‹ L'orgue en FranceChapitre 19 sur 49 · Walafrid, id · texte numérisé non relu

Walafrid, id

2. Annales et Vita s. cit. — Eginard, Translatio SS. Marcellini et Pétri. {Mon, Germ. Ilist. SS., xv, i, 260.)

une lecture superficielle, des « éolipyles » qui en sont très différents *. Néanmoins Gerbert s'occupa aussi d'orgues ; plus tard, devenu abbé de Bobbio, il en construisit pour expédier en Auvergne, à la demande de l'abbé Géraud d'Aurillac^.

Quelle était la disposition de l'orgue en ces temps reculés? On a vu par le texte du moine de Saint-Gall que, dès le ix^ siècle, ces instruments étaient suffisamment maniables, et offraient des ressources diverses, conservées de l'orgue gréco-romain : anches, fonds, mutations. Le clavier comprenait deux octaves, depuis Vut grave de la voix d'homme, et comportait au moins, comme degré mobil*, les si bémols 3. Quant à l'importance de ces instruments, bien que je ne consacre pas mon travail aux orgues construites en dehors de notre territoire, il convient néanmoins de citer celui de la cathédrale de Winchester, en Angleterre, pour montrer jusqu'où la facture savait déjà atteindre, au milieu du X® siècle, et parce que cet instrument est d'un type dont on rencontre d'autres exemples au cours du moyen âge. Il était, en réalité, une juxtaposition de deux orgues*, chacun avec son clavier de vingt touches, et dont l'ensemble comportait quatre cents tuyaux, donc dix rangs de tuyaux par touche en moyenne : je dis en moyenne, car les orgues du moyen âge qui nous sont connues avaient un plus grand nombre de rangs pour les notes aiguës des fournitures et des cymbales que pour les moyennes ou les graves.

Chacun des claviers, tout comme dans nos orgues modernes, devait commander des jeux différents, mais la disposition des claviers obligeait alors d'avoir deux organistes, chacun jouant sa partie sur le clavier qui lui était confié. L'air était fourni par deux séries de soufflets, l'une de douze soufflets, placés à une certaine hauteur, l'autre de quatorze, placés au-dessous des premiers, et qui fonctionnaient tour à tour^.

1. Voici d'ailleurs la description, fort claire, et qui est à rapprocher de celle de Vitruve : Extant apud illam ecclesiam {Reinensem] doctrinae ipsius documenta : horologium arte mechanica conipositum, organa hydraulica, ubi viiriim in modum, per aquae calefactae violentiam, ventus emergens implet concavitatem barbiti, et per 77tultiforatiles tractus aereae ftstulae modulatos clamores emittunt. On voit qu'il ne s'agit aucunement de l'instrument de musique, et encore moins d' « hydrauies à vapeur » (!) dans les églises d'Angleterre, parce que l'auteur de cette chronique est un Anglais ! (Patr. Lat., cxxxix, col. 1 140).

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