‹ L'orgie latineChapitre 12 sur 74 · Livre Deuxième · texte numérisé non relu

Livre Deuxième

Ancilla Domini.

X l. - MOR1TURI SALUTÀNT

AU SIGNAL DU GONG ET DE LA (LOCHE, Sépéos s'est remis aux mains des soldats qui l’escortent, libre, vers le souterrain où se préparent au combat les gladiateurs.

De la grille, soudain béante en gueule profonde et noire, les hommes armés sortent, par groupes, et défilent :

Il ^ a des Thraces et des Macédoniens, vêtus de peaux d’ours et de boeufs, dont les mufles couronnent leurs têtes, des Gaulois aux torses nus, aux braies rayées de bleu, de blanc et de rouge, aux longues moustaches blondes dorées et rousses. Puis, des Numides, des Parthes en costumes multicolores, et des nègres nus aux corps de bronje et d’êbèhe; des Séres même, safranés, armés de lances en forme de fleurs. Des esclaves, armés à la romaine, frappent, de leurs glaives angulaires, les boucliers d'airain, d’argent, d’acier. Des Latins aussi, des plébéiens, de Vieux soldats, accoutumés aux luttes, viennent dans l’arène.

Tous — tandis qu'éclatent les fanfares des buccines et des tubæ, des

serpents rauques et des cors recourbés, s’avancent, jusqu’au centre du cirque. Très droit, splendide, en sa demi-cuirasse sur le torse nu, Sépéos, dont les veux fulgurent, marche en tête d’une décade. Cent cinquante

gladiateurs, — rythmant leurs pas sur la cadence des sistres, des cymbales et des trompettes, défilent devant la loge impériale et, saluant de leurs armes, — splendides de force et de beauté fière, — clament d’une seule voix retentissante :

Pinï# Imperia, morituri Te satutant.

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