PREFACE XVII
l'art de le toucher depuis deux siècles. Peutêtre les doigtés de la pédale de Bach étaient-ils un peu différents des nôtres; sans doute, dans sa jeunesse, se servait-il beaucoup moins du talon que de la pointe, alors que les touches des pédaliers étaient extrêmement courtes. Mais il comprit de bonne heure la nécessité de perfectionner le clavier des basses de l'orgue, soit en augmentant son étendue, soit en allongeant les touches jusqu'aux dimensions qu'elles ont aujourd'hui.
Il jouait, le corps un peu penché en avant, immobile, avec un rythme admirable, un ensemble polyphonique absolu, une merveilleuse clarté, pas vite, maître de lui-même et pour ainsi dire du temps, donnant l'idée d'une incomparable grandeur.
Ses contemporains parlent avec enthousiasme de son art exquis de combiner les jeux, de sa façon de .les traiter, si inattendue, si originale.
Rien ne pouvait lui échapper de ce qui avait rapport à son art, ajoute Forkel. Il