Rapports annuels de la Banque de Pologne
Date Crédits accordés Crédits utilisés
En millions de zlotys
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Cependant, jusqu’à la rupture de la stabilité du zloty au mois de juillet 19925, les crédits tendent à se maintenir à un niveau invariable, ils baissent ensuite. Cette baisse, quoique peu importante, fut néanmoins très fertile en conséquences non seulement pour les banques privées, auxquelles les restrictions s’adressaient en premier lieu, mais aussi pour toute l’économie nationale.
Bien que ce ne fût pas la cause principale de la crise que les banques durent subir dans la suite — crise qui était la conséquence essentielle de la situation générale de l’économie nationale, de l’activité des banques mêmes pendant l'inflation, de l'augmentation excessive de leur appareil, de l’immobilisation de leurs ressources et des phénomènes monétaires qui se produisirent alors — la diminution des crédits accordés par la Banque de Pologne d'environ 15 millions de zl. au mois de juilletiet de 14 millions au mois d’août, avait suffi pour déclencher celle-ci. La méfiance une fois née ne se laissait pas déraciner aussi facilement, elle a eu une répercussion néfaste sur le développement de toute la vie économique du pays.
Pendant la période qui a suivi la crise de la monnaie, la tâche de la Banque, comme source de crédit, était très difficile. Déjà durant la période précédente, celle-ci jouait un rôle très important comme fournisseur du crédit à l’économie nationale. Ce rôle est, dans la suite, devenu encore plus grand — les autres banques, en dehors des banques d'Etat, perdirent, dans une forte mesure, leur importance comme appareil de distribution des crédits. La Banque de Pologne, dans la mesure du possible, tâchait de satisfaire aux besoins de crédit bien motivés; elle devait. cependant, en mêmetemps,sesoucier
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du maintien de la couverture or et devises en rapport avec l’émission. Jusqu'à la deuxième moitié de 1926, le montant de ses crédits d’escompte, reste presqu'invariable . Evidemment, cela était tout à fait insuffisant pour la satisfaction des besoins existants, d'autant plus que le zloty avait perdu, à certains moments, plus de la moitié de sa valeur-or. Heureusement, la crise a en même temps diminué, dans une mesure très grande, la demande du crédit en augmentant la vitesse de circulation de celui-ci.
À partir de la deuxième moitié de 1926, la tâche de la Banque de Pologne fut rendue beaucoup plus facile. Grâce à l’accroissement de la réserve de devises et à l’augmentation de l’émission des billets de banque, celle-ci a pu développer très considérablement son activité de crédit (l’augmentation est de 100 millions de zl. pour la seule seconde moitié de 1926).
La Banque cesse ensuite d’être la source essentielle du crédit en Pologne. Les institutions privées reprennent leur impor tance sur le marché. Avec le retour de la confiance, les dépôts y retournent aussi, ce qui leur permet d’augmenter le volume des crédits.
L’emprunt de stabilisation a fait rentrer des réserves énormes de devises à l’Institut d'émission; celui-ci devait, en outre, en vertu de la loi de stabilisation, augmenter de 75 millions de zl. ses capitaux propres (50 millions au capital social et 25 millions aux réserves). Une recrudescence d’activité de la Banque s’ensuivit.
Il faut toutefois noter, à partir de 1929, une diminution des réserves de devises de la Banque de Pologne. Ce phénomène s’accentue en 1930, malgré la balance commerciale favorable et malgré l’abandon de la thésaurisation en monnaies étrangères (baisse des cours des dollars-espèces au-dessous de ceux des devises). L’explication de cet état de choses qui se répercute sur la faculté de crédit de la Banque et entraîne des restrictions de crédit de sa part, se trouve dans le fait que la balance des comptes est devenue déficitaire; c’est ainsi qu’ont lieu les remboursements de certaines dettes de l'Etat ainsi que des dettes bancaires, en partie en rapport avec les échéances, en partie en rapport avec le rappel de fonds par les banques françaises (à la fin de 1930 et au début de 1931), par suite. des difficultés qui se sont manifestées sur le marché français. On signale également la diminution de la demande de nouveaux crédits de la part des banques, à lasuite dela crise
économique. En même temps, a lieu une diminution de nouveaux crédits en marchandises et le RO eNeement des anciens.
$ 2. Politique de crédit.
À) Crédits directs et indirects. — Il faut distinguer certains points caractéristiques dans la politique de crédit de la Banque.
Le rôle que les Instituts d'émission doivent jouer dans l’économie nationale d’un pays est fixé depuis longtemps : c’est celui de banque des banques. Leurs crédits doivent avoir uniquement le caractère de crédits de réserve. La condition sine qua non cependant d’une telle politique de la part de la Banque d'émission est, que le pays possède des banques fortes et un marché du crédit abondant et bien organisé. Ce n’était pas le cas de la Pologne; ici la Banque de Pologne, au début surtout de son activité, devait avoir, sinon l'exclusivité sur le marché du crédit, du moins un rôle essentiel dans l’approvisionnement de ce dernier, notamment, pendant la première période de son fonctionnement jusque et y compris le temps de la crise de la monnaie.
C’est seulement à partir dela deuxième moitié de 1926 et surtout après l’emprunt de stabilisation, que la B. P. commence à revenir à sa fonction normale qui est d’être la Banque centrale, le réservoir de crédit où les banques s’adressent au moment le plus opportun. Tandis qu’en juin 1925 les crédits de la Banque composaient encore le tiers de tous les crédits à court terme distribués dans le pays (sans compter les sociétés coopératives de crédit et les caisses d'épargne), la part de la Banque tombe :
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Le tableau ci-dessous nous montre la part des divers établissements de crédit à court terme dans la somme totale de ces crédits distribués! :
1. Rapports annuels de la Banque de Pologne. N'y sont pas compris les crédits des coopératives de crédit et des caisses d'épargne qui ont considérablement augmenté ces dernières années.