Lettre d'Érasme déjà citée
L'un des versets du Te Deum est très caractéristique du « plein jeu » sur un thème de plain-chant :
iJ3J3^
■v.-vj'; ^ -»•=•«
:iï:
Œff
Parfois, de larges accords coupent la trame du « plein jeu » :
Nous pouvons trouver dans d'autres recueils, étrangers en apparence au service divin, des références utiles à notre art.
Car, si on se laisse guider par ce que dit Thoinot Arbeau dans son Orchésographie (iSSg) en parlant des Pavanes, on peut raisonnablement en conclure que les organistes du xvi^ siècle en ont « sonné » pour les cortèges d'apparat : Nos joueurs d'instruments la sonnent quant on meyne espouser en face de la saincte Eglise une fille de bonne maison et quant ils conduisent les prebstr es, le bâtonnier et les confrères de quelque notable confrairie^.
Et un peu plus loin, l'interlocuteur du bon chanoine, revenant sur ce sujet, et constatant combien la Pavane convient aux marches ecclésiastiques, lui dit ; Et vous aultres vestu^ de vos longues robes, marxliants . honnestement avec une gravité posée ^.
Les auteurs de ces « dances nobles » ont d'ailleurs pu en destiner directement à l'usage religieux, à en juger par telle pièce du recueil de Cl. Gervaise, de 1347, ^^ la Pavane « Si je m'en vais » suivie de sa Gaillarde, suit entièrement les thèmes de la psalmodie du I^ton, variés en deux espèces de mesures différentes, et qui pourraient aussi bien former des versets de Magnificat.
Et comme, de fait, les livres espagnols en tabulature de luth, dès la première moitié du siècle, peuvent servir aussi bien pour l'orgue et la harpe — para tecla arpa y viiiuela — ; comme, à la fin du même temps, les recueils anglais pour le virginal, tels le Fiti-William virginal book et la Parthenia, contiennent des préludes et autres pièces pour l'orgue ^ ; comme VHorlus musarum de i552, conservé à la bibliothèque de Dunkerque, contient parmi ses pièces de luth, nombre de iranscrip-