Cf. Patr. Lat., cxxxix, col
3. Hucbald (entre 840-930) dans Gerbert, Scriptores, i, 1 10 (ou Patr. Lat., cxxii, <jo5); son texte est le dernier à mentionner les hydraules.
4. On se rappelle que le grand psautier de Reims représente, vers 820-840, deux hydraules ainsi accouplées, dans l'illustration du psaume cl.
5. Cette description, très détaillée, donnée dans un poème de Wolstan, est reproduite par Mabillon dans les Acta sanctorum ord. S. Benedicti, v. Ce même texte parle de soixante-dix souffleurs I Malgré l'imperfection que devait être celle de la soufflerie de pareils pleins-jeux, le chiffre me semble une erreur de copiste, qui a lu un chiffre ou une abréviation de travers.
Planche IV. — SCHKMA Dl N iEl' DANCHKS Al \ Xl-^-XlIc SIKCLES
Or, en dehors des orgues décrites ci-dessus, le moyen âge a connu aussi de petits instruments portatifs de diverses tailles, dont nombre de miniatures ou de sculptures offrent les reproductions. Ce petit orgue « à bras » était semblable à celui dont j'ai parlé à propos des hydraules antiques, que mentionne Y Onomasticon de Pollux, et qu'on voit sur un antique contoruiate : orgue minuscule que l'instrumentiste portait retenu par une bandoulière, et dont il pressait le soufflet de la main gauche, la main droite jouant le clavier. Ce dernier ne possédait que peu dénotes, de sept à douze, et mettait en action un petit jeu d'anches (que l'on appela plus tard rigabellum ou régalé).
On ne peut malheureusement pas suivre la trace de ces orgues au cours des âges. Depuis le v^ siècle, rien ne nous renseigne sur eux, jusqu'au moment où, vers le xi^ siècle, on les voit reparaître; ont-ils subsisté pendant ce laps de temps ? Ou les a-t-on « réinventés» alors ? Quoi qu'il en soit, les m.onuments figurés représentent fréquemment, depuis cette époque, un tel instrument; ils le donnent habituellement avec deux rangs de tuyaux, dont l'un paraît être un jeu bouché, donc un jeu d'anches doux soutenu d'un « bourdon de i6 ». Quelquefois, est-ce une erreur du décorateur * ? on aperçoit à l'une des extrémités un ou deux tuyaux beaucoup plus grands que les autres. On a conjecturé que c'étaient des tuyaux parlant directement sur l'arrivée de l'air, et remplissant l'office d'une pédale continue, comme les « bourdons » des cornemuses et des vielles : cette hypothèse me paraît d'autant plus absurde que, lorsque le « motet » commença à entrer dans l'usage, on sut parfaitement chanter une pièce à voix seule, en s'accompagnant soi-même, la teneure et même un « triple » étant exécutés sur le minuscule clavier-. Il me paraît infiniment plus probable que ces tuyaux hors de proportion donnaient une résonance grave du dernier son, tels que l'octave grave et sa quinte, disposition que l'on retrouve encore dans de grandes orgues du xvi'' siècle.
Il ne semble pas que jusqu'ici les historiens de la musique aient tenu assez compte de l'usage de ces orgues à bras. Cet usage, en effet, explique seul que les chanteurs ci or ganiim aient pu, dès le xi^ siècle au moins, être appelés « organistes »>, terme qui exprime l'action de « jouer de l'orgue » ; or, quand nous voyons, dans tel ou tel récit de ce temps, trois ou quatre « clercs organistes » venir se placer devant l'autel pour chanter '■^^ il paraît assez évident qu'ils chantaient ainsi en jouant, s'accompagnant sur l'orgue à bras, comme ces saints et ces anges que nous voyons si fréquemment figurer dans des scènes analogues, sur les vitraux et aux portails de nos vieilles cathédrales.
1 . Ils en ont d'ailleurs commis beaucoup d'autres ! Que ce soit un obscur miniaturiste, ou, a l'aurore de la Renaissance, un Raphaël, dans sa fameuse Sainte Cécile ils représentent quelquefois ces petits «portatifs » avec les tuyaux les plus longs à l'aigu, et les plus courts au grave