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CARPE TE

La prospérité de la manufacture de Roubaix. — Conclusion.

Au cours des trois siècles qui font l’objet de notre étude, la prospérité de Roubaix ne cessa point de s’accroitre.

Il est aisé d'en suivre la marche ascendante de sa fortune dans les charges financières sans cesse plus lourdes auxquelles elle fit face ; dans le développement de sa population ; dans l'extension de ses débouchés ; enfin, dans les témoignages peu équivoques que nous ont laissé les contemporains de sa fortune.

Les sommes versées pour l’acquit des impôts que nous venons d'énumérer furent de plus en plus importantes.

Il n’est pas utile de passer en revue les impositions générales auxquelles subvenaient tous les manans. Il serait trop difficile d'évaluer la proportion dans laquelle y contribuaient les industriels. Notons seulement qu’en 1497 Roubaix a payé, pour « tout aide, 239 livres de

40 gros (1) ». En 1778, les « déclarations générales des taxes perçues à Roubaix » au nom du roi, des Etats de la province et de la commune, accuseront 20.453 florins, sans compter 44.375 francs d'emprunts dont on paie les intérêts à 3 1/2 et 4°/, (2).

Le total des sommes affectées à l’acquit des droits de scel est bien plus significatif.

En 1557, les égards chargés de la perception des droits de scel déclarent qu'ils ont reçu 324 livres. Aux dépenses, 320 livres.

Les débuts de la corporation ont créé un mouvement d'argent important. Mais pendant la première moitié du siècle suivant, le budget restera assez modeste :

Recettes : Dépenses :

LOI MNT RSR NTES RE TG TP vreS 165 RD LARMES TATRRESNREESIPALEOMIITTES GEO PE LOMRTSSAILIV ES UT PR DONEIVrES

Puis, le budget se hausse.

En 1669, gros procès avec Lille : Trois taxes sur les métiers subviennent aux frais du procès qui s'élèvent à 1.741 livres.

En 1679, aux recettes : 324 livres; aux dépenses : 226 livres.

(à) Archives de Roubaix, B. B., 16.

(2) Archives de Roubaix, G. G , 137.

Au XVIII siècle, la progression se poursuit :

En 1719, aux recettes : 1.188 livres; aux dépenses : 975 livres; par exception il y a un excédent de 113 livres. En 1729, aux recettes : 5.364 livres: aux dépenses, 5.855 livres.

Les droits de scel, doublés en 1721, ont été triplés en 1726 et ont conservé ce taux élevé. La raison principale est toujours la même. Il s’agit de subvenir aux frais des différends avec Lille. D'ailleurs, la même année 1729, le droit de scel de Mouvaux a été acheté pour 454 livres et on a dépensé, en outre, 2.800 livres en vue d'acquérir une maison pour l’égarderie (1).

Le budget de 1729 roulait sur 5 à 6.000 livres.

En 1749, aux recettes : 6.567 livres ; aux dépenses : 9.637 livres.

En 1763, aux recettes : 7.908 livres ; aux dépenses : 11.537 livres. Un essai infructueux de fabrication des velours de coton coûte 1 381 livres.

En 1767, aux recettes : 15.522 livres.

En 1772, aux recettes : 20.034 livres, dont 10.000 livres d'emprunt.

En 1775, aux recettes : 17.000 livres.

Du 6 août 1789, au D août 1790, les recettes tombent

subitement. Elles se chiffrent par 7.606 livres Les

a) Ce n’est, au reste, qu’un local provisoire. De 1150 à 1755, un nouveau bâtiment sera élevé et l’on paiera, par versements successifs, pour sa COns-

truction, 4.999 livres, puis 2.105. (V. Archives de Roubaix, H.H, 61, 63).

charges de la même année montent à 11.064 livres. Le déficit est de 3.457 livres « qui provient », dit le compte des Egards, « du traité de Commerce avec l'Angleterre ».

Lx fabrication avait, en effet, momentanément baissé à la suite du traité de Commerce du 26 septembre 1786 avec l'Angleterre. Mais, depuis le début de Ia manufacture jusqu'à ce moment, sa progression, comme viennent d'en témoigner les recettes, n'avait point cessé de se maintenir.

Comment établir cette progression ? Les comptes des Egards ne peuvent nous renseigner exactement sur ce point qu'à partir de 1703. C'est à cette date seulement que pour la première fois 1ls enregistrent au passage toute la fabrication. Jusque-là ils n’en ont scellé et connu chaque année qu'une portion, les étoffes autorisées par le placard de 1554 échappant à leur contrôle.

À partir de 1703, l'accroissement de la manufacture se maintint sans fléchissement. A cette date, 6.900 piècse sont soumises au scel. L'année suivante, on en compte 900 de plus, et, jusqu'en 1762, chaque année apporte un surcroit de 500 pièces sur la fabrication de l'année précédente.

La population, depuis le début de la fabrique, n’a pas non plus cessé de s’accroître.

104 feux sont signalés dans le dénombrement de

1469. Trente-cinq ans après, il y en a sensiblement plus que le double. En 1497, je trouve 260 feux (1). En 1543, le dénombrement en avoue 471.

À raison de 6 personnes par feux, ce srrait 2.826 habitants. On en trouve 3.363 en 1695, 4.715 en 1716 et 1.000 feux ou 6.000 habitants en 1726.

A cette date de 1726, dans une liasse reposant aux archives, se trouve un « modèle ou questionnaire pour la paroisse de Roubaix +. J’y ai trouvé les mentions suivantes : « Manufacture considérable d'étoffes qui » occupe au moins les deux tiers des habitants et dont » les produits sont vendus en France et envoyés en » Espagne et aux Indes. »

« Les habitants sont naturellement laborieux et - industrieux pour imiter toutes sortes de imanufac- » tures de l'étranger >.

Roubaix commence à faire bonne figure dans la région. En 1764 (2) le dénombrement de Roubaix porte le nombre de ses habitants à 7.489

Notons bien qu'il s’agit ici non pas du district manufacturier de Roubaix, mais de la paroisse elle-

même.

Les débouchés, pendant ces trois siècles, sont

Gi) Les dénombrements et les suivants sont tirés de la série B B. des Archives de Roubaix, N° 16, composées d’une liasse de 25 pièces, papier ; 4 sont imprimées.

(2) Archives de Roubaix, B. B., 17.

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