‹ L'orgue en FranceChapitre 18 sur 49 · Et non pas l'église, comme cela a été fautivement écrit · texte numérisé non relu

Et non pas l'église, comme cela a été fautivement écrit

3. Annales d'Eginhard, dans Monum. Germ. hist. SS., I. SSg ; Vita Hludovici imperatoris, n''40, II, 629. On construisait encore des hydraules à Byzance ; cf. Léo Magister.

4. Ernoldus Nigellus, In Honofem Hludovici, lib. IV, 639 [Id., Il, 5i3) :

Organa quiti etiam, quce numquam Francia crevit, Unde Pelasga tument régna super ba nimis, Ei quis te solis, Caesar, superasse putabat Constanti, nobilis nunc Aquis aula tenet. Walafrid Strabon dit à peu près les mêmes choses, mais d'une manière très am-

deux poètes surenchérissent d'épithètes louangeuses sur cet instrument, gloire du palais impérial, par lequel Louis n'a plus rien à envier désormais à la gloire des Grecs et des Romains. Rien, malheureusement, n'est à tirer du détail de ces pièces emphatiques, hormis celui-ci : un de ses jeux avait une telle douceur, qu'une femme, pâmée, en perdit la vie :

Tintinnum quidam, quidam organa puisant

Dulce melos tantum vanas deludere mentes Coepit, ut una suis decedens sensibus ipsam Femina perdiderit vocis dulcedine vitam ^

Le prêtre Georges, qui avait réussi ce bel instrument, est bientôt récompensé par sa nomination à l'abbaye de Saint-Savin, en Poitou ; et, en 827, ayant terminé la décoration de cet important monastère, et obtenu des reliques insignes des saints martyrs xMarcellin et Pierre, il voulut qu^ la translation de leurs ossements dans son église fût entourée de la plus haute solennité. L'abbé construisit à cette occasion un orgue - ; ce fut là le ptx'mier orgue d'église. Etait-ce une hydraule, comme l'orgue qu'il avait construit au palais d'AixPou fut-ce un instrument à soufflets ?

Dès ce moment, les mentions de Torgue, dans les traités de musique, dans certaines pièces chantées que je citerai plus loin, vont augmenter de fréquence.

Pendant longtemps, toutefois, un orgue est encore une rareté, que quelques maîtres tiennent à construire eux-mêmes : Gerbert, par exemple, dont je parle ci-après ; son contemporain anglais saint Dunstan, évêque d'York, etc. ; c'est seulement peu à peu, au cours des X' et XI* siècles, que l'usage s'en répand, surtout dans les centres intellectuels, tels que les grandes abbayes comme Cluny ou Limoges, ou les plus importantes scholae, comme à Chartres ou à Reims. A propos de cette dernière, des historiens, égarés par une amphibologie, ont cru que Gerbert d'Aurillac (le futur pape Sylvestre II), qui dirigea cette école célèbre vers 980, y aurait construit un orgue hydraulique mû par la vapeur. C'est une erreur : Guillaume de Malmesbury, qui dans sa chronique intéressante parle des inventions et réalisations de Gerbert, décrit très clairement, sous le vocable organa hydraulica qui a trompé

plifiée, dans ses Versus in Aquisgrani palatio editi, I, De imagine Tetrici [id., ou Pair. Lat., cxiv, 1092 B.).

(Le titre donné par certaines éditions : Deapparatu templi Aquisgranensis, est un titre faux.)

Cédant magna eut superest figmenta colossi.

Roma velit Caesar magnus migrabit ad arces,

Francorum quodcumque miser conflaverit orbis.

En quels praecipue jactabat Graecia sese,

Organa Rex magnus non inter minima ponit.

Quae tamen inceptos servent si intacta canores.

Etc.. etc.

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