IMPORTANCE DE SEMER UNE SEMENCE PURE ET DE BONNE QUALITÉ
Nous l'avons déjà dit: pour que l'orge à deux rangs se vende sans peine il faut absolument qu’elle soit sans mélange ; et pour cela il faut tout d'abord que la semence soit pure, La quantité de semence pure, maintenant disponible dans les différentes Fermes expérimentales est probablement suffisante pour que chaque cultivateur qui voudra en demander, puisse en recevoir un échantillon de 3 livres, Si l’on sème cette quantité avec soin et de bonne heure sur un bon morceau de terre bien préparé, on peut s'attendre en général à avoir au moins à peu près deux boisseaux ; puis avec deux boisseaux de semence pure à sa disposition pour le printemps de 1891, ce qui suffit pour ensemencer un acre au moins, on aura probablement de 25 à 40 boisseaux à semer au printemps de 1892, et je suis persuadé qu'avec un peu plus de soin, on pourrait obtenir un rendement supérieur à cette estimation. Par là nous aurions une solution pratique de la difficulté de fournir de la semence pure d'orge à deux rangs aux producteurs d'orge du Canada, et dès lors, ils pourraient cultiver de l'orge à deux rangs en quantités considérables pour le marché anglais. Ne serait-il pas bon de hâter ce changement en important quelques milliers de boisseaux de bonne semence qu’on vendrait aux cultivateurs ? C’est là une question qui mérite bien d'être considérée avec soin. L'orge à deux rangs ne déplacerait sans doute pas partout celle à six rangs. Il faut chaque année une très grande quantité d'orge pour l'alimentation des animaux, et le fait que les variétés à deux rangs sont de sept à dix jours plus lentes à mûrir que celles à six rangs, pourrait être un obstacle à leur culture dans certains lieux.
Les montants considérables que les brasseurs des Etats-Unis déboursent pour l'achat d'orge du Canada ont depuis longtemps attiré sérieusement l'attention sur ce sujet, En 1885-86 la section de chimie du Ministère de l’agriculture à Washington entreprit l’analyse d'un grand nombre d'échantillons d'orge; on s'en procura 60 de différentes parties des Etats-Unis et 12 du Canada, Les échantillons
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du Canada étaiert tous de la province d'Ontario et des échantillons de commerce. Le travail fut confié à M. Clifford Richardson et les résultats des analyses furent favorables aux échantillons du Canada, M. Richardson dit en conclusion : “On peut dire avec toute assurance que le grain du Canada est le meilleur sur le marché et est supérieur au nôtre.” Après comparaison des résultats de son propre travail ave: 127 analyses d'orge d'Europe, il ajoute : “ Les spécimens de provenance canadienne que J'ai examinés l'emporte décidément sur les moyennes des orges étrangères pour la richesse en amidon. L'expérience et l'attention ont enseigné aux Canadiens, favorisés comme ils le sont par leur climat, à produire un excellent grain supérieur à celui des autres parties de ce continent” il dit encore: “Nos investigations prouvent en somme que, si à présent les orges du Canada sont supérieures à celles des Etats-Unis, la raison en est plutôt qu'on n’a pas bien compris quels sont les procédés de culture et les localités à préférer; ce n’est point que rien empêche d’augmenter la production de manière à ce que nous ne dépendions plus de l'étranger, Ce qui est surtout à désirer maintenant pour aider à déterminer quelles sont les meilleures variétés et les meilleures méthodes, ce sont des essais de culture aussitôt qu’une connaissance suffisante des conditions climatologiques nous permettra de choisir les districts du pays qui conviennent le mieux à cette céréale.”
Depuis la publication de ce rapport, le gouvernement des Etats- Unis a libéralement pourvu pour l'exécution de ce travail expérimental, et il a été établi dans chaque Etat de l'Union des stations expérimentales subventionnées par le gouvernement fédéral. Dans le budget pour l’année courante, $639,000 sont spécialement affectés aux stations expérimentales pour leur aider à poursuivre leurs travaux, outre $1,359,000 en vue des autres travaux que poursuit le département de l’agriculture; une forte somme est destinée à des branches spéciales d'investigation scientifique qui intéressent directement l’agriculture. ÆEn traitant de la nécessité de ces allocations, le Secrétaire de l’agriculture, dans son rapport pour 1889, dit que le “montant ne doit point se mesurer d’après le passé, mais plutôt d’après ce qu’il convient à un grand pays agricole de payer dans le but de soutenir, de protéger et d'encourager une vôcation qui fait un fondement de sa prospérité et de sa puissance,”
L'élan que cette activité et cette énorme dépense donnent à l’agriculture chez nos voisins, ne peut manquer d’avoir pour résultat de meilleures méthodes de culture et un accroissement des revenus de