Construit par Guillaume Ponchct, facteur belge
se mouvant comme s'il estoit en vie»^, le rossignol de même, qui sont à rapprocher des soleils, lunes, roues, têtes dé îMore, du « Gueulard » de Metz, et autres amusettes tant goûtées de nos ancêtres. On peut supposer que le petit oiseau, à en juger par des équivalents, se laissait observer quand l'organiste tirait le registre du jeu de rossignol -. — Le tremblant^ enfin, des plus précieux pour le goût du temps.
Son usage devait être fort ancien, puisque Mersenne parle de ceux « dont on usoit autrefois, comme l'on void encore dans les vieilles orgues » 3. Il en était de deux espèces : le tremblant à rent perdu, ou ouvert, le plus ancien, et le tremblant à vent clos, ou tremblant doux, qui (C est plus agréable», dit le même auteur, parce qu' « il ne bat pas l'air si rudement ny si promptement que l'autre ». On usait énormément de l'un et de l'autre. Nivers conseille même le tremblant à vent perdu avec le « grand jeu » ! Ce goût ne se modifia que peu à peu. Il faut venir à l'époque où t)om Bédos décrit les principaux mélanges de l'orgue (en 1778), pour les voir définitivement déconseillés, sinon le tremblant doux avec la voix humaine, « seUl cas où les Organistes, qui ont le plus de goût pour l'harmonie, s'en servent ».
Nous ne savons point comment ces jeux étaient, au milieu du xvi^ siècle, répartis entre les deux claviers, mais les devis qui restent d'époque un peu plus récente contiennent en tout ou partie les mêmes jeux et d'autres analogues. On peut considérer que les orgues — orgues d'une certaine importance, s'entend — construites dès avant le milieu du xvi^ siècle jusqu'assez loin dans le xvii*, étaient susceptibles de posséder les jeux suivants, connus soUs les dénominations devenues classiques :
Au clavier du « grand orgue » ":
1. Montre, d'étain fin (ancien Principal et âoublê-principaï), ordinairement de 16 pieds, celle dé 8 étant réservée ail positif. Ehcôre eh i66d, Nivers, qui indiqué la montre de 16 comme base de ses registrations, dit qu'on peut aussi employer celle dé 8j « s'il y en a ».
2. Bourdon, de bois, de 8 p. bouché, ou de 16 p. ouvert, « gros bourdon » [notre bourdon de 16].
3. Bourdon de 4 p. bouché (B. de 8). On l'appelle aussi « àlltrê bôuN don » ou « petit bourdon » par rapport au précédent.