‹ L'Orgie gauloiseChapitre 21 sur 25 · LE SÉRAIL DE CORPACT · texte numérisé non relu

LE SÉRAIL DE CORPACT

— Tu ménages tes légions pour les ramener à César, et tu fais ton devoir. Nous, notre resolution, c'est de sacrifier notre armée pour te faire passer, et tu passeras le fleuve.

— Comment ferez-

vous ? - '■'^' '^

— Tu nous donneras les casques de tes soldats ; nous les mettrons pour avoir l'apparence de Romains.

Nous remonterons bruyamment le fleuve dans une partie des barques, si nombreuses, que tu possèdes. Nous attaquerons les troupes de Camulogène au-dessus de Lutèce, et en face de Lutèce, pour attirer l'ennemi sur ces deux points. Pendant que nous le retiendrons ainsi , tu

descendras à quatre milles romains au-dessous de la ville, et le reste de tes barques, que tu enverras sur ce point, pai avance, feront passer tes légions avec nos chars et nos machines de guerre.

Labiénus comprit aussitôt que ce plan avait de grandes chances de réussir, si les Gaulois, qui le proposaient, consentaient réellement à se sacrifier pour l'exécuter. Afin de les seconder, il ne se contenta point de leur promettre les casques demandés ; il déclara qu'il chargerait une légion entière (6.600 hommes) de soutenir leurs efforts.

Lutèce.

Dès que l'obscurité fut complète, les opérations convenues commencèrent.

Au milieu de la nuit, par bonheur, un vi lent orage assombrissant le ciel et couvrant en partie le bruit du départ des légions et des barques destinées à leur faire traverser" ie fleuve \ 4 milles au-dessous de la cité, favorisa l'entreprise.

Bien avant le jour, Corpact, Vercomir et Ductomar se trouvaient, avec la légion prêtée par Labiénus, sur la rive gauche de la Seine, et s'efforçaient d'attirer contre eux toute l'armée de Camulogène, tandis que le général romain faisait franchir le fleuve à ses trois légions beaucoup plus bas.

Dévorée d'angoisse et d'impatience, Delphia dut attendic le complet passage de ces trois légions romaines pour franchir l'eau à son tour, avec les chars.

L'orage cessait et l'aube se levait dans un ciel presque pur, lorsque Labiénus, après avoir exhorté ses cohortes à se montrer dignes de César, leur désigna de la plaine (de Grenelle) où elles se trouvaient, les hauteurs de la rive gauche (Mont Sainte-Geneviève) d'où Camulogène commandait le combat.

— C'est là, dit-il, qu'il faut vous élancer pour prendre le? confédérés à revers, tandis qu'ils combattent contre les nôtres et le « corps franc » sur la rive du fleuve. Puissic^s-nous arriver à temps pour sauver ceux qui se dévouent en ce moment à la cause romaine ; leur sacrifice engage l'honneur de Rome à les seconder jusqu'à la mort !

Labiénus voulait placer à la suite de ses légions les chars du « corps franc » et ses machines de guerre. M^^'s Delphia ne consentit pas à rester derrière les combattants.

— Prci.is nos machines, si tu veux, dit-elle, mais laisse passer nos chars et leurs combattants. Nous allons jeter ce renfort au seco"'-s des nôtres en uivant le crr "s du fleuve.

— Tu cours à la mort ! lui cria Labiénus, ^.i voyant partir la jeune fille avec Lexivor.

— Les miens n'y sont-ils pas ? lui répHqua Delphia.

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