‹ L'organisation du travail et l'associationChapitre 8 sur 15 · DES STIBSULAM'S DE L'HOMUE ET DE LEUR MISSION · texte numérisé non relu

DES STIBSULAM'S DE L'HOMUE ET DE LEUR MISSION

« Dans la recherche éminemment importante dont nous allons nous occuper, n'oublions pas qu'il faat entendre par stimulant tout besoin, tout désir, toute aspiration déterminant la volonté.

« Nous avons vu les animaux accomplir leurs tâches sous rimpulsion de leurs stimulants; nous devons croire à priori que les stimulants donnés à l'homme ont également pour mission de le pousser vers l'accomplissement. de sa destinée; en effet, dans quel autre but auraient-ils été créés? Et d'ailleurs, si le grand économe n'emploie, pour former tous les corps bruts, créer et conserver les mondes, soutenir et guider les soleils dans l'espace, qu'une seule force, l'attraction physique, on ne peut douter qu'il n'ait fait assez complète, assez compréhensive cette autre force que nous nommerons attraction passionnelle , par opposition à la première, pour suffire à entraîner le genre humain au but assigné par sa toute-puissance.

« J'espère, en étudiant cette loi d'amour qui conduit par l'attrait les créatures vivantes, prouver à posteriori la raison d'être de tous nos stimulants et leur rapport parfait avec la destinée humanitaire.

« Indépendamment des instincts dont nous avons parlé et de plusieurs autres dont nous parlerons plus loin, instincts que nous ne rangeons pas dans fa catégorie des stimulants, vu qu'ils ne se montrent qu'accidentellement ou seulement chez un petit nombre d'individus, l'homme a pour mobiles

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principaux de ses actions, treize stimulants, cinq sensilifs et huit auimiques.

« Les cinq stimulants scnsitifs répondent au besoin de satisfaction des cinq sens : voyons leur utilité.

« Les hommes éprouvent tous le désir de satisfaire leurs sens, mais non tous de la même m»aière : ce qui platt à l'un déplaît à l'autre. Bt Dieu a voulu cette différence dans les goûts de l'homme, a6n que rien ne fût négligé dans notre vaste tâche, afin que rien ne fût perdu au grand banquet au^ quel nous sommes conviés.

« Nos sens, comme toutes nos autres facultés, «ont perfectibles par l'exercice. Le Créateur nous iliit connaître par là qu'il veut que nous exercions toutes ces facultés.

« Nos sens deviennent plus exigeants à mesure qu'ils trouvent les moyens de se satisfaire ; et il en est évidemment ainsi afin que nous soyons excités sans cesse à tout perfectionner : nos campagnes et presque tout ce qui nous environne» par les exigences de la vue ; les langues, la musique, par les exigences de Voùie; les fleurs, par celles de l'odorat; les fruits, les plantes, les animaux, par celles du goût; nos vêtements et nos habitations, par celles du tact.

• Les huit stimulants animiques sont :

« Le sentiment religieux, stimulant par excellence, formé de la réunion de tous les autres stimulants, comtne le rayon blanc est formé de tons les rayons colorés du spectre solaire.

« Puis quatre affectifs, Vamitié, Vamour, l'amour de la famille et l'ambition,

• Enfin trois distributifs, V enthousiasmé^ h besoin ék rivalisé et le besoin de changement.

« Nous allons examiner succes^ir^ment ces huit stimulants et rechercher leurs raisons d^étre.

« L^omme désire la richesse qui lui procure les moyefns de satisfaire ses besoins ; il désire la santé sans laquelle il n'y a point de jouissances complètes id-bas; en un mot, l^omme désire le bonheur vers lequel il tend de toutes les forces de son Âme. Néanmoins il n*est pas né égoïste ; car il ne peut être parfaitement heureux qu'à la condition que sa famille, ses amis, le genre humain entier le soient également; les douleurs d^autrui, celles des animaux eux-mêmes, le font souffrir. L'homme sent et aime la justice, Tordre, le beau, le vrai ; il désire être en harmonie avec la création entière, avec le Créateur ; en un mot, il est doté du sentiment reliaieux [çfui relie] qui relie l'homme à l'humanité et à Dieu.

« Ce stimulant est sans contredit le plus noble, le plus sublime des attributs humains; il nous sépare d'une manière tranchée de toutes les autres créatures terrestres.

« Une des missions du sentiment religieux est certainement de porter l'homme à faire régner Tordre dans tous ses travaux , et la justice dans tous ses rapports avec ses frères.

« Les trois premiers stimulants affectifs, l'amitié , l'amour, l'amour familial , ont , entre autres missions , celle de nous porter à redoubler d'ardeur dans nos travaux par le désir de plaire aux personnes qui nous sont attachées par un de ces liens si doux. Qui ne sait, en effet, combien de prodiges et de aévonements ces passions ont fait éclore dans tous les temps!

• Ils nous sont donnés aussi , par l'inépuisable bonté du Créateur, pour répandre un charme infini

sur tous les instants de notre vie. Pourquoi faut-il, hélas! que le chaos dans lequel se débat la société fasse porter des fruits si amers à ces présents d'une ineffable douceur!

« On le comprend facilement, ces stimulants devaient être passagers chez les animaux , puisqu'ils avaient des missions passagères à faire accomplir ; la brute, en général, ne devait pas même connaître la face animique de Pamour qui lui était inutile ; chez rhomme, au contraire, ces stimulants, chargés de le pousser à un travail qui dure autant que sa vie, devaient être permanents ou du moins se succéder, et, pour ainsi dire, se compléter Tun par l'autre; par conséquent, dès gue l'un de ces stimulants s'affaiblit, un autre doit croître proportionnellement, afin que l'homme se sente excité sans interruption à se distinguer par le désir de plaire à un objet aimé , afin que son cœur ne demeure jamais vide.

« C'est aussi ce qui a lieu : l'amitié prédomine dans notre enfance, l'amour dans notre jeunesse, l'ambition dans notre âge mûr, et l'amour familial dans notre vieillesse. Ce n'est pas à dire pour cela que plusieurs stimulants affectifs ne puissent se partager notre cœur. Loin de là. Plusieurs y régnent ordinairement en mémo temps. Il y a même des individus d'un caractère privilégié et de haut titre, où tous quatre commandent avec force : tel était notre bon Henri lY, qui doit sans doute à ce besoin puissant d'affection d'avoir laissé un nom qui sera cher longtemps encore au peuple le plus sympathique de la terre.

« Nous parlerons plus longuement tout à l'heure de l'ambition.

« Les cinq stimulants sensitifs et les trois affeq-»

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tifs dont il vient d'être question sont évidemment chargés de nous pousser au travail et d'exciter notre ardeur. Mais rien jusqu'à présent ne nous dit comment nos travaux doivent être organisés pour que notre tâche soit remplie d'une manière conforme aux vues du Créateur. Cependant si l'humanité entière doit prendre part à l'œuvre prodigieusement complexe qui lui est confiée, il est indubitable qu'elle ne doit pas se livrer à cette œuvre confusément et sans ordre; car Dieu, l'harmonie suprême, qui a bien pris soin d'ordonner le travail chez les castors, les abeilles, les fourmis et autres animaux vivant en société, n'a pu vouloir le désordre et la confusion dans le travail par excellence, celui qui continue en quelque sorte rœuyre divine, la création sur la terre.

« Il est évident, d'ailleurs, que si le travail humanitaire devait être toujours incohérent, si la société devait voir indéfiniment ses travailleurs se faire une guerre acharnée, impitoyable. Dieu, qui ne fait rien d'inutile, n'eût pas mis en nous le sentiment et le besoin de l'ordre.

« Ainsi , nous n'en pouvons douter, la Providence veut voir régner Tordre sur la terre. Et pour découvrir comment elle entend l'y introduire, procédons comme nous l'avons fait quand nous avons voulu connaître la volonté du Créateur à l'égard de la créature, étudions les besoins qu'il a mis en elle.

« Nous allons donc fouiller de nouveau dans le cœur de l'homme. — Je prie le lecteur de redoubler ici d'attention, car nous allons parler de stimulants puissants, incompressibles, indomptables; regardés, jusqu'à ces derniers temps , comme des défauts, des vices par les philosophes et les mora-

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listes qui, ne découvrant pas leur utilité, la niaient. — Bien moins sages en ce point que les médecins qui ne niaient pas l'utilité de la rate dont ils ne pouvaient cependant trouver la fonction.

* Ces stimulants dont nous voulons parler sont les trois animiques que nous avons nommés distributifs, à savoir : V enthousiasme^ le besoin de rvofh UU et le besoin de changement. Ces stimulants sont nommés distributifis parce aue leur mission incontestable est de distribuer, d'organiser le travail.

« Mais avant de le démontrer, nous devons faire remarquer que Dieu, ayant créé l'homme éminemment sociable, nous montre par là qu'il ne veut pas qu'il travaille dans l'isolement. Nous avons d'ailleurs besoin à chaque instant les uns des aa« très, et nous ne pouvons satisfaire aucun de nos stimulants animiques sans le concours d'un ou de plusieurs de nos semblables. Le besoin de nous réunir, que nous nommerons amour du groupe, est inhérent à notre nature : en tous lieux, en tout temps, sauvage ou civilisé, jeune ou vieux, riche ou pauvre, savant ou ignorant, l'homme rec(ierche la société de Phomme pour partager ses travaux ou ses plaisirs. « 11 n'est pas bon aue l'homme soit seul, » dit l'Écriture en plus d'un lieu.

« Le plus grand divertissement cesse de plaire s'il n'est pas partagé : la jeune fille qui aime le bal avec le plus de passion ne danse pas longtemps si elle est seule dans sa chambre, et par contre le

Î>lus rude labeur se trouve considérablement alégé quand il se fait de compagnie. Les troupes en campagne, par exemple , surmontent allègrement des fatigues auxquelles succomberaient des individus isol^.

« L'homme privé du contact de l'homme s'en-

nuie et s'étiole. Si l'isolement est complet et proloDgé, il devient idiot ou fou. Les essais de cellules solitaires dans les prisons nous ont révélé ces funestes effets de la compression de l'amour du groupe.

« Ôe besoin est donc Tun des plus violents de l'homme, et, afin qu'il ne soit pas stérile, le Créateur nous a fait présent d'un instrument admirable, la parole, qui ne peut évidemment servir qu'à nous communiquer nos pensées, afin que nous concertions et combinions nos efforts.

« Et le besoin du groupe était nécessaire ; car, réduit à ses forces individuelles, l'homme ne pouvait accomplir ni même entreprendre sa haute mission.

« On ne saurait donc le méconnaître : Dieu entend que les hommes se réunissent pour travailler. Cette vérité , au reste , ressortira d'une manière plus frappante encore de l'examen de nos stimulants distributifs.

« Si nous ne comptons pas le besoin du groupe au nombre des stimulants de l'homme, c'est qu^il n'est qu'un moyen, mais un moyen indispensable à la satisfaction de ses stimulants animiaues.

« Étudions maintenant les trois stimulants distributifs, et tâchons de découvrir dans quel but le Créateur les a donnés à l'homme.

« V enthousiasme est ce charme que trouve à l'exécution d'une œuvre quelconque une réunion d'hommes passionnés pour une même pensée , marchant vers un même but. Ce stimulant, agissant sur des masses, donne une puissance surnaturelle aux efforts de l'homme ; il centuple les forces des armées et leur fait surmonter tous les obïjtacles avec une merveilleuse rapidilô ; il fait

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opérer des prodiges aux travailleurs réunis à la hâte pour arracher à une mort affreuse un Coffin ou un Dufavel ; il soutient l'ardeur d'une population occupée à éteindre un incendie, ou à réparer des digues dont la rupture occasionnerait de ter» ribles inondations.

« ^enthousiasme qui galvanise avec la rapidité do l'électricité les hommes assemblés, mémo dans nos théâtres pour applaudir un artiste chéri ou utl chef-d'œuvre dramatique , nous prouve d'une manière irrécusable que le Créateur entend que nos travaux soient exécutés par des masses de travailleurs ; car, je le demande , dans quel autre but le grand économe aurait-il attaché aux réunions nombreuses cette étonnante propriété d'accroître dans une immense proportion les résultats obtenus par le travail collectif?

« Si les travailleurs doivent opérer par réunions nombreuses, ces réunions seront-elles désordonnées et confuses? Non, sahs doute; Dieu, l'harmonie même, ne saurait vouloir le désordre, je le répète ; et les stimulâtits qui nous restent à exammer vont nous fairô connaître l'organisation des masses de travailleurs voulue par le Créateur.

« Le besoin de rivalité est ce besoin d'intrigue, de lutte, qui porte l'individu, l'escouade, le bataillon, à redoubler d'efforts, à faire parfois des prodiges pour surpasser, pour vaincre les individus , les escouades , les bataillons rivaux. Ce stimulant est en quelque sorte l'opposé de l'enthousiasme, besoin de ralliement.

« Le besoin de rivalité, dans tous les temps, crée l'esprit de corps et les jalousies nationales, excite les divers régiments , les diverses compagnies d'une àrméè, tes pousse à faire des miracles d»j

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valeur afin d'acquérir une réputation supérieure à celle des autres régiments, des autres compagnies. Le besoin de rivalité rendait invincibles les grenadiers de la garde imnériale ; il soutient encore Tardeur des écoliers et des artistes.

« Le besoin de rivalité, ayant été donné à l'homme pour exciter les individus et les groupes à se surpasser les uns les autres, ne peut être utile et pousser au perfectionnement de toutes les industries qu'autant que les travailleurs passionnés pour un même but seront organisés. Hors de là, ce stimulant engendre des désordres de toute espèce. Voilà pourquoi il produit beaucoup plus de mal que de bien dans nos société actuelles, où, ne trouvant pas à se satisfaire utilement, il nous entraîne, aveo plus ou moins de violence selon qu'il est plus ou moins véhément chez chacun de nous, vers les jeux , la lecture des romans, les spectacles de toute sorte, les caquets médisants, toutes choses qui ne sont en effet que luttes et intrigues.

« J'insiste et je dis : le Créateur entend que les hommes se réunissent en groupes pour exécuter leurs travaux ; car il leur a donné Vamow du groupe. Le Créateur entend aussi que les groupes de travailleurs soient en rivalité; car il leur a donné Venthousiasme et le besoin de rivalité. Or, comme la rivalité se manifeste entre des escouades seulement quand elles sont réunies en compagnies, et entre des compagnies quand elles sont formées en bataillons, nous devons conclure que Dieu veut cette organisation hiérarchique des travailleurs.

« Un stimulant affectif, Vambition, dont il nous reste à chercher la raison d'être, va nous confirmer la nécessité de cette organisation.

^ L'ambition [nous entendons par là celte soif

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de gloire el d'honneur, ce besoin qui pousse Thomme à faire parler de soi et à rechercher les distinctions], l'ambition était nécessaire pour nous porter aux grandes entreprises, pour aonner des chefs aux travailleurs et les soutenir dans leurs pénibles tâches. Mais, on ne peut en douter, ce puissant mobile n'a pu être donné à Thomme par la bonté suprême que dans la prévision d'une organisation hiérarchique des travailleurs puisque, hors de là, il est une cause incessante de perturoations pour la société et de déceptions pour les individus. Ainsi, dans notre milieu inorganisé, n'offrant aucun moyen de reconnaître la valeur des individus, et permettant rarement, même aux capacités hors ligne, de se |)lacer au rang qui leur appartient ; dans notre société, disons-nous, les essors faux, les effets subversifs de Vambition, sont mesquins et ridicules quand ils ne sont pas dangereux ; ils sont parfois si horribles qu'il n'est pas sans exemple que des hommes aient commis le crime pour attirer un instant l'attention publique.

« C'est encore évidemment en vue d'une organisation hiérarchique que Dieu permet que les masses se passionnent pour certains chefs, représentants les plus complets de la pensée commune, et que l'enthousiasme de ces masses aille jusqu'à sacrifier leurs vies mômes pour obtenir un regard ou un mot d'approbation de ces chefs, leurs idoles.

• Il est donc impossible de neoas le reconnaître, le Créateur veut que les travailleurs soient enrégimentés, c'est-à-dire organisés en escouades, compagnies et bataillons, exécutant leurs travaux sous la conduite de chefs hiérarchisés.

« Il nous reste à découvrir la mission du troisième stimulant dislribulif, le besoin de chaiigc'

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menty qui porlé rhomine à varier ses occupations 3t ses plaisirs.

« Le besoin de changement existe, comme tous es autres stimulants, chez chacun de nous, mais i doses bien différentes. II est tellement développé chez certames personnes qu'un plaisir proongé durant quelques heures aevient pour elles an supplice.

« Ce stimulant, comme les précédents, cause de ^ands désordres physiques et moraux lorsqu'il 10 peut s'exercer, témoin tanc de personnes pour lesquelles une occupation toujours la même devient insupportable au point que, pour s'y soustraire, Biles négligent leurs devoirs les plus essentiels, Biles compromettent leurs plus chers intérêts : témoin les maladies nombreuses et les difformités dont sont accablés les travailleurs de tous les métiers dans lesquels le besoin de changement se trouve comprimé.

« Les méaecins le savent : de nos jours, chaque état engendre des maladies particulières, et avec un peu d'habitude il est facile de reconnaître à la forme des membres, à la pose et à la démarche d'un individu, quels sont ses travaux journaliers : preuves certaines que ces maladies et ces diffor-, mités sont les cuites du manque d'équilibre des organes, causé par l'excès ou le défaut d'exercice de quelques-uns d'entre eux.

• Ce stimulant fait aujourd'hui le malheur d'une foule de personnes ; il était cependant nécessaire pour exciter l'homme à exercer, et par conséquent à perfectionner tous ses organes, a cultiver et à développer toutes ses vocations, que le Créateur lui a données nombreuses afin qu^il ne demeorftt jamais oisif.

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• En mettant en nous le besoin de chanffeinent^ Dieu nous fait connaître bien clairement qu'il veut que nos travaux soient variés, alternés ; car il est impossible d'assigner à ce stimulant une autre raison d'être, de découvrir un autre moyen de l'utiliser.

« Nous croyons à propos, avant de conclure, de grouper les diverses propositions que nous avons successivement démontrées : leur réunion rendra leur évidence plus sensible.

•Nous avons fait voir que le Créateur accorde à toutes les créatures les instruments matériels, intellectuels et passionnels dont elles ont besoin pour remplir leurs tâches, et qu*il ne leur en d<Mine aucun d'inutile, et, à plus forte raison, aucun qui puisse les entraver dans l'accomplissement de ces tâches.

• Nous avons fait voir que la tâche terrestre d9 l'humanité est de gérer sa planète ; de créer, par son travail, l'abondance nécessaire à la satisfaction de ses besoins. Nous avons reconnu que, dans cett^ tâche immense, chaque homme est destiné à des détails spéciaux appropriés à ses vocations natives.

« Nous avons aémontré ensuite que l'humanité a été pourvue des forces et des instruments nécessaires à sa mission ; que les exigences des cinq sens sont les mobiles, les stimulants chargés d'utiliser ces instruments et ces forces ; car si l'homme n'éprouvait pas de besoins, il resterait immobile, inerte, comme un rocher.

m Puis, passant au mode d'exécution de l'œuvre humanitaire, nous avons démontré, en premier lieu, que tous les hommes doivent prendre part à cette œuvre, car la coopération de tous y est nécessaire ; autrement Dieu aurait créé des nommes inutiles et ne serait plus économe de ressorts;

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ôt d'ailieiirg éprouvant tous des hosoin.-i, la justice exige que tous nous participions aux travaux indispensables à la production dos moyens de sa< li^ire ces besoins.

« Nous avons vu, en socond lieu, que le Créateur veut l'association des travailleurs, puisqu'il leur a fait don de la parole, puisqu'il accorde des aptitudes différentes à chacun d'eux et donne à Tassociation une puissance immense.

• Noua avons mit voir, en troisième lieu, que Dieu nous excite à redoubler d'efforts dan$ nos travaux, en nous inspirant le désir de plaire aux personnes que nous aimQUS d'amitié, d'amour et d'amour familial.

• L'association de tous les hommes pour l'œuvre humanitaire étant bien démontrée, nous nous sommes demandé quelle organisation devait ordonner cette infinité de travailleurs; car, avonsnous dit, Dieu ne peut vouloir le désordre, la confusion dans le travail p^r excellence, et, s'il nous fuit aimer l'ordre et la justice, c'est apparemment afin que nous les fassions régner en toutes choses.

«Alors, passant en revue les stimulants que nous avons reçus, nous avons raisonné ainsi :

« Dieu nous a donné Vamour du groupe, donc les travailleurs doivent être réunis en groupes plus ou moins nombreux.

«Mais évidemment, avons-nous dit, les groupes de travailleurs^ sous peine de désordre, ne peuvent être isolé?, indépendants les uns des autres : quelle est donc la loi de leur union?

« Et considérant que la Créateur nous a donné Vemhousiasme, le besoin de rivalité et Vamhitiony trois stimulants utiles seulement quand ils agissent sur des groupes reliés entre eux hiérarchi-

quement, et sources de désordres et de perturbations innombrables partout ailleurs, nous avons ^té forcé d'en conclure que les groupes ou escouades de travailleurs devaient être réunis en compagnies, formant par leur réunion des bataillons, etc., et que ces divers groupes devaient recevoir Timpulsion de leurs chefs respectifs.

« Nous avons prouvé enfin que les travailleurs doivent varier leurs travaux, puisque le Créateur nous a inspiré le besoin de changement, puisqu'il a fait présent à chacun de nous de plusieurs vocations, de plusieurs aptitudes, puisqu'il a doté nos organes et toutes nos facultés de l'admirable propriété de se perfectionner, mais à la condition expresse que ces présents de sa bonté ne resteront pas inactifs.

« Mais si Dieu veut que nous associions nos efforts pour produire, il aoit vouloir aussi que nous nous associions pour consommer les produits obtenus; car Dieu est économe de ressorts, et l'association est la source de toute économie ; car Dieu aime également tous ses enfants, et l'association seule peut mettre à la portée de tous les hommes tous les produits, toutes les iouissances ; car Dieu est juste, et l'association seule permet d'établir la justice dans la répartition des produits, c'est-à-dire permet de les distribuer proportionnellement à la part que chacjue travailleur a prise à la création de ces produits par son travail, son talent et son capital, les trois éléments de toute production, tl est si évident enfin que le Créateur veut l'association dans la consommation, qu'il donne à chacun de nous des besoins, des goûts différents dans tonte espèce de consommation : nourriture, vêtement, logement.

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Vous le voyez donc, messieurs, dil le professearen mettant son manuscrit dans sa poche, vous le voyez, j'avais bien le droit d'affirmer que Passociation intégrale, jointe à une organisation régimentaire des travailleurs et à la variété, à Taltemance des travaux, constitue la forme sociale en vue de laquelle Thomme a été créé avec les besoins et les penchants que nous lui connaissons.

Plusieurs auditeurs ayant témoigné le désir de faire quelques observations, on convint de se réunir à la môme place après que chacun aurait donné deux heures à ses affaires.

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