf. E. Baclia, Revue des bibliothèques et archives de Belgique , VI (1908), p. 241-245). Cette fois, ce serait beaucoup; plus ces répertoires se multiplient, plus leur intérêt faiblit.
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ARCHIVES, BIBLIOTHÈQUES, MUSÉES
1,000 exemplaires, devient transportable au loin; quand la maison prête au dehors, on peut savoir à distance si elle contient tel volume et en donner la cote; mais ce bénéfice vaut-il un effort aussi énorme et aussi onéreux? J’admets qu’une collection, même très réduite, imprime l’inventaire de ses livres anciens et rares, indépendamment des incunables, xylographes ou manuscrits ; ce sont documents pour l’histoire du livre; la détermination du fonds digne de cet honneur est flottante, mais dans l’immense majorité des cas on ne balancera point, et il est oiseux de faire savoir au monde que Forcalquier ou Mauléon possèdent un roman de Paul de Rock (côté frivole) ou le Dictionnaire des littératures de Vapereau (côté sérieux).
Les Universités posent un problème plus délicat : Faut-il recommander la constitution de petites bibliothèques de séminaires ou de laboratoires? Oui, certes, répondront les professeurs, et il ne leur importera guère que les livres ainsi réunis soient prélevés sur le fonds général ou achetés sur budget particulier. Cette dernière hypothèse cependant légitimerait seule cette satisfaction. Il est très commode, sans doute, d’avoir sous la main les livres auxquels on recourt le plus souvent et de réduire la concurrence qui peut s’exercer sur eux; mais l’intérêt général ne saurait être oublié, et tel qui est charmé de trouver dans son cabinet un livre de consultation journalière, pestera si d’autres font de même et le privent de ce dont il a besoin par hasard. L’inconvénient s’accroît si la bibliothèque occupe un immeuble isolé. Est-elle par malheur enclavée dans l’Université, tout au plus devra-t-on consentir cà un déplacement momentané. Le prêt étant ouvert à des particuliers, comment l’interdire à une collectivité? On doit même se montrer plus large en ce cas, quant au nombre des livres empruntés, moins pour les délais. J’ai constaté plus d’une fois à Paris de ces emprunts abusifs, qui faisaient disparaître des ouvrages de première importance, pour une durée indéfinie. Je reconnais d’ailleurs qu’en province, dans l’état actuel, ces principes peuvent fléchir, car les bibliothèques universitaires ne sont guère fréquentées que par maîtres et étudiants, peu nombreux et vite en rapports.