Début de
2, Pour éviter une concurrence malsaine, les banques se sont mises d'accord sur le taux d'intérêt à payer sur les dépôts. En ce qui concerne le taux d’intérêt sur les dépôts payé actuellement par les banques privées, voir infra, ch. III. Banques privées.
Guterman.
des dernières années, les banques se trouvent obligées de réduire la marge de risque dans leurs opérations actives. Elles ne choisissent alors que la clientèle de premier ordre, donnant toute garantie de solvabilité, clientèle qui, pour une raison quelconque, n’a pas d’accès direct à la Banque de Pologne.
La réglementation du taux d'intérêt est encore nuisible, pour la raison qu'elle établit un taux maximum unique. Ce taux étant relativement peu élevé, les banques ne vont que très rarement au-dessous de ce chiffre dans leurs opérations de crédit. Or, les différentes banques se différencient aussi bien dans leur structure que par leur genre de clientèle. Elles profitent de sources de crédit qui sont plus ou moins chères et il est exorbitant de vouloir les traiter toutes d’une facon uniforme, par la voie de l’ordonnance sur l'usure. D'ailleurs, la matière escomptable qui est présentée dans les banques est également diverse. L'attribution du crédit est alors faite avéc un risque variable, dont le coût d’assurance doit apparaître dans le taux d’escompte, d’une façon ou d’une autre. Si toutes les banques avaient complète liberté d'action, l’on ne peut douter qu’une grande partie de Ia matière escomptable, cherchant actuellement une issue sur le marché privé, cher et souvent même usuraire, pourrait être placée dans les banques, à des conditions beaucoup plus avantageuses.
C’est ainsi que l’ordonnance qui est actuellement en vigueur ne protège pas de façon certaine une grande partie de ceux qui profitent du crédit de banque, étant donné que, même sans cette protection, ils n’auraient peut-être pas payé un taux d'intérêt plus élevé, mais que par ailleurs elle ferme l’entrée des banques à ceux, par rapport auxquels le taux d'intérêt maximun est trop bas, lorsqu'on prend en considération le risque de l’opération!. -
Le taux d'intérêt prélevé sur les opérations de crédit par les banques d'Etat présente un caractère tout différent. Il faut distinguer à ce point de vue, d’une partla Banque de l’économie nationale et la Banque agricole d'Etat et d'autre part la Caisse postale d'épargne.
D'une façon générale, le taux d'intérêt appliqué par ces
: Gazeta Bankowa (La Gazette de banque) de 1930, n° 22. « L'argent et le crédit »
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banques a de tout temps été inférieur au taux maximun imposé par le Ministère des Finances. Ce taux, bien que fixé de la propre autorité des banques, ne résulte pas non plus du libre jeu du marché, les banques poursuivant la même tactique que le ministère des Finances, tendant, par pression officielle, à abaisser le taux général d'intérêt. C’est ainsi que les crédits distribués par elles présentent un caractère de crédits de faveur et qu’elles poursuivent des buts spéciaux lors de leur distribution. Ces crédits ont presque tous une destination fixée d’avance et sont reçus uniquement par les institutions financières, entreprises ou particuliers qui présentent un intérêt spécial pour l'Etat.
Il faut toutefois souligner que, pour une raison ou une autre, les banques d'Etat paient généralement la plus grande partie de leurs capitaux beaucoup moins cher que les institutions financières privées.
D'ailleurs, le montant des crédits distribués par ces banques ne couvre qu’une faible partie des besoins.
Les taux d'intérêt prélevés par les banques d'Etat sont très divers et présentent une grande variabilité, d’après les différents types de prêts et les différentes catégories d’emprunteurs. Le taux d'intérêt le plus élevé pratiqué par la Banque de l’économie nationale a été de 21% en 1924, soit une différence en plus de 9% avec le taux d’escompte de la Banque de Pologne et de 5% avec le taux d’avances sur gage de cette dernière. Le taux d’intérêt des banques d'Etat s’approche toujours davantage de celui de la Banque de Pologne, ne le dépassant actuellement que de 2 — 2 1/2 %. Pour certains prêts privilégiés, le taux d'intérêt des banques d'Etat descend même au-dessous de celui de la Banque de Pologne.
Si les taux d'intérêt prélevés par les institutions financières, aussi bien officielles que privées, sont de beaucoup plus élevés que ceux régnant sur les grands marchés de l’argent, ils sont cependant relativement bas par rapport aux taux pratiqués sur le marché privé.
Il faut d'abord expliquer ce qu’est le marché privé en Pologne, cette notion se distinguant profondément de ce qu’on entend par là sur les grandes places financières. Nous sommes habitués à entendre désigner sous la dénomination d'opérations « hors banque », les opérations d’escompte faites par les entreprises d’une grande envergure qui possèdent des disponibilités temporaires et les prêtent aux mal-
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sons de la plus haute importance, à un taux qui est généralement au-dessous du taux d’escompte de la Banque d’émission et des grandes banques. Les autres opérations de crédit s’opèrent pour la plus grande partie dans les cadres des différentes institutions financières.
Un semblable type d'opérations de crédit comme les «hors banque » des grands marchés financiers n'existe pas en Pologne et le marché privé polonais a un tout autre caractérel:
La réglementation du taux d'intérêt maximun à provoqué cet effet que certains capitaux, au lieu de se placer dans les banques, ont trouvé beaucoup plus d'avantage à s’employer en des opérations individuelles de crédit auprès de tous ceux qui n’ont pas trouvé accès aux institutions financières, dans les conditions existantes.
Les transactions sur le marché privé n’ont aucun caractère officiel ni même licite, étant donné qu’elles ont lieu essentiellement à un taux d'intérêt dépassant considérablement le taux légal des opérations de crédit. Elles sont généralement à caractère accidentel. Ce n’est qu’à Lodz qu’un marché privé d’escompte s’est créé; bien que non organisé, 1l fonctionna assez régulièrement jusqu’à la fin de 1929 environ.
La création d’un tel marché, non à Varsovie qui est le centre financier du pays, mais à Lodz,s’explique par le fait de la facilité qui y existait au point de vue de la classification des effets de commerce d’après la solvabilité des signataires et des endosseurs. La matière escomptable qui s'y présentait était uniforme et provenait en majeure partie du commerce des produits textiles. La répartition des effets escomptés s’y faisait en 3 ou 4 catégories. Une autre cause de la constitution de ce marché à Lodz fut le fait que les effets provenant des transactions en produits textiles dépassaient généralement 3 mois? et, n'étant pas aptes à être escomptés à la Banque de Pologne, n'étaient guère acceptés par les banques et cherchaient une issue sur le marché privé.
1. Quelque chose de similaire au marché «hors banque » existant à l'étranger est en train de se créer, par l'emploi d’une partie des fonds libres du Trésor et des disponibilités de la Caisse postale d'épargne, en achat d'effets de commerce et d'acceptations de maisons de la plus haute sécurité.
2. La capacité de production de l’industrie textile dépassant largement la consommation nationale, celle-ci fut poussée à susciter les ventes sur le marché intérieur, en accordant des crédits à terme suffisamment long.
où Konjunktura Gospodarcza, 1930, n° 12. Le taux d’'escompte pendant les années 1924-1930.
Ce sont surtout les effets de commerce de premier ordre qui constituaient l'élément où les cotes furent les plus stables; par ailleurs, celles des autres catégories ne possédaient pas cette uniformité et les différences des taux d'intérêt dans la même catégorie étaient très importantes.
Cependant, la crise de 1929, qui eut des répercussions extrêmement fortes sur l’industrie textile, a complètement désorganisé ce marché. L’insolvabilité ayant atteint un grand nombre d’entreprises, on manquait de base de classification. De même, étant donné les nouvelles conditions qui se sont établies sur le marché des produits textiles, de nombreuses transactions se faisaient au comptant ou, partie au comptant, partie en effets de commerce de courte durée. Le nombre des transactions sur le marché privé de l’argent a considérablement diminué et ce dernier a perdu ainsi tout caractère régulier.
Dans les autres centres financiers, ces opérations n'ayant aucun caractère suivi et régulier, les taux d’escompte variaient énormément et oscillaient dans des limites très larges. Le taux d'intérêt augmente d’ailleurs dans une forte mesure avec l’éloignement des centres. Il reste énorme dans les villages.
Letableau suivant nous donne une idée du développement du taux d’escompte de la Banque de Pologne, des banques, par actions et du marché privé de Lodz ainsi que de leur moyenne, à partir de 19241.
Comme nous l’avons déjà remarqué, le taux d'intérêt officiel et celui des institutions financières, relativement assez bas, n'arrivent pas à influencer suffisamment le taux d'intérêt sur le marché privé de l’argent qui reste toujours très élevé.
En étudiant de plus près le marché monétaire polonais, nous observons en effet ce phénomène, qu'entre les différentes catégories des sources de crédit existent des cloisons à peu près étanches qui ne les laissent pas communiquerentre elles ou nc le permettent que dans une très faible mesure. La clientèle aussi bien que la matière escomptable dont celle-ci dispose et les sources des capitaux où les diverses institutions et le marché privé viennent puiser, sont différentes et n’exercent qu’une très faible influence les uns sur les autres.
Sur le marché privé se fait remarquer un manque des capitaux beaucoup plus aigu que sur le marché officiel et contrôlé. Le premier souffre en outre davantage d'insécurité, étant donné que la plus grande partie de la matière escomp-
1. Le taux d’escompte pendant les années 1924-1930. Kodjunktura gospo-
darcza (La Conjoncture économique) 1930, n° 12 et 1931, n° 2. Voir tableau p. suivante,
table est de second et de troisième ordret. Les escompteurs qui font des opérations sur le marché privé sont, pour la plupart, de petits capitalistes disposant de faibles ressources qu'ils retirent généralement en fin de compte, en les employant en différentes immobilisations, lorsque l’occasion se présente ou en les plaçant à terme dans les établissements de crédit donnant la garantie d’une sécurité complète?. Les nouveaux capitaux n'arrivent qu'insuffisamment, étant donné l’insécurité des opérations qui a considérablement augmenté pendant les dernières années. La plupart des crédits accordés ne sont que difficilement liquidables et les opérations finissent par des prorogations continuelles, étant donné la gêne persistante chez les bénéficiaires de ces crédits. L'augmentation du montant des capitaux sur ce marché qui devrait sy produire par le fait même du taux d'intérêt élevé, n’est en fin de compte qu'illusoire.
La clientèle qui s’y présente a également un caractère particulier. Ce sont, pour la plupart, des entreprises qui souffrent cruellement du manque de fonds de roulement et dont la signature n’est pas de premier ordre ou encore de petites entreprises qui n’ont pas d'accès aux banques. Elles obtiennent bien des crédits en marchandises de leurs fournisseurs Mais leurs besoins de disponibilités restent aigus.
C’est ainsi que le nombre des effets de commerce, ne provenant d'aucune transaction commerciale effective et qui sont exclusivement un moyen financier, est ici particulièrement élevé. Nombre d’entreprises qui ont recours au marché privé, voulant augmenter leurs ventes à tout prix, ont fait granudement appel au procédé des ventes à tempérament contre remise d'effets de commerce qu’elles escomptent sur ce marché. Ce procédé, d’ailleurs, malgré la diminution des crédits en marchandises de la part des fournisseurs, existe toujours; ce qui, ajouté au règlement en espèces d’une grande partie de leurs achats, accroît encore leurs besoins de fonds.
Plus on s’éloigne des grands centres, plus augmente l’importance relative des opérations effectuées sur le marché privé.
Le réseau d'institutions financières « communales » et
1. Voir les pourcentages des effets protestés le tableau après la p. 126.
2. Ce dernier fait fut signalé par les succursales de la Banque de l’économie
nationale au mois de mars 1931 (Revue mensuelle de la Banque de l’économie nationale, 1931, n° 3).
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Année Banque | Banques| « Hors | Moy. de par banque »
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