LUTTE CONTRE L'EMPIRISME ET CONTRE LES REMÈDES SECRETS
La lutte que les vétérinaires allemands ont à soutenir contre les empiriques présente une âpreté d’autant plus particulière que depuis 1869 l'exercice de la médecine, tant humaine que vétérinaire, est libre en Allemagne. Nous signalerons bien entendu les restrictions de fait apportées à ce principe général, mais il explique par exemple qu'on ait pu compter en 1927 près de 12.000 personnes se livrant à l'exercice de la médecine humaine, sans être médecins diplômés. En
(x) « Cela va sans dire », objectait-on à Talleyrand. « Certes, : mais cela va mieux encore en le disant » répliqua-t-il.
PP ES ee LT URL DATE 26 1 CRE UE TO RAR (LES fe EE AO CMP RSR I TETE ù ARE = ELRES + UT CU: LE e
n (A Len DIE
médecine vétérinaire, Ja situation varie considérablement avec les régions envisagées, l'empirisme ayant à peu près disparu de certaines régions (6 % en Prusse) et florissant encore dans d’autres (60 % en Bavière).
La loi allemande ne punit que l'emploi frauduleux du titre de vétérinaire, elle réserve également aux seuls vétérinaires le droit d'intervenir dans certaines maladies contagieuses, interdit enfin aux empiriques d'une façon indirecte et trop vague d'exercer la médecine vétérinaire hors du territoire de la commune où ils habitent.
La loi allemande du 21 juin 1869 a placé, quant à leurs droits, médecins et vétérinaires sur le même plan. Si quelque jour l'exercice de Ia médecine humaine venait à être légalement limité aux seuls médecins, cette communauté pourrait sans doute être exploitée par les vétérinaires allemands, pour demander avec chances de succès que leur soit légalement réservé l'exercice de la médecine des animaux.
Pour l'instant, les vétérinaires trouvent dans les dispositions réglementant l'ordonnance et la délivrance des médicaments, dispositions qui interdisent en fait aux empiriques la prescription d’une médication efficace, leur arme la plus sûre contre ces derniers.
Cependant la nécessité d'organiser une action systématique contre l'empirisme, en intensifiant les poursuites judiciaires contre les violations, par les empiriques, des diverses prescriptions légales en vigueur, a fait naître, en 1926, l’AssOcIATION VÉTÉRINAIRE POUR LA LUTTE CONTRE L'EmpirismE. Celle-ci intervient auprès des autorités, participe, pour faire œuvre de vulgarisation, aux différentes expositions agricoles, poursuit en justice, publie des brochures de propagande. Elle ne s'attaque pas moins énergiquement au commerce des remèdes secrets et, depuis 1927, pres-
que tous Îles Etats allemands ont interdit, sous peine d'une amende pouvant atteindre 150 marks, l'annonce, l'offre et la vente de remèdes secrets contre un certain nombre de maladies des animaux (fièvre aphteuse, tuberculose, avortement épizootique, rouget, diarrhée des veaux, fièvre vitulaire, hémoglobinurie, mammites, choléra des volailles, maladies du jeune âge et gales du chien, coliques du cheval, gourme). Enfin, ce groupement a créé en 1928 un laboratoire où sont analysés les médicaments secrets que lui envoient ses membres.
Devant la protection insuffisante et — basée sur des textes trop dispersés — que la loi allemande assure actuellement au praticien l'Assocrarion Véré- RINAIRE CONTRE L'EMPIRISME, représente une intéressante manifestation de défense professionnelle, dont les premiers résultats sont particulièrement encourageants.