Rapports annuels de la Banque
Be La Banque n’a pas pu appliquer immédiatement et trop strictement cette restriction, comme elle l’avoue elle-même dans le rapport de 1930 (p. 21). La restriction en question fut d’ailleurs introduite à la fin de l’année et n’a pas pu encore aVoir une répercussion considérable sur les moyennes envisagées en 1930.
Ces
Lation de l’escompte des effets des agriculteurs à échéance de 6 mois au maximum (à partir de 1927), dont l'importance relative dans le portefeuille de la Banque s'accroît pendant ces dernières années.
Tout cela n’explique pas cependant des différences aussi importantes que celles qu'on relève dans les moyennes des différentes succursales de la Banque de Pologne.
Il est cependant certain que ces diversités des échéances, atteignant jusqu’à 250 % dans les premières années du fonctionnement de la Banque sont dues, en grande partie, à l’application de principes différents dans les différentes succursales. Cela cause une influence variable sur le marché de l’argent des différentes régions. La pratique des succursales qui n’escomptent que des effets à très court terme condamne les sphères économiques à recourir au crédit des escompteurs privés et de hasard, ce qui renchérit le taux d’escompte et crée ce phénomène intéressant, qui a donné un visage si particulier au marché du crédit polonais, que les sphères économiques ne sont pas en état d’utiliser le contingent de crédit qui leur est accordét.
Sans doute, les pratiques différentes des comités d’escompte jouent ici un certain rôle, mais il faut tenir compte également des relations commerciales et des usages qui varient dans les différentes branches de l’industrie, les différentes régions, ainsi que du degré de sécurité des crédits qui peut différer dans les diverses régions.
Il faut souligner surtout des différences très marquées de structure économique et de niveau de culture. Cest ainsi qu'il existe des régions économiques ayant un haut degré d’industrialisation à côté de régions nettement agricoles et de régions mixtes. La prépondérance plus ou moins grande de l’un ou l’autre genre d'économie dans ces dernières peut se différencier de même, dans une forte mesure. Les trois parties du pays et dans la partie russele Royaume du Congrès et les départements de l'Est se distinguent d’ailleurs encore considérablement entre eux, d’après le caractère de leur économie ct l'empreinte qu'y ont laissée les années où elles faisaient partie d'organismes différents.
Le problème d’une répartition régulière des crédits de la Banque de Pologne est d’une importance primordiale pour
1. Dr F. Zweig, La politique de crédit de la Banque de Pologne, p. 7.
tout le marché monétaire polonais et surtout pour la normalisation du taux de l'intérêt, qui est surtout élevé en province. Dans les conditions normales, la distribution des crédits, suivant l’urgence des besoins, se fait automatiquement. Actuellement, étant donné le fait que le taux d’escompte de la Banque de Pologne fait ressortir une prime très élevée par rapport au taux d'intérêt des autres institutions financières du pays et d’une façon encore plus accusée, par rapport au taux d'intérêt sur le marché privé, ce problème présente une importance Loute particulière. Une meilleure répartition de la même quantité de crédits aurait provoqué sur le marché de l'argent de tout le pays, un allègement beaucoup plus considérable que celui qui a lieu aujourd’hui. Cela aurait aussi son influence sur le taux d'intérêt qui aurait montré une tendance à la baisse beaucoup plus grande.
M. F. Zweig1 attire aussi l'attention sur le fait de l’inégalité dela distribution des crédits dans les différentes régions en 1924, inégalité qui provoqua une formation distincte des conditions de crédit dans les différentes régions économiques. Certaines régions furent favorisées au détriment des autres. Cela eut lieu surtout en ce qui concerne les avances sur gage.
C’est la région de Varsovie qui fut particulièrement favorisée. Le tableau suivant qui nous donne les pourcentages de la participation de la succursale de Varsovie dans la totalité des crédits accordés pendant l’année, nous montre cependant que sa part diminue continuellement dans les trois dernières années, avec une certaine reprise en 1930; cela est surtout visible en ce qui concerne les avances sur garanties.
1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 Effets — — — == == Es
ESCOMDLESN TN OUT AN SIM ONCE OR RL 7 A CRC Re RO RS Avances sur
garanties 482 00004 300 M IRON NEC TO DT AR AO ACER CES
Par ailleurs, on aperçoit une distribution de crédits irréguhère entre les régions économiques, industrielles, d’une part, agricoles et mixtes, d'autre part. La part des régions agricoles, auparavant bien négligée, augmente dans une plus forte mesure.
1. Zweig, F.. La politique de crédit de la Banque de Pologne, p, 17 et IR,
Tableau des différentes opérations de crédit de la Banque de Pologne
(en millions de zlotys).
171 bis 1924 de 19251 1926 1927 1928 1929 1930 Etat j au 27| Pendant| Au 31| Pendant|\ Au 31| Pendant| Au 31 Pendant | Au 31 Pendant| Au 31 Pendant| Au 31 Pendant| Au 31 avril toute déc. toute déc. loute déc. toute déc. toute déc toute déc. loute déc. 1924 l’année l’année l’année l’année l’année l’année l’année Escompte d'effets de commerce . | 110.7 946.2! 256.9| 1.761.9| 289.4| 1.738.6| 321.31 | 2.125.2| 456.02 | 2.980.9! 640.75 | 3.558.31" 704.24 | 3.128.0| 672.05 Avances/ sur garanties .......... 0.8 49.8| 23.9 19229) S6ER D? DAS 65.9| 40.9 en) MON OPEL 153.910 76.97 153.4! 86.3 3 | Achat de billets du Trésor 8 % — 8.8 8/1 ere lMele re LOTÉALMAlIOES 31.5 mn = = = | — == cr REPOS NM te ra er At = — ne a 36.8 44,5| 29.3 — == = Se ou | — == " | TOtA MEME RP RTE Do les che 111.5| 1.004.8, 288.9| 2.040.1| 380.7| 1.941.4| 367.5 2.222.6| 996.9 3.196.4| 731.9 SET 5 781.1 3.281.4| 758.8 | 1. Effets de commerce des agriculteurs à plus de 3 mois 4.3 millions de zl, 1.33 % e) Fa ce — 20.8 — AFDE M0 a = —— = 46.1 — FAR OMS 4, — — — 570 — 8-20 De — — — 46.3 — (ASIE 6. Au 30 novembre, 29.2 millions de zl, 7 au 31 décembre 1928
. Dans ce nombre des effets de commerce à plus de 3 mois
bre 1929 0.4 millions de z1.
, 9.4, au 31 décem-
$ 3. Autres crédits que le crédit d'escompte.
A côté des crédits d’escompte qui constituent la partie essentielle de son activité de crédit, la Banque de Pologne a développé encore quelques autres genres de crédits qu’elle trouvait indispensables à l’économie nationale.
Parmi ceux-ci, les avances sur titres, et plus tard sur effets de commerce à plus de 3 mois étaient le plus développées. Jusqu'à la fin de 1926 le volume de ces crédits ne pouvait pas être grand parce que les créances qui en résultaient n’entraient pas dans la couverture des billets. Dans la suite, malgré les limites très étroites assignées à ces crédits (20% au maximun du portefeuille d’escompte) ils ont pris une grande extension. Ces crédits s’accroissent très considérablement à partir de la deuxième moitié de 1927. Pendant l’année 1928 ils marquent même une augmentation de 122.9% qui est due en grande partie à l'émission très forte de lettres de gage et d’autres titres à long terme.
Etant donné le resserrement du marché national de l'argent ainsi que les faibles perspectives pour l’écoulement de ces titres sur les marchés financiers étrangers, la Banque de Pologne s’est trouvé inondée de demandes d’avances sur titres. Dans la mesure de ses possibilités, elle a satisfait ces demandes; elle était protégée cependant d’un accroissement exagéré de celles-ci aussi bien par ses statuts qui défendent l'augmentation de ces crédits au-dessus de 20% du portefeuille d’escompte, que par le besoin de liquidité de la couverture, étant donné le caractère peu liquide de ces prêts. Elle estime, en outre, que de tels prêts portent le caractère de crédits à long terme dont l'attribution n'entre pas dans son domaine; aussi ceux-ci ont-ils subi ‘une certaine diminution en 1929.
La Banque distribuait déjà en 1924 des avances gagées sur des effets de commerce provenant de l'Etranger, ayant une échéance à courir de plus de 3 mois et qui ne pouvaient pas, de cette façon, être réescomptées. Cela avait pour but de soutenir le commerce d'exportation polonais. Ce même fait eut de nouveau lieu en 1998, lorsque les banques se sont trouvées en possession d’un grand nombre d'effets de commerce provenant d'opérations faites à l’intérieur du pays à une échéance de plus de 3 mois. La Banque de Pologne in-
troduisit des avances à 6 mois sur ces effets. Celles-ci ont atteint, à la fin de 1924, la somme de 9,4 millions de zl. Par ailleurs, d'accord avec les autres banques et les industriels qui, de leur côté, essayent de réduire la longueur de l’échéance des effets circulant dans le pays, la Banque de Pologne avait liquidé, en 1929, ces avances, dont la somme totale, à la fin de 1929, est d'environ 0,4 millions de z1.
Pour faciliter l’afflux des capitaux étrangers et des devises, elle introduit en 1925 les crédits de report. Les devises en provenant ne faisaient pas partie de la couverture des billets. Ces crédits, étaient d’une grande utilité pour léconomie nationale, permettant de s’approvisionner à l'avance en devises nécessaires pour le remboursement des dettes à l'étranger. Les industriels pouvaient ainsi exclure de leurs calculs de prix de revient le facteur de spéculation. Malgré la grande importance de ces crédits pour la vie économique, la Banque de Pologne, se trouvant en présence d’une nouvelle baisse du zl. (en novembre-décembre 1925) les interrompit pour réduire (suivant l'explication officielle donnée de cette mesure) le pouvoir d’achat mis à la disposition du marché des changes. Ces mesures ont beaucoup nui à l’économie nationale et ont encore augmenté le désastre sur ce marché, où même les sphères éloignées de la spéculation étaient obligées de se livrer à celle-ci, si elles voulaient s’acquitter de leurs dettes, sans pertes trop importantes. La Banque de Pologne aurait dû maintenir ces crédits, à la condition que les devises introduites dans le pays servent à la production nationale. Elle avait les moyens de contrôler leur emploi et d’écarter les spéculateurs professionnels. Ces crédits ont été repris dans la deuxième moitié de 1926 et ont cessé avec la stabilisation de la monnaie de 1927.
Un autre genre de crédits qui a cessé avec la stabilisation de 1927, c’est celui des crédits d’escompte de billets du Trésor 8%. Ces crédits ont pris un grand développement en 1926. Ils ont cessé à la fin de 1927, lorsque fut réalisée la stabilisation légale du zl.
D'accord avec la politique économique générale du Gouvernement favorable à l’agriculture, la Banque avait commencé, à partir de la seconde moitié de 1998, la distribution de fortes sommes en prêts enregistrés sur gage de produits agricoles, forme de crédit instituée en 19281.
1. Ordonnance du Président de la République du 22 mars 1928 (Journal des lois, 1928, n 38). Augmenté à 60 9% en août 1930.
-Les crédits accordés par la Banque de Pologne à cet effet ne le sont pas directement aux agriculteurs mais uniquement par l’intermédiaire des établissements financiers. Pour que la forme de ces crédits corresponde aux exigences des statuts, les établissements distribuant ces prêts demandent aux emprunteurs, en dehors d’un engagement prévu par la loi, la remise d'effets de commerce que la Banque de Pologne reçoit à l’escompte. C’est ainsi que l'effet de commerce constitue l'engagement essentiel et le gage de produits agricoles enregistre seulement une garantie complémentaire.
Ces crédits entrent dans le contingent général des crédits d’escompte de la Banque de Pologne. Ils ne doivent pas dépasser les 50 % de la valeur en bourse des blés warrantés”.
La durée maximum du prêt est de 9 mois. Le remboursement est réparti de la façon suivante : un tiers payable après 4 ou 5 mois et le res‘e après 6 et 9 mois à compter du moment de l'obtention du prêt. Les effets de commerce reçus à l’escompte par la Banque à ce titre ne doivent pas dépasser 6 mois. Le taux d’escompte de ces effets est le même que celui de l’escompte ordinaire.
Les pourcentages d'utilisation de ces crédits ont pris une forte expansion, quoique celle-ci soit encore très faible. Les montants de ces crédits accordés et utilisés furent respectivement? :
Crédits Date ; accordés utilisés °, de (En millions de zl.) l’utilisation Au 31 décembre 1928 ............... 15.6 75 ASF, SHmdécembpre O2 OP PENCERErRERrE 54.9 35.6 6507 31 décembre LO30M NES NE CET 55 .4
En 1930 eut lieu pour la première fois, la distribution de prêts sur warrants, sur d’autres marchandises que le blé, forme de crédit qui, bien que prévue par les statuts de la Banque, n’avait pas trouvé d'application jusqu’à cette année. Le montant d’escompte en provenant ne fut pas encore très élevé.
1. Ordonnance exécutoire du 14 juillet 1928 (Journal des lois, 1928, n 72). 2. Rapports annuels de la Banque de Pologne.
DRE Nr cuue
$ 4. Portefeuille-titres de la Banque de Pologne.
Il faut, en dernier lieu, souligner l’activité d'achat de différents titres à long terme que la Banque effectue aussi bien pour son propre compte que pour le fonds de retraite de son personnel et les fonds de réserve.
Nous avons déjà dit que les modifications aux statuts effectuées en 1926 autorisent la Banque à acheter et à vendre pour son propre compte différentes valeurs. De même l’art. 76 des statuts primitifs de la Banque qui prescrivait le placement des fonds de réserve uniquement en titres d'Etat, avait ensuite été modifié dans ce sens que ce n’est plus que la moitié du fonds de réserve qui devait être placée de cette manière. C’est ainsi, que nous voyons dans le portefeuille du fonds de réserve toutes sortes de titres aussi bien d'Etat que des banques d'Etat et des autres institutions financières émettant des titres à long terme.
Comme nous le démontre le tableau suivant, le secours apporté par la Banque de Pologne au marché des capitaux par les placements en titres à long terme est très considérable et augmente dans une très forte mesure!. |
(en millions de 21.)
Porefeuille-titres de la Banque de Pologne Pourc.
| par rap.
| à l’année précéd.
Dale fonds de | fonds de | propres retraite réserve
décembre 1924