‹ L'orgie latineChapitre 19 sur 74 · I NUL - APPARITION DE FILKM.A · texte numérisé non relu

I NUL - APPARITION DE FILKM.A

LIS GLADIATLURS au-dedans de la popina, se querellaient de nouveau. Les femmes, sauf Linola, pâmée entre les bras nerveux de Cornelio qui avait délacé et quitté sa cuirasse de bronje, a^ant discuté les sommes que leur rapportaient leurs charmes et la qualité de leurs amants riches, -les amants de coeur prenaient parti pour l’une ou l’autre. Et déjà, les glaives sonnaient entre les mains furieuses qui les tiraient des fourreaux aux pointes tréflées.

Nanechus et Sépéos étaient restés sur ta porte, cherchant la fraîcheur dans la rue, à présent apaisée. — Us se retournèrent au moment où Arijanus en venait aux mains avec Ch^laïdès, tandis que Gueianus, entre Saper et Simias, s’interposait, forçant le Grec à reculer vers un angle où il buttait contre des brocs vides. — Et Lenia, la vieille tavernière, allant chercher quel secours, s évadait par la porte de l atrium où donnait l’escalier conduisant aux cubicules.

ANC1LLA DOMIN1

Manechus, Sépéos empoignèrent chacun à bras le corps Simias et Saper. Simias saignait à la cuisse. Le do^en, Gueranus et Sépéos les interpellèrent, avec de véhémentes paroles :

— Voyons, guerriers, n’êtes-vous plus de nobles hommes d’épée et

de lance? Défie?-vous! et la Ville, Rome, décidera lequel de vous mérite leur amour. ,

— Casper, le laniste, — proposa Gueranus — vous dira demain comment des gladiateurs vident localement leurs querelles.

Les gladiateurs, sans rien vouloir entendre, se débattaient; le plus cultivé, Ch^laïdès, grondait des imprécations, à la façon homérique, et des obscénités.

Mais soudain, au seuil de l’atrium où la lune, en son plein, frappait de flèches d'argent le bassin entre les dalles de travertin rougeâtre, une jeune fille, en blanche palla, sur une subucula bleue de ciel, ajustée à la taille par une ceinture, parut. Elle leva ses deux mains menues et très blanches et, renversant un peu en arrière sa tête, que des flots d’or ambré auréolaient, pour éviter un revers de glaive :

— Seigneurs] seigneurs! ne répande? pas votre sang, pour l’amour de vous-mêmes. Des regrets rongeraient, demain, vos âmes, et plus d’un pleurerait ses actions d’une mauvaise heure. Ne save?-vous pas qu’il est un Dieu qui n’aime pas le sang et ne redoute?-Vous pas sa colère? Or il a dit, pour les meurtriers : t Celui qui tuera par le glaive, par le glaive périra !» Et ce n’est pas seulement cette mort que vous ne craigne? point, qu’il veut dire, mais la mort de vos belles actions, l’oubli et la perte de l’amour... Aime?- votre prochain, guerriers, et ne tue? plus, si vous rêve? la joie au delà de la vie présente.

Et tous, a^ant entendu la voix mélodieuse de la faible vierge, baissèrent les lames et, — ne comprenant pas trop le sens de tous ces mots, s’inclinant devant elle comme si, messagère sacrée et inviolable, elle était, entre des belligérants, porteuse du caducée de paix, — murmurèrent avec un accent de respectueuse douceur ;

— Ave, Kiliola!

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