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La Revision de la Constitution

Le 27 novembre 1890, M. Janson développait sa proposition en termes mesurés. Inaugurant alors une tactique habile que le parli radical allait observer pendant toute la révision, il cherchait à placer la question au-dessus des préoccupations de parti cl affirmait avec une certaine affectation sa confiance dans l'esprit de justice de ses adversaires de droite comme de gauche. M. Beernaert, au nom du Gouvernement, engagea instamment ses amis politiques à prendre en considération la demande de rexlréme-gauche ; il évita cependant avec soin de se déclarer dès ce moment partisan de la revision et se contenta de dire que la question méritait dans les circonstances actuelles une discussion approfondie. C'est qu'une fraction importante delà

LE VOTB PIXIUI^

droiie restait encore obstincoical opposée à tOi modificatioa coastitulioDDelle et M. Woesl«, p lant, disait-il. au aom de la majorité du partiel servateur, prit soin de faire conoaitre qu'il réi lerait à toute tentative d'étendre ledroit de safFr: en dehors des limites de la Constitution. Les cb de la gauche doctrinaire qui avaient escompté nouveau refus de la majorité, prirent prétexte cette altitude réservée du Gouveroementet del't position Hianifeste de M. Woeste pour suspec lasincérité de M. Beernaerl. Finalement, aprèsp sieurs incidents personnels assez vifs entre la dro et la gauche modérée, la prise en considérafï fut adoptée à l'unanimité des 118 membres p sents.

Ainsi dès le premier jour se manifestaient i sentiments de défiance qui allaient empêcher toi entente entre les groupes cooservateurs. Lagauc doctrinaire, oubliant que dans une question e géant l'union des partis, il fallait abandonner tactique habituelle de l'opposition parlementai affectait de ne voir dans l'attitude du Gouti nement et de la droite qu'une manœuvre destin à mettre en relief les discordes existantes entre béranx et radicaux et à écarter ensuite la questi de la revision. Plus tard elle accueillera les pt positions du ministère comme autant de combin sons ingénieusement agencées pour assurer u majorité inébranlable au parti catholique/ et el se réjouira comme d'une victoire de tout échtifi subi par le Gouvernement dans ses tentatives

LE VOTE HLCB.

aciliatioQ. La droite, d'ailleurs, ne voulait voir

iaOs le zèle révisionniste de M, Frère-Orban et

ses amis, que le désîr de créer au ministère

graves embarras et l'espoir d'obtenir par la

lissolulion des Chambres une excellente occasion

reconquérir le pouvoir.

Les sections réunies de la Chambre firent à la [emaude de révision un accueil fort peu encoura- ;eant. La proposition fui rejetée dans six sections lut sept, et l'addition des résultais partiels donnait lix contre, 36 voix pour, et 17 abstentions. En réalité les membres de la droite qui s'étaient absnus ou qui avaient émis nn vote négatif, avaient moins voulu rejeter le principe de la revision que protester contre l'attitude des membres de la gauqui avaient refusé de faireconnattreensectioQs leurs idées sur le régime électoral à substituer au iDfi. Une question de tactique séparait en effet dés !e moment les divers partis. Mais l'œuvre de la reisioa une fois entamée, il était évident qu'il était mpossible de reculer. Aussi la section centrale ne t'arrêta guère à discuter l'opportunité de la revi- ;ioa el fit immédiatement porter ses éludes sur 'étendue des modifications k apporter à la Cons- Uution et sur les bases du nouveau régime électo- >al.

M. Beernaert invité à exposer devant la section centrale, le 10 mars 1891, les vues du Gouvernement, se déclara oettemenl favorable à la revision, mais en mettant une réserve à son adhésion. » Le Gouvernement estime, disait-il, que le moment

(1 est venu de décider qu'il y a lieu de reviser « Constilulion, maïs c'est toutefois à coodilioi u qu'en dehors de lout esprit de parti, un accor M BuffisaDt puisse s'établir sur les institutioos noi H veltes qu'il s'agirait d'indiquer au pays comi (( devant remplacer celles d'aujourd'hui. On i< comprendrait pas que l'on se mil d'accord po abolir, sausl'êlre aussi, au moins dans une c( " taine mesure, sur ce qui devrait être reconstruit, " Il est évident qu'il ne peut être question d'u " pacte que personne en ce moment n'a mission à « conclure et que le pays aurait en tout cas le dn « de désavouer. Mais la nation doit savoir où c « veut la mener; ceux qui sont en ce morne H responsables de ses destinées, doivent faire cm Il naître quel serait, d'après eus, le régime à él M blir, et l'on doit ressentir à ce sujet comme u K souffle d'entente et d'uoionO. »

Les membres de la gauche avaient unaoïm ment refusé au sein des sections de formuler d propositions de réforme électorale; mais ils n' laicnt pas tous guidés par les mêmes motifs. < serait, disaient les radicaux, sortir de notre missi( constitutionnelle : nous n'avons à décider qu'ui seule chose, c'est que le système aétuel t mauvais et qu'il faut l'abolir. L'œuvre de recon truction n'est point la nôtre; c'est aux Chambn élues après la dissolution qu'incomberont le poi

: centrule pnr M. de 3

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