‹ L'organisation des bibliothèquesChapitre 6 sur 17 · Cf. Bulletin de VA. B. F III (1909), p · texte numérisé non relu

Cf. Bulletin de VA. B. F III (1909), p

2. A l’étranger, il est vrai, on n’a généralement qu’un seul type d’examen par pays ; mais le quatrième congrès des bibliothécaires allemands (Halle, 1903) a discuté cette question : Die Vorbildunq zum bibliolhekarischen Bèruf , et a renoncé à proposer un système unique, les bibliothèques présentant trop de différences entre elles (cf. Zentralblatt , XXI (1904), p. 6-26). Add. Graesel, op. cit., p. 457 sq.

3. Cf. C. Oursel, Bulletin de VA. B. F., II (1908), p. 46-48 ; add. pp. 60 sq., 69 sq.

'ù fl R GH IV ES, BIBLIOTHÈQUES. MUSEËS

soucié. rLcs êxqmferts ou concours comportent les catégories suivantes : Nationale, Bibliothèques publiques de Paris, universitaires, municipales classées. Il est donc entendu que dans chacune d’elles c'est toujours la même besogne qui s’accomplit. Droit, médecine, sciences, lettres, tout se jette dans le même sac, dès lors que c’est universitaire ! Le motif? c’est qu’il y a quelques règlements spéciaux pour cette classe de bibliothèques : cela concerne la comptabilité, les échanges de thèses et le classement des livres — nous reparlerons de celle merveille ! — Le tout s'apprend bien en huit jours, et rien n’empêche le fonctionnaire de rafraîchir sa mémoire, textes en main. A la Nationale il a fallu à toute force — examens à part! — opérer quelques divisions: il existe une section réunissant des manuscrits en toutes langues, notamment un fonds chinois très riche ; il serait peut-être bon de connaître ces idiomes. — Bah ! du moment qu’on est paléographe 1 . . .

J’ai ce préjugé tenace de souhaiter qu’un agent de bibliothèque scientifique ait des notions pas trop nuageuses des matières traitées dans les livres qu'il a charge d’acquérir et de cataloguer -. Ce fut, à mon sens, toujours nécessaire, ce le sera plus encore si les Universités provinciales prennent le développement rêvé ; la preuve en est dans la sélection naturelle, pourtant incomplète, qui s’est faite à Paris ; il est vrai que sa bibliothèque universitaire s’est démembrée : droit, médecine ont fait bande à part, et alors il s’est imposé d’y installer les docteurs en médecine et en droit, bien désintéressés, que, par extraordinaire, la profession a pu séduire ; vous y verriez sans cela des poètes ou des paléographes; en France, on ne connaît que l’étiquette de la maison.

Donc des spécialistes, en un sens large, raisonnable ; je ne désire point un bibliothécaire plongé dans la question Louis XVII, mais la compétence indéfinie supposée jadis, ou tenue pour chose accessoire à côté de la science des bibliographies périmées, est à mes yeux une absurdité. Quand une bibliothèque universitaire comptera plusieurs agents d’ordres variés, ils pourront la com-

4. Bon nombre de ces manuscrits ont ainsi été catalogués par des savants étrangers à. la bibliothèque.

2. Un bibliothécaire doit-il être un savant ? se demande M. Ch. Sustrac ( Bulletin de l'A. B. F ., II (1908), p. 1-3). Il doit au moins avoir, une instruction supérieure. Il n’est pas indispensable qu’il se livre à la production scientifique, mais cela vaut mieux, s’il n’en oublie pas ses devoirs professionnels.

poser judicieusement de leur propre clief, sans céder aux suggestions des professeurs les plus remuants, et orienter mieux maîtres et étudiants. Ce n’est pas le lieu de proposer un plan d’ensemble ^ ; les gens du métier, la commission y devront travailler. Pour les grades et titres à exiger des candidats, il sera bon de se montrer un peu rigoureux1 2; la France regorge de diplômés, qui furent pleins d’espoirs et n'ont pas de lendemain ; la profession de bibliothécaire ne sera jamais fort avantageuse3; mieux vaut pourtant y attirer ceux-là que les oisifs du boulevard, bacheliers par indulgence.

Je passe sous silence le personnel inférieur; M. Morel en traite longuement et vante le système anglo-saxon, l’enrôlement des femmes pour la dactylographie, des petits boys entraînés de bonne heure à leur métier, et peu dispendieux. Il y aurait en effet beaucoup à emprunter; mais lui-même dit fort bien qu’en vertu de la loi il faudra, dans nos établissements, réserver une large place aux sous-officiers et rengagés.

1. Cf. Ch. Mortet, Bulletin cle VA. B. F., II (1908). p. 82 sq. — Faut-il admettre les femmes? Cela me semblerait très naturel, et aux mêmes conditions que les hommes; j’entends qu’on exigerait d’elles mêmes titres et mêmes examens, et je ne vois pas pourquoi on les rétribuerait moins, si elles fournissaient autant de travail. Cf. G. Fritz, Frauen im Bibliotheksdienst ( Zentralblatt , XXIV \1907), p. 217-229). Je doute, en revanche, qu’on propose de nommer ou conserver des agents intermédiaires, plus ou moins bénévoles, comme les assistants d’Allemagne qui, en fait, reçoivent presque toujours une indemnité mensuelle, on les amanuenses qui, dans ce pays, disparaissent graduellement, mais se maintiennent davantage en Suède, au grand détriment du service. (J. Bonnerot, Revue des bibliothèques , XVI (1906), p. 345-348).

2. Dans la plupart des pays, on l’est plus que chez nous; les bibliothécaires allemands sont docteurs; la laurea doltorale est également requise par le règlement italien du 24 octobre 1907 ; voir P. Schwenke, Das neue italianische Bibliotheksreglement ( Zentralblalt , XXV (1908), p. 307-316). L’examen spécial qui s’y ajoute comporte un sérieux programme; combien de bibliothécaires français qui seraient hors d’état de le subir ! Une certaine connaissance des langues classiques et des principales langues étrangères est absolument imposée, comme en Allemagne.

3. En Allemagne, le plus souvent, les bibliothécaires sont assimilés, quant aux appointements, aux Oberlehrer. Au Japon aussi, ils ont la situation des professeurs d’enseignement secondaire.

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