‹ L'orgue en FranceChapitre 4 sur 49 · Id., no g · texte numérisé non relu

Id., no g

3. Aelius Lampridus, Hetiogabalus, ch. 32 ; Alexander Severus, ch. 27.

4. Id. : « Lyra, tibia, organo cecinittuba etiam. » 'i. Près de Trêves.

6. Au temps encore de saint Augustin, quelques-uns avaient cette opinion singulière ; voir mon livre des Variations sur la musique d'église, p. 33 à 37; Paris, 191 3. Le texte curieux du docteur d'Hippone se trouve dans son Jùiarratio sur le psaume i5o.

7. Tertullien, De anima, ch. xiv. [Patr. Lat., t. II, col. 669.)

tant de parties, tant d'articulations, tant de chemin parcouru .par les voix, tant de multiplicité de sons, tant d'échanges de modes, tant de rangées de tuyaux; et tout cela est un seul ensemble! » On ne parlerait pas autrement d'un orgue moderne.

Son maniement, d'ailleurs, était facilité par l'art avec lequel il était construit; des auteurs modernes se sont plu à imaginer que ces transmissions primitives devaient être lentes et fort dures : il n'en était rien certainement. Les techniciens, comme Héro et Vitruve, dont je résumerai plus loin les travaux, emploient à plusieurs reprises le mot d' « instantanément » pour exprimer la rapidité avec laquelle obéissent les organes de l'orgue. Plus tard, des littérateurs s'émerveillent de la facilité du doigté.

Porphyre Optatien, au iv^ siècle, décrit avec précision le mouvement soit lent, soit vif, du chant de l'orgue accompagnant les vers, dans lequel, à peine les touches sont-elles abaissées, que l'air fait parler les tuyaux. Ou, plus encore, Claudien, s'exprimant en poète, il est vrai, mais trop précis pour qu'on ne l'écoute point, loue lorganiste « qui, obtenant de si grands accents par un toucher léger^ fait moduler d'innombrables voix dans une moisson d'airain ' ; il entonne d'un doigt errant, et aussitôt change en mélodies les ondes travaillées par de puissants leviers -. » (Voir p. 23 le texte d'Optatien.)

Même impression chez l'empereur Julien qui, dans son épigramme bien connue^, dit : « Un homme fougueux, des y^apides doigts de sa main, fait mouvoir les règles qui, bondissant ». fontchanter l'instrument. Et Cassiodore enfin, dans un temps où déjà s'abolissaient les connaissances antiques, parle encore des « doigts des maîtres » qui, « réprimant à volonté les langues de bois » que sont les touches, procurent ainsi du souffle aux flûtes de l'instrument ^-.

, Entre temps, bien entendu, l'invention du barbier d'Alexandrie avait reçu d'importants perfectionnements, que nous allons bientôt examiner. Le plus important, que j'appellerai justement une modification capitale, c'est d'avoir substitué, au moteur primitif qui constituait Ih}'draule, des soufflets fournissant ainsi plus directement l'air aux sommiers. Le souffle [pneuma) agissant seul ici, les orgues ainsi construites furent dites « pneumatiques », et la distinction entre les deux genres subsista tant que le premier demeura en usage.

On ignore l'époque précise et l'inventeur de cette adaptation de soufflets aux orgues. Un monument funéraire romain, décrit autrefois par Mersenne'"', représentait l'une de ces orgues pneumatiques « dont les soufflets sont semblables à ceux qui servent à allumer le feu. et sont levez par un homme qui est derrière le cabinet, et le clavier est touché par

1. Allusion aux rangées des tuyaux, semblables à des tiges serrées.

2. Clauiien, dans le panégyrique du consul Manlius Theodoruit, en Sqq.

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