‹ L'Organisation Municipale d'AvignonChapitre 6 sur 39 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Elle se place à la veille immédiate de l’annexion qu’elle prépare et qu’elle justifie, pour ainsi dire, par l'évolution des événements politiques.

Tel est du reste le but de notre travail qui sera d’abord d'examiner d’un coup d'œil rapide ce que fut à travers l’histoire du moyen-âge l’Etat d'Avignon et de noter ses tendances, toujours hautement accusées, vers l'indépendance.

Les franchises municipales obtenues dès l’origine furent en effet sans cesse défenduées contre les maîtres du moment et les avignonais n’acceptèreut bénévolement pour les gouverner aucun représentant de lautorité souveraine sans lui avoir fait reconnaître leurs privilèges et leurs libertés.

La codification de ces libertés et de ces privilèges dans les statuts successifs qu'ils rédigèrent pour en faire leur charte intérieure, nous permettra de suivre l’évolution progressive.

Et enfin, après avoir étudié en détail l’organisation municipale sous l'empire des statuts édités en 1698, les derniers en date, nous serons amenés à démontrer que le souffle puissant de la Révolution trouva dans Avignon un terrain tout conquis et que c’est encore ce culte ancestral de! indépendance, joint à la réprobation des abus, des dilapidations et des tares d’un régime désuet, qui fit se jeter cette ville dans les bras de la France, en secouant le joug pontifical.

Nous ne saurions, avant de clore cet exposé, manquer d'exprimer nos sentiments de gratitude pour le si aimable concours que nous avons trouvé au cours de nos recherches auprès de MM. Duhamel, archiviste du département de Vaucluse, et Girard, conservateur de la bibliothèque d'Avignon et du musée Calver, deux paléographes savants et distingués ainsi que leur collègue et confrère M. H. Chobaut, conservateur du musée et de la bibliothèque de Carpentras, qui met au service dé sa grande érudition une inépuisable complaisance à laquelle nous devons beaucoup. Leur expérience, leur documentation, leur science nous ônt été précieuses et nous ont fait davantage apprécier la profonde justesse du vieux proverbe : Un qui sait, vaut mieux que cent qui cherchent.

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