I KU. - LA PRÉDICTION EST ACCOMPLIE
Sf pf 0; étonné d’abord, a levé ses bras de bronze et fait jouer ses doigts meurtris, ses mains lasses d’être captives.
Mais, d’un geste prompt comme l’éclair, l’Egvptien saisit le glaive d’un soldat, frappe Karÿsta, qui, les bras levés, une seconde, fait onduler ses seins comme des fleurs sur la tige immobile de son corps. Un cri léger. Elle s’affale, en une chute blanche, où éclate un coquelicot pourpre, — palpitante de la lutte de la vie, de l’amour et de la mort.
En un effort suprême, vers Sépéos qui a laissé choir le glaive, la petite amoureuse tend de nouveau ses mains, emportée malgré la souffrance, l’éternelle nuit prochaine, vers l’aimé. Sépéos contemple cela, hésitant, toujours l’air un peu farouche, mais pourtant ému d’une pitié qui lui monte à la gorge et qu’il va ne plus pouvoir refouler.
Messaline se penche, alors, vers l’Eg^pticn stupéfié, dérouté par tous ces jeu?c d’en haut, et, montrant le menu corps pantelant, comme un papillon que des mains puériles auraient meurtri :
— Tu peux l’aimer, Sépéos, — dit-elle, avec son immuable et souriante ironie. — Baise son front... baise ses lèvres. Dépêche-toi, beau garçon... avant qu’elle expire... C’est moi, grand sot, que tu as vue aux bras de Silius.
Pieusement agenouillé, les ^eux secs et Drùlant de fièvre, l’amant douloureux et meurtrier baise la petite danseuse morte :
— * Adieu, Kar^sta, dit- il, pardonnemoi 1 »
Et, tout à coup, ce mâle superbe sanglotte.
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