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IV. —- Application à l’Algérie

En fait, aucun de ces systèmes n’a jamais été appliqué d’une façon absolue parce que la pratique s’accomode mal de principes trop rigoureux.

Chacune de ces formules : Assujettissement, Assimilation, Autonomie indique seulement une préférence de l'esprit sous l’empire de laquelle les hommes politiques ont agi lorsque, en prenant telles ou telles mesures, ils ont orienté dans tel ou tel sens la politique coloniale de leur pays (1).

(1) A. GIRAULT. — Principes de Colonisation et de Législation coloniale, 1927.

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S'il est déjà difficile de déterminer pour une possession quelconque, lointaine, le système de politique coloniale qui lui convient, combien cette difficulté s’accroit-elle quand il s’agit d’un pays comme l'Algérie, placé dans une situation toute particulière qui permet à certains de le considérer comme une Colonie et à d’autres de ne voir en lui que le groupement de trois département français.

Cette diversité d’opinions révèle la complexité de la question qu’on ne saurait trancher sans rechercher tout d’abord ce qu’est l'Algérie.

L’ALGERIE est-elle une COLONIE ?

« L'idée fondamentale, qu’il ne faut jamais per- « dre de vue, est que l'Afrique mineure appar- « tient beaucoup plus au monde méditérranéen, « qu’au monde africain » (1).

Située à quelques 700 kilomètres des côtes de Provence, l'Algérie, par sa formation géologique, par son climat, par les productions de son sol, se rapproche de l'Espagne, de l'Italie et du Midi de la France.

On ne peut donc pas la confondre parmi les Colonies Françaises. Il n’est pas possible, non plus, de la considérer comme le prolongement de la France.

Sa situation géographique et plus encore sa formation ethnique et son développement économique lui donnent une personnalité propre.

Ainsi que l’écrivait M. Jonnart, « l’Algérie n’est « pas une Colonie dans le sens habituel du mot, < non plus qu’une simple agrégation de départe- « ments français, le régime qui lui convient n’est < pas l’assimilation et ce n’est pas l’autonomie. »

(1) GiRAULT. — Op. cit., t. 4, page 1.

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