I. Pétrone, Satyricon
mime orchestrale. L'orgue futconcertant: ilaccompagnedéjàle grotesque nain d'Alexandrie, ou l'empereur Alexandre Sévère, ou encore le personnage inconnu de Nennig, dans leurs solos de « tuba ». Un fragment romain représente, sur une scène, un chanteur tragique dans une noble attitude ; près du « portant » des décors, figure l'orgue qui l'accompagne ^ Mais l'occasion la plus importante où, dans un -cadre un peu moins ancien, il est vrai, mais tout plein encore de la civilisation antique, nous voyons paraître l'orgue, c'est dans le ballet représenté sur le socle de l'obélisque de Théodose le Grand, en l'an 3qo, à Constantinople. Ce bas-relief est assez connu, et a donné lieu à bien des dissertations, plus ou moins aventurées, la plupart fausses dans leurs conclusions, sur la nature des orgues qui y sont sculptées, car les dessins qu'on en avait présentés jusqu'ici étaient tous incomplets.
Le bas-relief représente une scène dansée, accompagnée d'instruments de musique, exécutée devant l'empereur et sa cour. Au premier plan, sur toute la longueur du bas-relief, règne un « cancel » ou balustrade richement décorée, qui borde l'estrade. Plusieurs ballerines, en attitudes élégantes et gracieuses, sont accompagnées de deux chorèges placés en arrière, dont l'un semble jouer de la cithare et l'autre de 1' « aulos » double ; de chaque côté, il y a de plus un petit orgue, avec son organiste : à chaque extrémité, derrière l'orgue, et montés à la hauteur du cancel, sont placés deux adolescents en tunique. C'est de ce dernier détail qu'on a supposé qu'ils actionnaient des soufflets cachés derrière la balustrade : en réalité, de ce qu'on voit sur ce bas-relief, rien, dans le dessin de ces orgues, ne permet de reconnaître si l'on a affaire à une «hydraule» ou à un « pneumatique », à un orgue à eau, ou un orgue à soufflets -.
Deux des « contorniates » qui représentent des orgues semblent, par leur exergue ou leur dessin, avoir une destination religieuse: ce seraient des ex-voto. L'un porte : Placeas. Pétri, « Sois favorable ! [offrande] de Pierre » ; un autre : Petroni. Placeas, « [offrande] de Pétrone. Sois favorable ! » Ce dernier, au revers, présente trois personnages : celui du milieu, que les deux autres semblent complimenter, ou implorer, tient sur la main gauche la petite réduction d'orgue paraissant un pneumatique dont j'ai parlé plus haut ^. La terre cuite de Carthage, qui a des proportions analogues, aurait-elle été ainsi une offrande religieuse, remerciement d'un organiste vainqueur à une divinité tatélaire ? Peut-' être. En tout cas, cet objet porte le nom de celui qui l'a offert : il s'appelait Possessor.
I. Pour la plus grande partie des reproductions de monuments antiques intéressant l'orgue, il faut consulter Degering, Die Orgel, ihre Erfindung und ilire Geschichte bis ^um Karolinger:;eit, Munster, igoS, dont les illustrations, presque toutes faites par la photographie directe des monuments, sont remarquablement soignées.
On trouvera un certain nombre de textes intéressants dans l'article Hydraule, de Ruelle, dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, en les Complétant ou les corrigeant par les explications données ici.
z. Degering, op. cit., en a donné une excellente photographie, où tous les détails identifiables sont parfaitement visibles.