Mersenne, Harmonie universelle, Paris, i635, page
une femme ». Cette stèle portait une inscription, que Je reproduis cidessous, à titre de document : peut-être aidera-t-elle quelque jour à en fixer l'origine ; en tout cas, elle fournit le nom d'un personnage qui s'occupait d'orgues K Un autre monument est une médaille ex-voto qu'on ne saurait non plus dater avec plus de précision, bien qu'elle semble de bonne époque ^ ; l'un des personnages qui y sont représentés porte sur sa main un petit modèle d'orgue qui semble bien être pneumatique •' ce n'est pas en effet une hydraule, car il n'en a pas les caractères, et un organe placé devant la chambre à air offre l'apparence d'un petit soufflet, placé exactement comme dans les petites orgues à bras tant en faveur à la fin du moyen âge.
D'ailleurs, ces orgues portatives ont été connues aussi dans l'antiquité, puisque PoUux -^ les cite, sous le nom de « petit » orgue, en les mettant en opposition avec le « grand orgue », ainsi qu'il nomme l'hydraule.
L'épigramme déjà citée de l'empereur Julien, s'applique à un instrument ayant subi cette modification : l'écrivain y compare le soufflet à « une caverne de peau de taureau, d'où l'air s'élance pardessous, h travers la tige des roseaux bien percés » que sont les tuyaux de bronze de cet orgue pneumatique. Un peu plus tard, saint Augustin, bien qu'il mentionne les hydraules, semble surtout connaître les orgues à soufflets *, et, déjà, c'était à celles-ci que s'appliquait spécialement le nom d' « oigue ï).
Mais, venons à la description de l'hydraule primitif -^ et des perfectionnements qui, peu à peu, le transformèrent en pneumatique, en amplifiant ses effets et en augmentant sa puissance. Les divers documents que j'ai précédemment utilisés fournissent d'amples détails : les deux écrits les plus complets, émanant de techniciens bien informés, sont, dès l'origine, le traité des machines de Héro d'Alexandrie, et, longtemps après, la descripti,on très détaillée, due à l'architecte-ingénieur Vitruve — Marcus Vitruvius Pollio — qui prend la qualité d' « affranchi d'Auguste ». Mais on ne saurait, comme cela se fit chez
i. LAPISIVS C. F. SCAPTIA CAPITOLINVS EXTESTAMENTO FIERI MONUMEN. IVSSIT ARBITRATVM HEREDVM MEORVM SIBI ET SVIS.