‹ L'Organisation Municipale d'AvignonChapitre 9 sur 39 · INTRODUCTION S · texte numérisé non relu

INTRODUCTION S

les historiens Provençaux contemporains, comme Lambert (1), ou plus récemment Portal (2) et Duhamel (3):

Leur manière de voir, vivement combattue pour notre province même (4), ne paraît pas justifiée en fait. Elle est aujour-

. d'hui généralement abandonnée.

Un certain doute peut subsister encore pour quelques grandes villes, si l’on se retranche, comme les détenseurs de la théorie de l’origine romaine, derrière le manque de documents, et si l’on voit comme eux une signification exagérée dans la survivance des noms.

Toutefois, les évêques, qui occupent assez souvent une place importante dans le consulat (Arles, Avignon), ont probablement gardé une partie des pouvoirs que leur avait valu sous le bas-empire la qualité de defensor civitatis.

Certaines municipalités de cette époque n'ont disparu que tardivement et les invasions des barbares qui dominèrent au vif et au vie siècles leur furent peut-être moins funestes que la constitution du régime féodal (5):

Il faut estimer que rien de l’état ancien ne put résister en Provence à l'anarchie qui remplit le vire et le 1x° siècles (6). Depuis longtemps du reste, les institutions municipales galloromaines étaient en pleine décadence (7). Il paraît donc plus juste de chercher les origines du mouvement communal en Provence dans l’évolution des classes sociales et de les laisser ainsi à leur place dans le cadre de la féodalité.

À la période de paix relative qui succède à partir du xr° siècle

(2) Lambert, Essai sur le régime municipal et l'affranchissement des communes en Provence, Toulon, 1882.

(2) Portal, La République Marseillaise du XIIIe siècle (1200-1263), Marseille, 1907.

(3) Duhamel, Les Etats Provinciaux du Comitat Venaissin au XVe siècle, P::99:

(4) Par Lefas, Origine des institutions municipales en Provence, Revue historique de Provence, 1901, et G. de Manteyer, La Provence du premier au douzième siècle, Chap. VI.

(s) Lambert, op. cit., p. 105, note 1.

(6) Lefas, op. cit., pp. 170-172.

(7) Id., ibid, p. 169

Page 1