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reçu aucun développement au cours des huit derniers exercices et bien souvent avaient été ramenés au-dessous du niveau de 1884.
« Il est difficile, disait-il, de ne pas voir dans « cette réduction persistante, l'indice d’une volonté « bien arrêtée du Parlement; manifestement les « Chambres françaises sont résolues à ne plus ac- « croître les sacrifices de la Métropole en faveur « de sa Colonie. »
Déjà l’année précédente, M. Tirman, Gouverneur Général, ayant fait les mêmes constatations, avait proposé d’affecter les recettes algériennes aux dépenses algériennes, jusqu’à concurrence de 50 millions, chiffre jugé nécessaire pour assurer la marche normale des services, et de partager par moitié entre la Métropole et la Colonie, l’excédent des recettes sur les dépenses.
Ce projet ne prévoyait aucune participation des pouvoirs locaux dans le vote du budget : les recettes et les dépenses continuaient a être votées par le Parlement. Il impliquait seulement la création au sein du budget général, d’un budget annexe, d'un compte spécial en faveur de l'Algérie.
Cette conception fut rejetée comme contraire au principe de l’unité budgétaire.
À la même époque, en Mars 1891, à la suite d’une interpellation, le Sénat décida la nomination d’une Commission d'enquête présidée par M. Jules Ferry. Celui-ci produisit un remarquable rapport sur « l'Organisation et les attributions du Gouvernement Général », dans lequel il se déclarait l’adversaire du régime des rattachements.
Le Sénat ratifia ces conclusions le 20 mai 1893,
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mais les Ministères se succédèrent cependant sans que la moindre modification intervint.
Ce n’est qu’en 1896, à la suite d’un vote de la Chambre condamnant le système édifié en 1881, que le Gouvernement ouvrit l'ère des réformes par le décret du 31 décembre 1896 qui fortifiait les pouvoirs du Gouverneur et revenait à l’organi-
sation d'avant 1881.
La situation de l’Algérie à cette époque n’était pas brillante,
D'une part, la Métropole manifestait par une réduction persistante des crédits, son intention de ne plus accroître ses sacrifices; d’autre part, l’Algérie réclamait pour son développement économique des crédits de plus en plus importants.
Condamnée à vivre au jour le jour, l’Algérie ne pouvait rien entreprendre. Depuis 1879 on n'avait pas tracé un seul kilomètre de routes nationales, ni augmenté, si peu que ce soit, le réseau de chemin de fer. En ce qui concerne les barrages, les canaux d'irrigation, les puits artésiens, les projets se succédaient, sans qu'un seul fut réalisé. Les forêts ne pouvaient être exploitées faute de moyens de transport. Bref c’était l’arrêt en pleine croissance d’un pays dont on risquait de compromettre l'avenir et qui ne demandait cependant pour prospérer, qu’une plus grande liberté financière.
Une conception nouvelle surgit alors, celle de doter l'Algérie d’un budget spécial qui s’équilibrerait en dépenses et en recettes, et dont la Colonie aurait la libre disposition, sous le contrôle du Gouvernement et du Parlement Français.
La Colonie se trouverait, disait-on, « encouragée » à apporter plus d'économie dans ses dépenses. Elle aurait la libre disposition des plus-values
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de ses recettes et cette perspective l’engagerait peutêtre même à s'imposer des taxes nouvelles quand elle serait sûre d’en bénéficier pour ses propres dépenses. Enfin pourvue d’une sorte de personnalité civile, elle pourrait contracter les emprunts nécessaires à son développement économique.
Les objections ne manquèrent pas; on craignait surtout en dotant l’Algérie de finances autonomes de l’acheminer vers une autonomie plus complète, sinon vers la séparation.
Cependant l’urgence d’une réforme s’imposait et l’érection de la Colonie en personne morale, pourvue d’un budget spécial apparaissait comme la solution logique, fatale, du dissentiment qui divisait l’Algérie et la Métropole.