‹ L'orgue en FranceChapitre 11 sur 49 · Paris, Bibliothèque Nationale. Cf. Sabatier, lac. cit · texte numérisé non relu

Paris, Bibliothèque Nationale. Cf. Sabatier, lac. cit

Il ne faudrait pas supposer, à l'examen de tous ces textes ou de ces monuments, que la musique d'orgue fût alors ce qu'elle a été depuis, ou que l'organiste de ces temps-là ait toujours été un artiste. Celui-ci n'a souvent été qu'un exécutant machinal, celui auquel les philosophes dénient même le nom de musicien K Celle-là ne connaissait que la diaphonie antique, dont le nom d'organum a perpétué Jusqu'en plein moyen âge, l'une des formes, à savoir un chant simple à deux parties 2, tel qu'il était, dès longtemps, usité dans les formes instrumentales, soit que l'une des deux voix suivît l'autre note contre note, soit que l'une, s'exprimant en valeurs longues ou en doubles longues ^ ait été accompagnée d'un contrepoint en valeurs plus brèves.

A travers cette longue période qui vit naître et grandir l'orgue antique, nous l'avons rencontré un peu partout : d'Alexandrie à Rome et de l'Asie Mineure à Carthage. Partout où s'introduisit la civilisation romaine, l'hydraule aussi fut adoptée ^

Dans la Gaule colonisée, plusieurs documents ou monuments représentent l'instrument, ou en parlent. De l'époque des Antonins, ou un peu plus tard, datent les mosaïques d'Orange, le bronze de Reims, les sculptures d'Arles -^ et une mosaïque des pays rhénans. A Grenoble, une médaille analogue à celles plus haut mentionnées, montre aussi que l'orgue était répandu dans tout le territoire ainsi initié aux arts romains. Au iV= siècle, à Bordeaux, le poète Ausone ; au vS dans la même région, Prosper d'Aquitaine, parlent des orgues d'une manière • qui atteste leur usage. Et lorsque, après les grandes invasions des barbares, l'évêque de Clermont, Sidoine Apollinaire, mentionne les ruines accumulées, il ne manque pas de souligner la destruction des orgues hydrauliques dont ne résonnent plus les riches villas saccagées ^.

1 s Auguslin, De miisica, l, iv, 5-6 ; vi ; Boèce, IX, i, v, vi.

2 Augustin, 171 vs. i3o, no 7... sed ut diversitate concordissima consonent, sicut ordinatur in orsano. Habebunt enim etiam tune sancti Dei difftrentias suas consonantes sicut fit suavissimus concentus ex diversis quidcm, sed non inter se adversis sortis. Cf. Prudence, dans son Apotheosis, V. : Organa dispanbus calamis quod consona miscent.

veni. »

3 Clément d'Alexandrie, 5/rowa/ej, VI, X.

4. Martianus Capella, De nuptiis Philologiœ : « Hydraulos... per totum orbem in-

T Deux sarcophages d'Arles offrent la figure d'un orgue : l'un qui peut dater du „,e ou iv.^ siècle, est assez abîmé ei fruste ; mais un autre, du n« siècle, est «" Parfait état; c'était le sarcophage d'une musicienne arlésienne, du nom de Jului dont l'eptaphe fait le plus grand éloge. L'orgue hydraule y est fort b.en reprodui, ainsi que d'autres instruments, dont une « pandoura « qui offr.deya uv^e parUe des caractères du luth. Malheureusement ces détails, que j ai relevés sur 1 original, ne sont pas apparents dans les reproductions qui en ont ete publiées, même chez

Degering.

Page 1