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Deux à Wolfenbuttel, une à Florence, une à Madrid

Un peu plus tard, tandis que la notation proportionnelle se développait dans l'écriture des pièces vocales ou des parties instrumentales, une tabulatuf^e d'orgue s'établit, basée sur la combinaison de la notation mesurée et de la notation alphabétique. Dans Tunique exemplaire qui soit parvenu jusqu'à nos jours, d'un cahier où un organiste du XIV" siècle transcrivait les pièces à son usage, nous prenons l'exemple suivant, caractéristique de l'aspect d'une partition d'orgue à cette époque ' :

im

'jL-Ljl

se

Exemple de notation.

Ici, l'iï correspond au /^ ; le è indique non pas le si naturel, comme dans l'ancienne notation alphabétique, mais le si bémol ; le si naturel est marqué par le signe du dièse, où l'on voit l'origine de la déformation ultérieure qui transforma ce ^ en h.

Les notes indiquées par les lettres se prolongent tout le temps qu'elles ne sont pas remplacées par une autre, tandis que la partie supérieure, en figurations variées, guide le rythme à suivre par l'exécutant.

Le précieux manuscrit de facteur du xv*' siècle, que j'ai déjà cité, emploie les mêmes lettres, avec la forme de Vh pour le 5/, dans la désignation des degrés de chaque jeu dont il parle.

Le rôle de l'orgue durant la première période de son usage dans les églises, — depuis la seconde moitié du ix® siècle, — était en premier lieu de faire entendre sur ses tuyaux ces mélodies à deux voix que l'on savait déjà y exécuter à l'époque gréco-romaine, puis de servir de soutien à la voix, lorsque les chanteurs modulaient en diaphonie, ou de « tenir » léchant donné, lorsque ceux-ci brodaient au-dessus une voix « organale ».

Mais encore, l'orgue, déjà, concertait dans certaines pièces, en alternant avec la monodie un verset sur deux des séquences, alternance que Ton commença de bonne heure à mettre en usage. Il est même permis de se demander si ce n'est pas là la forme primitive de ce genre de pièces qui, souvent, semble avoir pour origine une composition instrumentale et des thèmes d'ordre profane 2. Les chanteurs avaient pris d'ailleurs si rapidement l'usage d'alterner un verset sur deux en organum vocal, puis de l'accompagner sur l'orgue, que les textes

I. British Muséum, manuscrit Additional 28.55o. Je donne un peu plus loin la transcription de cet exemple, p. 56.

'2. Je me réserve de développer ce point dans une étude spéciale sur les séquences.

mêmes de ces proses, innovation dans les pièces liturgiques, en donnent la mention fort nette : Syllabatim neumata Perstringeudo organical^. — Modulemur organica cantica Dulcimelodia'^. — Hodie caelestis laetatur turma... Voce diilcisonacitui s/mphonia'^. — Organicis canamus moditlis *, etc. De telles mentions visent donc bien l'exécution en organum, et, la première au moins, l'accompagnement de l'instrument, perstrmgendo. Citons encore, un peu plus tard, vers l'an mille, l'office de saint Vincent, où la cinquième antienne des laudes dit : « Dantur ergo laudes Deo altissimo, et résonante organo, vocis angelicai modulata suavitas procul diffunditur. » Or, comme on exécutait depuis longtemps en organum vocal de telles antiennes, ce texte vient encore à l'appui du fait qu'on les soutenait en même temps du son de l'instrument, ce qui ressort d'ailleurs des prescriptions diverses des traités d'organum qui nous sont parvenus, et d'autres textes encore que je cite au cours de cette étude.

Sans doute, on chantait en organum lors même qu'on n'avait pas d'instrument à sa disposition, mais les traités, en décrivant ce genre d'harmonisation, supposent formellement l'instrument comme base du genre, et, en particulier, en prohibant l'emploi de certaines notes, que le clavier ne comportait pas, ou qu'il n'atteignait pas ; ainsi en est-il de la défense de ne pas faire descendre la partie « organale » plus bas que l'w^ actuel de la portée en clef de fa, précisément parce que l'orgue ne descendait pas plus bas 5.

Ces traités, malheureusement, ne décrivent en détail que l'organum vocal, qui n'était alors exécuté que note contre note, et en mouvements plutôt lents ''. Cependant, lorsque l'instrument jouait seul, on devait faire plus : les petits oiseaux de l'orgue « en forme d'arbre » de l'empereur Théophile ne pouvaient pas gazouiller en faisant de longues tenues ! On doit considérer, au contraire, que l'usage antique de contrepointer ou de broder, en valeurs brèves et diminuées, le sujet tenu à l'autre partie en notes très longues, était toujours resté en usage. C'est ainsi, en effet, ce que les théoriciens plus tardifs décrivent sous le nom d'or-ganum purum^ en opposition avec l'autre genre, et c'est ainsi que les manuscrits notés ont conservé des œuvres faisant partie du répertoire des organistes du xi^ siècle. A ce moment, les versets de séquence, entre autres, furent volontiers écrits "^dans ce genre, dont la

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