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NEW-YORK CONTEMPORAINE

Première section :

Aperçu géographique et démographique

19 Superficie.

La Cité de New-York est actuellement avec ses 7.601.575 habitants, après Londres, la plus grande agglomération urbaine du monde et, de loin, la plus grande ville des Etats-Unis.

New-York est située à l'embouchure de la rivière de l'Hudson qui sert de limite de séparation aux Etats de New-York et de New-Jersey.

La ville de New-York est essentiellement constituée par un certain nombre d’îles sises à l'embouchure de l'Hudson et par des agglomérations situées sur les deux rives de cette embouchure. La plus connue de ces îles est celle de Manhattan sur laquelle New-York fut fondée en 1622 et -qui constituait jusqu’en 1897, la Cité de New-York propre-

ment dite. Depuis cette date la Cité de New-York est composée de 5 bourgs réunis construits chacun sur un comté différent, ce sont :

10 Manhattan (Comté de New-York) sur l’île du même nom, entre les rivières de l'Hudson et de l’Est d’une superficie de 22,20 miles ?.

20 Le Bronx (Comté du Bronx) séparé du bourg de Manhattan par la rivière de Harlem, cours d’eau canalisé reliant l'Hudson à l’East-River, d’une superficie de 42,74 miles ?.

30 Queens (Comté de Queens) sur la rive gauche de l'Hudson, d’une superficie de 109,88 miles ?.

40 Le bourg de Brooklyn (Comté de Kings) d’une superficie de 74,14 miles ?.

5° Le bourg de Richmond (Comté de Richmond) situé à l'embouchure de Staten-Island à l'embouchure de |’ Hudson d’une superficie de 59,99 miles ?, soit une superficie totale pour les 5 bourgs de 308,95 miles ?, soit environ 495 km ?.

La Cité de New-York, en dehors de Manhattan, comprend encore un très grand nombre de petites îles secondaires toutes également sises dans l’embouchure de l’Hudson et qui sont administrativement reliées, d’après leur situation, à l’un quelconque des 5 bourgs.

Les principales d’entre elles sont :

North-Island and South-Island, Brotcher’s Island, Hart’s Island, Governor’s Island, Ward’s Island, Welfare Island, Randal’s Island, Bedloe’s Island, sur laquelle est érigée la statue de la Liberté de Bartholdi, Ellis-Island, qui appartient au gouvernement fédéral comme station d'immigration.

La plus grande longueur de la cité du Nord-Est au Sud- Ouest est d’environ 40 km. et sa plus grande largeur d’Est en Ouest est de 35 km.

29 Population.

Lors de sa fondation en 1626 New-York (dénommée alors New-Amsterdam) avait moins de 200 habitants, 1.000 en 1656 et 14.000 en 1760.

Ce fut vers 1783 que New-York commença sa croissance rapide comme principal port des Etats-Unis. La population doubla entre 1786 et 1796, et, en 1871 le premier million d'habitants fut atteint.

Voici la statistique des habitants pour chacun des 5 bourgs pour les années 1920, 1930 et 1937 :

1920 1930 1937 Manhattan ..... 2.284.103 1.867.312 1.653.844 BTON RENE ec 732.016 1.265.258 1.538.359 BTOOKIYNE ee 2.018.356 2.560.401 2.838.017 QUEENSMERRE SE 469.042 1.079.129 1.391.588 Richmond... 116.531 158.346 179707 Mot" 5.620.048 6.930.446 7.601.575

Il résulte de l’examen rapide de ces quelques chiffres que le bourg de Manhattan qui forme le centre de la cité, a été déserté au profit des bourgs de la périphérie. Ce phénomène a été provoqué en grande partie, par le fait que les loyers sont beaucoup plus chers dans l’île de Manhattan que dans les autres bourgs et que de nombreux moyens de communication, ponts et tunnels, ont été créés surtout après la guerre, sur la rivière de l’Est pour faciliter les transports entre les bourgs de Manhattan et ceux de Brooklyn et de Queens, sis de l’autre côté de la rivière de l’Est ce qui a permis à de nombreux habitants de ces bourgs d’aller travailler commodément dans la journée à Manhattan, où est situé le centre des affaires.

Le plus important de ces ouvrages est le Tri-Borough Bridge, commencé en 1926 et terminé en 1935, dont le prix de revient total a dépassé 180.000.000 de dollars et qui relie le bourg de Queens à ceux de Manhattan et du Bronx à l'embouchure de la rivière de Harlem et de la rivière de l'Est:

Inversement la population du bourg de Richmond qui est le plus éloigné du centre de Manhattan et pour lequel aucune facilité nouvelle de communication n’a été créée, est demeurée stationnaire. |

En dehors de la population fixe de la Cité de New-York il faut tenir compte de celle de sa banlieue. Il nous a été impossible de nous procurer des chiffres très récents à ce sujet. En 1927 le bureau fédéral du recensement des Etats- Unis estimait qu’il existait, dans un rayon d’environ 65 km. de la mairie de New-York (Cüy-Hall de Manhattan) 373 municipalités indépendantes d’une population totale de 9.042.000 habitants, dont 1/3 environ se rendait chaque jour à New-York pour des occupations diverses.

La population de New-York est composée d’éléments essentiellement hétérogènes. Jusqu'à la fin du XIXe siècle le plus fort élément était constitué d’Irlandais, chassés par le paupérisme qui sévissait dans leur pays natal. A ce fort contingent d’Irlandais, qui forment aujourd’hui encore le fond de la population, sont venus s’adjoindre, principalement à partir de la fin du XIXe siècle, de nombreux contingents d’Israélites, d’Italiens et de Polonais. A l’heure actuelle New-York est la principale cité juive du monde (environ 1.700.000) puis, suivent par ordre d'importance, les Italiens avec environ 620.000 habitants et les Polonais 430.000.

New-York comprend encore des colonies importantes d'hommes de couleur centralisés dans certains points de la ville : 248.000 nègres environ dans le district de Harlem et 60 à 80.000 Chinois autour de Chatham-Square.

New-York a, depuis sa fondation, été la métropole du monde comprenant la plus forte proportion d'étrangers.

La plupart de ces immigrants, connaissant mal la langue et les institutions du pays, n’ayant aucune tradition politique sont, dès leur débarquement à Ellis-Island, enrolés dans des associations qui, sous des dehors de bienfaisance, poursuivent des fins politiques et sont menés par des politiciens professionnels.

Au bout de leur cinquième année de séjour sur le territoire américain, les 9/10 des immigrants new-yorkais se font naturaliser citoyens américains et votent tout naturel-

lement dans le sens qui leur est indiqué par les dirigeants de l’association à laquelle ils appartiennent.

La plus importante et la plus connue de ces associations est celle de Tammany Hall sur laquelle nous allons donner quelques renseignements ci-après. (voir troisième section)

Deuxième section

Importance économique de la Cité de New-York

10 Généralités

Le développement de New-York en tant qu'agglomération urbaine a toujours été intimement lié à l’importance, sans cesse croissante, du rôle joué par la Cité de New-York dans la vie économique des Etats-Unis.

Les services du Département fédéral du commerce publient des statistiques annuelles très détaillées de l’activité économique des différents Etats de l’Union sous toutes leurs formes.

Voici pour l’année 1937 quelques aspects de l’activité de l'Etat de New-York. On peut admettre que l’activité propre de la Cité de New-York entre pour plus des 3/4 dans le total des chiffres indiqués ci-dessous :

Commerce extérieur..." 48, 2% du total de celui des Etats-Unis Impôtsurlerevenu 29,2% = —. = Polices d'assurances sur la vie 17,8% — — — Dépôts bancaires 2.4... 26,3% on es + Opérations postales ........ TE TE = Se Rs Produits manufacturés ..... 14,3% — == ==

La rapidité de la croissance de la Cité de New-York au XIXe siècle est due au fait que, de par sa situation géographique, elle était appelée à devenir pour les Etats-Unis, tant le centre du commerce des capitaux que de celui des marchandises. Aussi, le développement de la ville en tant qu’agglomération urbaine a-t-il toujours été tributaire de sa puissance financière et de la prospérité de son port.

20 New-York, centre financier.

Dès le milieu du XVIIIe siècle New-York a été le point d'arrivée de concentration en Amérique des capitaux européens qui étaient ensuite répartis dans tout le pays suivant les opportunités de placement. New-York devint ainsi naturellement, tant le premier centre d’échange de valeurs, qu’un immense réservoir de capitaux, chargés du financement de l’ensemble du pays.

À partir du début du XXe siècle et spécialement depuis la fin de la grande guerre, lorsque l’immense développement de la richesse nationale américaine eut fait inverser le courant des capitaux, New-York resta le centre financier d’où les capitaux américains étaient dispensés sur tous les continents et notamment, dans l’Europe appauvrie par la grande guerre.

Depuis la fin du XVIIIe siècle le centre du quartier financier a été situé au bout de l’île de Manhattan au-dessous de Fulton-Street. C’est encore là que sont situés les sièges des principales banques des Etats-Unis, la Bourse des valeurs (Stock-exchange) et les sièges des principales compagnies d'assurances.

La première banque établie aux Etats-Unis fut la « Bank of New-York and Trust Cy. » créée par Alexandre Hamilton en 1788.

La première banque nationale des Etats-Unis fut établie à Washington en 1791 et une succursale connue sous le nom de « Bureau d’escompte et de dépôt » fut ouverte à New- York la même année.

En 1801, fut créée la banque de la Compagnie de Manhattan. Cet établissement avait comme caractéristique d'ajouter au métier de banquier, celui de concessionnaire de services publics et il eut, jusqu’en 1835, le monopole de la distribution de l’eau dans la cité.

La plupart des grandes banques actuellement existantes datent du début du XIXe siècle. Quand la Banque nationale de Produits chimiques (Chemical National Bank) fut créée

en 1823 il existait déjà 12 autres établissements financiers ayant un capital total de plus de 15 millions de dollars. La création de la Caisse de compensation des banquiers remonte à 1853, le montant total des opérations traitées par cet établissement en 1937 s’est élevé à 307 milliards de dollars.

La sous-trésorerie des Etats-Unis installée autrefois à Wall-Street fut abolie quand le système de « réserves fédéral » fut mis en vigueur en 1914.

30 Le port de New-York.

La nature avait ordonné que New-York devint un des principaux centres commerciaux du monde en gratifiant la cité d’un magnifique port naturel. New-York, port de vive eau, est relié à la mer par deux passages qui sont le canal d’Ambrose et le détroit Long-Island. La cité communique encore avec le Canada et l’Ouest des Etats-Unis par la rivière de l’Hudson qui est elle-même reliée au grand lac par des canaux (canal de l’Erié et Barge-Canal).

La conséquence naturelle de cette situation géographique est qu'avant que le pays ne soit équipé en voies ferrées, toutes les matières premières des Etats-Unis destinées à l’exportation sur les marchés européens étaient naturellement acheminées à New-York par voies navigables afin d'y être transbordées. Depuis une dizaine d’années le tonnage manipulé par le port de New-York s’équilibre aux alentours de 20 millions de tonnes dont le 1/5 environ provient de pays étrangers, ce qui représente en poids, la moitié du commerce extérieur des Etats-Unis 1.

49 L'industrie à New-York.

Au point de vue industriel la production de New-York s'apparente à celle de toutes les grandes métropoles. Il est toutefois à remarquer qu’elle ne consiste presqu’unique-

1. Pour 1937, les chiffres exacts sont les suivants : tonnage manipulé 20.427.000 tonnes, marchandises étrangères 21, 6 %.

Delpech 2

ment qu’en des produits de petite et de moyenne industrie provenant d'entreprises soit artisanales, soit de moyenne importance ainsi qu’on en aura un aperçu par les quelques chiffres reproduits ci-dessous :

En 1937, la valeur totale des produits manufacturés dans les usines et ateliers de New-York a atteint 5.324.413.000 dollars. Durant la même année, la moyenne des employés d’un atelier s'élevait à 22 et sa production à 224.526 dollars de marchandises.

Voici quelles étaient, par ordre décroissant d'importance, les principales industries :

Lo ATCON ECHION DOUTER ee ee 1.008.966.000 $ 20m a confection POUrNOMMEMPEE ET -crte 379.339.000 — 30 L’impression et la publication des journaux

DÉTIOUIQUES MR te ie ele animes soielse sue 303.788.000 — AO ATONTEUTE AS CR een came 194.803.000 — Do/Te DAHREeLIADALISSETIE EP LE en Cie ce 191.173.000 — 69 Les CONSEEVES F7 Le en eee sis cames aies 163.485.000 — 7° La librairie et l’impression deslivres ......... 160.042.000 — S0MTabacs cigares etICISATOPIES RES. LES 111.970.900 —

Jo Chaussures M re Me borne PROC 86.408.000 —

Troisième section

L’Administration de la Cité de New-York à l’époque moderne Tammany-Hall

Il est communément admis que l’histoire moderne de la Cité de New-York commence le 4 novembre 1825, date à laquelle fut inauguré le canal d’Erié qui permettait à New-York de communiquer directement, par voie fluviale ininterrompue, avec la région des Grands Lacs.

A cette époque la Cité de New-York ne comprenait que le bourg de Manhattan, situé dans l’île du même nom, au confluent de l'Hudson et de l’East-River. Sa population était de 200.000 habitants.

Au fur et à mesure du développement de la cité, le centre

du commerce se déplaçait vers le Nord de Manhattan. Dès 1890 toute l’île de Manhattan était entièrement couverte de constructions jusqu’à la rivière de Harlem qui sert de délimitation entre le bourg de Manhattan et celui du Bronx situé sur l’autre rive. Les deux bourgs formaient donc, à cette époque, deux agglomérations continues.

Cependant, l'emploi de l’acier dans la construction avait permis, dès 1870, de commencer la constructions du pont de Brooklyn, au dessus de l’East-River, qui fut le premier à relier le bourg de Manhattan aux bourgs de Brooklyn et de Queens situés sur la rive gauche de l'East-River.

Les facilités de communications se multiplièrent rapidement entre les bourgs de Manhattan et du Bronx d’une part, et ceux de Brooklyn et de Queens de l’autre, et, dès la fin du XIXe siècle il apparut que l’interconnexité des intérêts municipaux de ces 4 bourgs était telle, qu’il importait de les réunir en une seule agglomération connue sous le nom de la « Cité du plus grand New-York» (Greater New-York City).

On leur adjoignit également le bourg de Richmond, situé sur l’île de Staten-Island qui, par sa position, commandait sur la rive droite de l’'Hudson, l’entrée du port de New- York.

Cette réunion des bourgs de Manhattan, Brooklyn, Queens, Bronx et Richmond en une seule municipalité à compter du 1er janvier 1898 fit l’objet d’une loi votée par la législature de l’Etat de New-York du 1e septembre 1897 (Art. 378 des lois de 1897) 1.

Durant toute l’époque moderne jusqu’à nos jours l’Administration municipale de la Cité de New-York fut exercée, sauf à de rares intervalles, par des représentants d’une puissante organisation politique connue sous le nom de Tammany-Hall, sur laquelle, à titre documentaire, nous croyons utile de donner ici quelques indications.

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