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LE SIÈGE DE GERGOVÏE I

les au proconsul, comme les Educns auraient dû l'être. En un instant, les ordres de Ductomar étaient transmis par les voués à leurs subordonnés, et par ceux-ci aux troupes, le « corps franc » se divisa en trois parties qui ra-Iiièrent chacune l'un des trois frères d'armes. Ductomar et VercomJr, à la tête des leurs, en s'écartant comme les branches d'un compas, foncèrent au galop de chaque côté des Arvernes et confédérés révoltés enveloppant le proconsul, tandis que Corpact, leur laissant prendre à dessein une certaine avance lançait ensuite les siens droits vers César. Le chevalier et le Rème suivaient l'impulsion de leur nature en se jetant au plus fort de la mêlée pour dégager le général romain. Plus rassis, Corpact ne leur envia pas ce rôle, encore qu'il eût aussi fort à cœur de faire merveille en cette circonstance. Il voyait la nécessité d'être l'élément concentrateur et pondérateur de leurs efforts.

— Et nous ? lui dit, en le rejoignant au galop, Euborcx.

— Tes six cents hommes sont là ?

— Tous.

— Eh ! bien, l'heure est venue de les faire tuer. Attends que nous ayons enveloppé celui que je vais saisir, et placeles ensuite derrière nous pour soutenir notre retraite, lorsque je l'ordonnerai.

— Entendu.

— Sigorex, reprit Corpact, toujours en courant, et en s'adressant à l'un des voués qui lui servait d'aide de camp, deux voués auprès de moi ; les meilleurs.

— Bon ! Tulinax et Collovèze ?

— Oui. Puis deux autres, les mieux montés, pour correspondre avec Ductomar et Cernunnos.

— C'est tout ?

— Non : un cinquième voué avec deux cents hommes pour •soutenir et surveiller Buborex. Va !

La chevauchée des huit cents combattants de Corpact arrivait sur le champ de bataille, où, déjà, Ductomar et Vercomir jetaient un inexprimable désarroi.

Bien que tous les hommes du « corps franc » eussent mis à nu leur bras droit, ainsi que Corpact l'avait si opportunément prescrit, les Romains, et César lui-même, voyant bien en eux des Gaulois, et croyant qu'ils avaient ainsi fait par stratagème pour les tromper, combattaient contre eux avec la violence du désespoir, sans remarquer qu'ils s'efforçaient de parer leurs coups au lieu de les frapper, et sans voir que, d'autre part, ils combattaient d'une bien différente manière les Arvernes, qu'ils n'épargnaient nullement.

Pendant que Vercomir et Ductomar, chacun d'un côté du dernier groupe d'une centaine de Romains environnant le proconsul, conduisaient leurs troupes en de furieuses charges afin d'écarter les partisans de Vercingétorix, Corpact, ordonna une trouée des légionnaires jusqu'à César.

Il fallait, en effet, dût-on sacrifier des Romains, parvenir jusqu'à leur chef suprême, se saisir de lui, le mettre à cheval de gré ou de force, et l'entraîner hors de ce lieu de carnage, où toutes les forces du roi des Arvernes allaient se concentrer, si le combat durait davantage.

La trouée ordonnée s'exécuta promptement. Corpact put enfin s'approcher de celui qu'il venait sauver.

Mais il n'eut pas le temps de lui parler, ni même celui de faire un geste rassurant, parce que le proconsul, n'a3^ant plus d'épée, renonçant à se défendre davantage, et convaincu qu'il allait être massacré, rejetait son manteau sur sa tête, en attendant stoïquement la mort.

Corpact ne s'attarda pas à des pourparlers que la gravité et l'imminence du péril pour tous ne permettaient point.

— Un cheval ! cria-t-il, et, désignant César : « Qu'il soit hissé en selle ! Tulinax ! Collovèze ! Tenez-vous à sa droite et à sa gauche, et courez au galop vers la plaine ! »

Puis aux deux voués qu'il avait réclamés comme courriers :

— Rappelle Ductomar ! et toi Cernunnos !

— Buborex !

^ Voilà !

~ Sigorex ?

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