‹ L'Orgie gauloiseChapitre 8 sur 25 · A FEU ET A SANG I · texte numérisé non relu

A FEU ET A SANG I

pire se produit, la guerre ne sera pas finie. Elle ne fera que commencer.

« Les Druides, bien informés, m'ont appris que les habitants de l'Italie sont fortement unis. Ils sauront faire tous les sacrifices nécessaires pour revenir plus tard. Mais, avant ce retour, les confédérés de Vercingétorix se dévoreront entre eux, ou se retourneront contre lui.

— Pourquoi contre lui ?

— Parce qu'en lui je ne vois pas un libérateur autant qu'un futur tyran. Ce roi des Arvernes veut devenir roi des trois Gaules, et ne sait pas se faire aimer ; il sème partout la crainte ; il se fait des ennemis sans nombre par les violences qu'il commet ; c'est un mauvais système. Sa puissance lui crée déjà bien des jaloux; combien ne seront-ils pas s'il parvint au pouvoir suprême sur les Gaules par les moyens qu'il emploie! »

Contre l'avis de la jolie Greco-Romaine, on allait pourtant décider de rejoindre enfin Vercingétorix, lorsque de surprenantes nouvelles, transmises par cris, signaux et courriers, avec une rapidité extrême, parvinrent dans la rumeur publique au quatuor d'amis, pour la première fois divisés.

César avait franchi les Alpes ! On disait que l'illustre proconsul, arrivant d'Italie avec des renforts importants, s'était rendu directement à Narbo-Martius ; qu'il avait rassuré les peuples effrayés par le voisinage de Lucter ; qu'il avait établi des postes de troupes chez les Ruthènes dépendant de la province romaine (vers l'Aude), chez les Volées Arécomises (Hérault-Gard), chez les Tolosates (Tarn, Haute-Garonne) et autour de Narbo-Martius (Narbonne). De telle sorte que Lucter, reculant devant ces concentrations de troupes, s'était replié sur les territoires de ses alliés.

Ainsi, la marche tant agressive de ce célèbre guerrier Carduque se transformait en une retraite prudente ! N'était-

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ce pas le moment de courir au roi des Arvernes pour lui apporter l'appoint de la petite armée des trois frères d'armes ?

— Ah ! si nous avions été près de la Narbonnaise ! dit en soupirant Vercomir.

— Pour ou contre César ?

— Peu importe, petite Delphia. Dans un sens ou dans l'autre, il faut agir. A présent, nous sommes aux confins du territoire Biturige, près de Turons, pour nos acquisitions de grains et de bétail. Corpact affirme que, même en précipitant ces marchés indispensables, nous n'aurons pas terminé avant deux jours ; et il nous faudra traverser alors les trois quarts du territoire Biturige pour arriver à Noviodunum (Nevers) où l'on dit que Vercingétorix se trouve' actuellement !

Cinq jours plus tard, la petite armée indépendante arrivait en vue de Noviodunum (Nevers) où elle produisit une grande sensation, et elle se déplo3^ait à distance de la ville pour cam.per à part. Plusieurs chefs de troupes du roi des Arvernes avaient interrogé les trois amis au passage.

— Vous êtes Gaulois ? D'où venez-vous ? Comment se fait-il que nous n'ayons pas tu connaissance de vous ?

— >Tojs sonmies un « corps franc ». Nous allons trouver Vercing^ corix, xépondaient-ils. Laissez-nous passer ; il nous attena.

puand ils eLrent ordonné la halte dans un vaste espace décou^^ert, à trois toises gauloises environ de la cité (2268 mètres j, les amis envoyèrent trois de leurs voués, les mieux équipés et les plus capables de les représenter au souverain des Arvernes pour lui demander une e^itrev-ire.

Plusieurs heures se passèrent. Ils attendaient toujours. Les voués ne revenaient pas.

Buborex, qui rôdait autour du quatuor formé par les chefs et Delphia, finit par s'approcher d'eux pour leur communi-

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