‹ L'orgue en FranceChapitre 42 sur 49 · Réédité en transcription moderne par H. Quittard · texte numérisé non relu

Réédité en transcription moderne par H. Quittard

3. Tel que le Livre des Frères Croisiers de Liège, réédité par Guilmant dans ses Archives des Maîtres de l'Orgue. Comparez aussi la Fantaisie n» 3 de Francisque avec celle de Peter Cornet sur le même thème, également éditée dans le même volume; les no» 4 et 5 semblent déjà annoncer de Grigny et Bach.

4. Eu Allemagne, le luth est plusieurs fois mentionné comme jouant ù l'église

Les développements de la facture d'orgue au cours du siècle furent certainement accompagnés des modifications des formes jouées sur l'instrument. Les uns et les autres s'influencèrent réciproquement. On ne peut concevoir, par exemple, que les cornets fussent destinés à jouer des « pleins jeux » ; ce n'est pas sans raison que la flûte « solo » pouvait prendre place dans le rang des instruments admis à l'orgue ; et l'on ne saurait s'imaginer que les pièces à l'a contexture polyphonique jouées à l'orgue, sinon sur de très petits instruments, aient toujours été exécutées par une masse compacte de jeux. A parcourir les œuvres de FEspagnol Cabeçon, on voit très nettement que leur disposition a souvent demandé deux claviers distincts K Chez nous, à défaut d'œuvres subsistant entre les recueils d'Attaingnant et la fin du siècle, nous savons néanmoins comment un de nos maîtres, Titelouze, exécutait ses versets fugues dont la forme paraît dérivée des versets espagnols : basse à la pédale avec tirasse des huit pieds du grand orgue; « taille » et « haute-contre » à la main gauche, sur l'un des claviers manuels, et le dessus à la main droite sur un autre clavier, telle est une disposition qu'il recommande. Le timbre ou la force des jeux restait à choisir par l'organiste suivant le genre du verset qu'il avait à jouer 2. Lorsque par exemple, un « plain-chant » en valeurs longues se trouve non plus à la basse, mais au ténor, « en taille », comme on disait, il va de soi que, pour le faire ressortir, il faudra d'autres sonorités que celle des parties figurées qui l'accompagnent. Cela s'obtiendra aisément lorsque, à l'imitation des orgues espagnoles et allemandes, on aura pour la pédale des jeux spéciaux; mais, jusque-là, l'effet ne se peut en obtenir qu'avec l'un des claviers manuels, ou la tirasse accouplant le pédalier à l'un de ceux-ci, avec des jeux au timbre clair et tranchant.

Ce fut toujours le dessein des grands organistes français d'autrefois de donner ainsi un coloris différent à chacune des voix de leur polyphonie, chaque fois que cela est possible, et de même que Titelouze pour la fin du xvi^ siècle et les débuts du xvii% près de deux cents ans plustardDom Bédos le recommande encore pour les w fugues de mouvement», après Niverset d'Anglebert, après Gigault, Le Bègue, Boyvin et autres.

Cette recherche et ce mélange des jeux pour obtenir de l'orgue des effets de sonorité variés étaient l'un des caractères de l'ancienne école française. Une phrase de Maugars a été maintes fois citée, où il met justement en opposition avec les nôtres les organistes italiens, dont les instruments, à la fin de la période qui nous occupe, ne pouvaient pas leur donner la variété de jeux dont usaient les français.

des préludes et pièces solennelles. Plus tard encore, les grandes œuvres d'orgue de Bach, qui en avait souvent pris le modèle à son maître Buxtehude, renferment bien des passages qui viennent beaucoup plus de la musique du luth que de celles du clavier.

1. On rencontre, par exemple, des pièces où les deux parties de dessus croisent les deux parties graves, ce qui n'est pas possible avec un seul clavier.

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