‹ L'orgie latineChapitre 38 sur 74 · IV. - EN PATURE AUX CHIENS · texte numérisé non relu

IV. - EN PATURE AUX CHIENS

LES YEUX PE L’OMNIPOTENTE ARDHÈRENT Du haut de sa croix, Sépéos avait vu 1‘horrible scène. Messaline le fixa et vit son regard de haine, que la souffrance n’avait pu éteindre sur sa face crispée douloureusement.

Elle jeta un ordre :

— Les chiens 1 lâche? les dogues lithuaniens sur l’ours.*

Les Augustans et les vestales répétèrent :

— Les chiens, les molosses î... L’esclave aux chiensl Le cri courut, grossi de milliers de voix féroces et joueuses. De nouveau, on invectivait l’ours des Alpes qui, accroupi non loin de la jeune fille, semblait triste.

Vingt dogues, fauves, roux, noirs et bruns, bondirent de la porte de bron?e, en aboyant, excités, comme fous de liberté et de faim.

Se bousculant, sautant, ils se précipitèrent vers ces roseurs de chair

offertes à leur appétit, à leur cruauté d’animaux affamés qui espèrent

se repaître.

D’abord, ils flairèrent de leurs museaux farouches la petite esclave. Filiola, sous la chaleur de ces souffles, rouvrit les ^eux. Affolée, elle voulut se redresser, s’agenouiller sur le sable safrané, joignit ses mains vers le ciel et vers la croix. Le choeur des molosses jappait, sans atta- ' quer.

— Kiss! Kissl... Sus donc!... Ho, les chiens!

Enfin, l’un d’eux, un énorme chien gris de fer, la mordit à l’épaule. Un lambeau carminé saigna dans sa gueule. Filiola retomba, avec un cri

désespéré.

Un autre la mordit au sein, du bout des dents, comme un gourmet qui goûte à un mets préféré. Les autres se ruaient, dans une bousculade hargneuse où leurs dos houleux se heurtaient, tandis que, rageusement, de peur d’être frustrés, ils se battaient entre eux, autour de leur proie.

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