‹ L'orgue en FranceChapitre 9 sur 49 · Annuli qitibus includiintur lingulae · texte numérisé non relu

Annuli qitibus includiintur lingulae

avoir trois pouces de large, ce qui était aussi la mesure des dés qui soutenaient, dans le socle, l'entonnoir à air comprimé i. Ce socle, « arca»), qui contient les réservoirs, en forme d'autel polygonal, a, dans l'orgue

Planche III

de Cartilage, un peu plus de quatre pieds de haut ; il reçoit, du côté des touches, l'adjonction d'un autre petit socle ou tabouret qui lui est joint, et sur lequel est monté l'organiste qui joue debout.

Les détails des registres, des touches, des mains de l'organiste, sont cassés. Cependant on peut compter dix-huit touches, distantes, d'axe

1. Les expériences de Galpin, en 1904, à la London Company oj musicians, ont démontré que la hauteur de l'eau poussée par l'air pouvaitatteindre une différence d'environ 3 pouces 1/2, ce qui représente la pression du ventchargé d'alimenter les tuyaux.

en axe, d'environ trois pouces. L'adjonction, à ce modèle, des tiges et leviers des pompes ainsi que des manches des registres que la terre cuite ne pouvait donner, avec leurs souffleurs, permet de se rendre compte exactement de l'aspect d'un instrument de ce genre et de ses proportions. (Cf. Planche III.)

Disposition extérieure et aspect de l' instrument. — Les description, que l'on vient de lire, et les illustrations qui accompagnent cette étude disent assez quels furent la disposition extérieure et l'aspect de l'instrument antique. Le « buffet » dans lequel on a pris l'habitude, vers la fin du moyen âge, d'enfermer l'orgue, n'était pas encore en usage ; les organes producteurs de la force de l'air, pompe ou soufflet, restaient apparents et presque au premier plan ; l'organiste était placé par derrière, et dans les orgues les plus simples, on l'apercevait entre les intervalles des tuyaux, qu'il dépassait souvent de la tète et même du buste. La façade de l'instrument rappelait donc toujours la « Flùte de Pan » placée sur un « autel ». (PI. I, p. 8.)

Mais déjà, ce qu'il y avait de boiserie dans l'hydraule était décoré de sculptures en plein bois : frises ornées de rinceaux profondément entrelacés, panneaux avec rosaces ou palmes. La base même, le socle qui contenait le réservoird'eau et d'air, étaient à l'occasion garnis de quelque décoration : la base du petit orgue de Pompéi, dont il subsiste une partie, offre, en relief, trois petites portiques d'ordre dorique, avec frontons, abritant des statuettes.

Ainsi, presque dès l'origine, l'orgue, dans tout ce qui n'était pas un de ses organes musicaux, appelait déjà à son aide l'art du décorateur.

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Le rôle antique de l'orgue hydraulique était fort divers, mais s'il est utilisé en de multiples circonstances, il n'apparaît jamais dans les cérémonies religieuses.

Nous trouvons l'orgue employé pour l'agrément des particuliers : c'est le cas de la lettre de Cicéron, un demi-siècle avant notre ère : c'est celui, évidemment, des nombreusesreprésentationsqui nous sont restées, sur des tombeaux ou des mosaïques, se référant à des usages privés. Des instruments rudimentaires, comme celui de Pompéi, ont pu servir de jouet, mais plus encore pour accompagner les parades des baladins, où le son fort et nasillard de leurs tuyaux rappelait plutôt, comme les anches de certains instruments, le jargon des oies.

Mais un apparat plus relevé attendait l'orgue : au temps déjà de Néron, il a figuré au théâtre et dans les jeux publics du cirque, comme l'indiquent le mot de Suétone, un autre de Pétrone ' et les médaillons contorniates à l'effigie des empereurs. L'une de ces médailles représente devant l'orgue deux femmes semblant s'offrir mutuellement des palmes ou des flabelles : l'attitude qu'elles ont et la corrélation étroite de leurs gestes paraissent indiquer sans hésitation une danse ou une panto-

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