ix» s., pour un ConfesseUâ
5. J'ai relevé de telles mentions (que j'ai citées dans le Musical Quarterly, n" 8, avril 1917) en particulier dans le Musica enchiriadis ; le Scliolica enchiri.idis ; le Micrologue de Guy d'Arezzo, etc.
6. M. Enchiriadis, même texte que plus haut : « hujus generis melos tam grave esse oportear. tamque morosum. ut rythmica ratio vix in ea servari queat. " Autre passage non moins significatif : «...concordi morositate, quod suum esthujusmeli ».
7. Je dis « écrits », car un tel usage est, plus que probablement, fort ancien, sans
forme, si elle n'exclut pas complètement la voix, oblige à un soutien instrumental ; celui-ci dut facilement se transformer en un simple verset d'orgue, ce qui donne raison de la mention faite par un chroniqueur pour l'exécution des vocalises de séquences : « Jubilus quem quidam z;ï 07'ganis ]uhï\a.nt » ^ ; (« inorganis = sur les orgues », et non pas «inorgano», terme qui prêterait à l'amphibologie).
Voici donc de quelle façon se présentait alors, pour alterner les séquences, un verset d'organum « pur », expression où je vois précisément l'origine proprement et « purement » instrumentale du genre, au rythme d'ailleurs irrégulier et vague, suivant le témoignage même des contemporains 2.
Diaphonie ou déchant, en organum pur.
San- cti Spi- ri- tus ad-
Les innovations que citent, en matière d'or^a;zz/m, divers historiens, au xi^ siècle et au x\f, viennent justement de ce qu'on se mit alors à exécuter vocalement ce qui auparavant appartenait au genre pur de l'instrument. Ainsi s'expliquent ces nouveautés reprochées aux moines de Fécamp, entre autres, ou constatées chez eux 3, et qu'il convient de rapprocher de la curieuse histoire du chantre Hilduin, à Saint-Maurles-Fossés, au moment où cette coutume nouvelle s'introduisit *.
Les grandes compositions en organum purum des maîtres déchanteurs de la cathédrale de Paris, celles de Léonin, mais surtout de Pérotin « le Grand », organiste de Notre-Dame entre 1180 et i236, le véritable créateur de la musique polyphonique, étaient donc ainsi destinées tout autant à l'orgue même qu'aux voix. Je dirai même : plus à l'orgue qu'aux voix, étant donné l'extrême développement des passages sans paroles — plusieurs pages de suite — que com-
avoir laissé de témoins notés, lorsqu'on se bornait, comme on le fit pendant de longs siècles, à improviser la partie « organale ».
1. Ekkehard, Vita beati Notkerii, dans Acta sanctorum, t. I d'avril, p. 587.
2. Bibliothèque nationale de Paris, mss. latins 3719. f° 46 verso et 3549, '° '^9 verso, provenant de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges. Rythme incertain. Cf. les textes de l'Enchiriadis cité précédemment, et plus tard. l'Anonyme IV de Coussemaker, c. VII, p. 362.
3. Déjà au xie siècle, au temps de l'abbé Guillaume de Dijon, qui, remarquons-le, institua dans son église abbatiale l& Confrérie des jongleurs : or, au jour de leur réunion annuelle, ils y chantaient la messe avec orgues, psaltcrwns et autres instruments. Au xiie sièc'e, Guillaume de Malmesbury parle encore de la nouvelle espèce de musique d'organum que les moines de cette église avaient inaugurée, et qui ne plaisait pas à tout le monde : c'était l'organum « pur » exécuté vocalement. L'abbaye de Fécamp possédait d'ailleurs un grand orgue à la même époque: voir la lettre souvent citée de Haudry de Dol à ce sujet.