Id. p
3. Joignons-y ce fait d'un des manuscrits de musique de luth de la bibliothèque de Vesoul, où ne figurent presque que des transcriptions variées de motets et de Magnificat, plus des pièces que l'on trouve à la fois dans les livres de luth et les tabulatures d'orgue ; l'une d'elles, en forme de chanson frant^aise, la Organistina
tions et même à\%ccompagnements des motets célèbres S ainsi je ne mets pas en doute que nos confrères d'alors n'aient imité aussi, à contraîHo^ les « hautbois et saquebouttes » qui sonnaient les pavanes lors de l'entrée d'un monarque.
J'interprète ainsi, par exemple, les premiers et quelques-uns des derniers numéros du Trésor d'Orphée publié pour le luth par Antoine Francisque tout à la fin du siècle 2, débutant par les brillantes variations accoutumées, dans le style des pièces d'orgue de Cl. Merulo, sur le cSiTitique fameux Sz<{aw«ew;//owr, et dont les pièces qpi suivent, préludes et fantaisies, danses solennelles, pavanes et passemaises, peuvent très certainement servir d'illustration à la musique d'orgue, puisque nous en retrouvons les rythmes majestueux, la coupe, certaines formules de figuration, dans les « Livres d'orgue » copiés quelques années après ^ :
Les mouvements mélodiques de quarte descendante, enchaînés par seconde (fa do ré la si ^fa sol\ etc.), qu'on croit souvent avoir été mis en usage par Frescobaldi, sont un emprunt direct aux luthistes, et maint exemple s'en présente chez Francisque. Il en est de même des formules de cadence en larges accords, si goûtés plus tard dans la musique d'orgue, où le dessus s'épanouit par un mouvement ascendant de la tonique sur la tierce ou même la quinte avec tierce majeure, et qui est caractéristique des pièces solennelles dans l'œuvre de luth de Francisque^:
^twy
bella, avec une entrée fuguée très caractéristique, renferme des effets d'écho avec nuances marquées, pour la première fois, par/ et f se rapportant tout naturellement à l'opposition des deux claviers de l'orgue. Ce manuscrit est d'origine italienne. La notice détaillée en a été publiée par Michel Brenet dans la Revue d'histoire et de critique musicale, 1 901, avec la transcription de cette pièce, dont il est aisé de reconnaître la forme organistique, malgré les lacunes de la tabulature du luth.
1. Voir la remarquable étude de H. Quittard sur ce livre dans le tome VIII des Sammetbânde de V I. M. G. (Recueil de la Société Internationale de musique), avec la reproduction, de la réduction au luth du Stabat de Josquin des Prés, destinée à accompagner le soprano solo, Paris, 1906.